Publié par Gilles William Goldnadel le 5 mai 2014

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Des centaines de djihadistes français sont actuellement au Proche-Orient.

Certains d’entre eux ont maltraité les journalistes otages récemment libérés. Un jour ces hommes aguerris aux massacres reviendront chez nous, chez eux. Seule la déchéance de la nationalité de ces tueurs en Syrie serait de nature à conjurer le malheur. Mais il se trouvera toujours de fausses bonnes âmes pour prôner l’indulgence et la pédagogie. Quel esprit dérangé oserait pourtant encore soutenir que l’intégration à la française, que l’immigration de masse et sans contrôle, que la complaisance envers l’islam radical ne sont pas à l’origine de ce péril imminent. Et quel esprit naïf pourrait ignorer que la communauté juive fera, une nouvelle fois, les frais de cet angélisme niais qui conduit à l’enfer.

L’université de Tel Aviv a été contrainte d’annuler in extremis une conférence au cours de laquelle un sympathisant du Hamas était convié. Les protestations étaient trop vives.

Ni l’angélisme ni la lâcheté ni la sottise n’épargnent la communauté juive

Quant à la vénérable université juive « libérale » Brandeis (Massachusetts), sous cette fois la pression d’étudiants musulmans, c’est la célèbre et courageuse militante féministe et anti islamiste Ayaan Hirsi Ali qui a été interdite de conférence.

J’en déduis que ni l’angélisme ni la lâcheté ni la sottise n’épargnent la communauté juive. Ce n’est hélas pas pour moi une surprise.

Pendant que la Syrie et le Soudan étaient mis à feu et à sang par les effets conjugués de l’islamisme fondamentaliste et du panarabisme laïc, lady Ashton, dont l’esprit n’est plus à démontrer, a trouvé l’humour et le temps nécessaires pour faire porter le chapeau de l’échec des pourparlers entre Israéliens et palestiniens aux premiers. Parmi les raisons qui font que chaque jour je désespère un peu plus de l’Europe politique, la stupidité de sa diplomatie n’est pas la dernière.

Au sujet, précisément, des difficultés israélo-palestiniennes, je recommande particulièrement la lecture édifiante de l’article commis par Benjamin Barthe, journaliste au Monde (et transfuge de l’Humanité) : « Israël Palestine : Les 4 erreurs de John Kerry » (8 avril).

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À sa lecture, vous apprendrez que le secrétaire d’État américain a fauté en renvoyant dos à dos Israéliens et palestiniens. Car, et vous l’aurez compris, les seuls fautifs sont encore et toujours les Israéliens (« colonisation », européens hors-jeu, « droit international » éclipsé, pas suffisamment de pressions sur Netanyahou, retour du négociateur américain Martin Indik, jugé par M. Barthe comme trop favorable aux thèses israéliennes ….). Je n’insiste pas, ce refrain palestiniste des choses est connu de nos oreilles.

Mais je voudrais vous lire ce passage significatif : « M. Kerry s’est laissé enfermer par M. Nétanyahou dans une discussion stérile SUR DEUX POINTS INACCEPTABLES POUR LES PALESTINIENS : la reconnaissance d’Israël comme un État juif et le maintien de troupes israéliennes dans la vallée du Jourdain. ».

Vous avez bien lu : que les Arabes de Palestine exigent le retour de leurs « réfugiés » des enfants et des petits-enfants de ces derniers sur le territoire israélien, qu’ils exigent l’expulsion de Judée de tous les juifs qui s’y trouvent, qu’ils exigent l’abandon par les Israéliens d’un glacis stratégique saisi dans le cadre d’une guerre d’agression qui leur fut imposée : quoi de plus normal et qui s’impose ? Mais que l’amiable compositeur puisse accepter de voir discuter qu’Israël soit reconnu (non pas en tant qu’État juif) mais en tant qu’État du peuple juif conformément à la décision de l’ONU de 1947, et qu’ils puissent réclamer des précautions sécuritaires dans une région peu peuplée, de nature à dissuader toute nouvelle agression, voilà qui est d’avance inacceptable et qui disqualifie l’arbitre.

La compréhension du journaliste pour les problèmes de la partie arabe est sans limite, son esprit critique en revanche est inexistant. Au rebours, en ce qui concerne la problématique israélienne, il ne vient à l’idée du fin stratège, que le premier ministre israélien, qui vit lui dans un pays démocratique mais avec un système électoral pernicieux, ne peut imposer des solutions «inacceptables » à son peuple. Quant aux problèmes de sécurité de l’État juif au sein d’un monde arabe en fusion et dont la modération n’est pas la première vertu qui s’impose, ils ne sont même pas abordés.

Et si par hasard ce n’était pas plutôt l’observateur « impartial » qui se disqualifiait en épousant aveuglement l’une des deux causes ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel, président de France-Israël et d’Avocats Sans frontières. Publié avec l’aimable autorisation d’Actualité juive.

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