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Publié par Michel Garroté le 13 mai 2014

DGSI-1

Michel Garroté, réd en chef –- La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), cède la place à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) : les renseignements intérieurs ont officiellement changé de nom lundi 12 mai 2014. Les policiers de la DGSI disposeront désormais d’une vraie autonomie financière. L’objectif est de diversifier le profil de nos espions, tout en leur confiant d’avantage de moyens, notamment pour recruter des experts de haut niveau (extraits adaptés ; voir liens vers europe1.fr et digischool.fr en bas de page).

Tirant les leçons des dysfonctionnements mis en lumière par l’affaire Merah, Manuel Valls avait annoncé en 2013 une réforme des services de renseignement. L’objectif est simple : refonder les renseignements intérieurs pour s’adapter aux nouvelles menaces, notamment terroristes. La nouvelle DGSI sera ainsi le bras armé du plan anti-djihad (Note de Michel Garroté – La nouvelle DGSI serait le « bras armé » du plan « anti-djihad » récemment annoncé par le gouvernement socialiste ? Attendons un an et nous verrons bien si cette fois c’est du sérieux).

Comme les espions de la DGSE, qui se consacrent à l’étranger et sont rattachés au ministre de la Défense, les policiers de la DGSI seront désormais directement rattachés à leur ministre de tutelle. En clair, ils quittent le giron de la police nationale et disposent désormais d’une vraie autonomie financière. La DGSI n’est plus un simple service policier mais un vrai service de renseignement. Il va enfin pouvoir recruter des experts de haut niveau, dans tous les domaines et pas forcément issus de la police.

Emplois – La DGSI et la DGSE recrutent

Avec des moyens renforcés, la nouvelle DGSI va en effet pouvoir recruter de nouveaux profils. Elle a prévu d’en recruter 430 dans les quatre ans à venir et plus d’une centaine cette année : des traducteurs, des ingénieurs, des informaticiens, des psychologues, des experts en géopolitiques ou en prolifération nucléaire, des historiens, mais aussi des chercheurs et analystes, etc.

Car jusqu’à présent, les universitaires ou les diplômés de grandes écoles, qui voulaient mettre leur compétence au service de la lutte contre le terrorisme, n’avaient pas vraiment le choix. Pour espérer travailler à la DCRI, il leur fallait d’abord passer le concours de gardien de la paix, suivre un an de formation et courir le risque, à la sortie, d’être affecté à la circulation. On a ainsi déjà vu un diplômé de russe passer quatre ans dans un commissariat de banlieue avant d’être muté au contre-espionnage.

L’autre révolution, c’est que la DGSI va pouvoir proposer des salaires attractifs. Attractifs, par exemple, pour les élèves de Polytechnique, de l’école d’ingénieurs SupElec, à la recherche d’un premier emploi valorisant. Attractifs, également, pourquoi pas, pour des fonctionnaires de haut niveau de Bercy, experts en finances ou en intelligence économique (Note de Michel Garroté – Autrement dit, dorénavant, même le contre-espionnage va recruter de « hauts » fonctionnaires sortis des « grandes » écoles, afin de les rémunérer grassement avec les impôts des Français et avec l’argent emprunté à l’étranger).

L’objectif de ces recrutements, c’est d’élever le niveau d’analyse du renseignement intérieur pour mieux anticiper les menaces. Un signe qui ne trompe pas : pour sa nouvelle direction technique, le patron de la DGSI, Patrick Calvar, n’a pas choisi un policier, mais un ingénieur de l’armement.

La DGSI recrute donc des profils spécialisés dans l’informatique, dans les nouvelles technologies de l’information et dans les réseaux sociaux. Des profils de linguistes parlant des dialectes rares sont également recherchés. Les candidats recherchés devront également surveiller les différentes filières terroristes. Depuis 2009, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) recrute également 690 civils pour ses missions de renseignement. Il y a un réel manque de linguistes spécialisés dans des langues rares. Pour résoudre ce problème, la DGSE fait appel aux autres services de renseignement (DPSD, DRM, etc.) ou à la Légion étrangère.

A la DGSE, on recense un tiers de militaires (armée de Terre, armée de l’air, Marine, Gendarmerie, etc.). Pour l’autre partie de son effectif, il s’agit de civils (70% des effectifs). Il y a donc de belles perspectives d’emploi à l’avenir. Pour travailler au sein de la DGSE, il faudra montrer patte blanche. Des investigations sont menées sur le candidat et également sur son entourage. Alors si vous êtes élève ingénieur en dernière année d’étude ou tout juste diplômé d’une école d’informatique ou si vous avez des compétences en langues étrangères, n’hésitez pas à postuler auprès de ses 2 organismes d’Etat. De nombreux stages ou emplois sont à pourvoir.

La chasse aux militants de droite ?

La réforme en cours ne s’arrête pas là : le renseignement dit de proximité est également en pleine mutation. La Sous-direction de l’information générale (SDIG) devient le Service central du renseignement territorial (SCRT). Sa mission ? La surveillance des mouvements sociaux, dérives sectaires, violences urbaines et mouvements ultras à droite comme à gauche (fin des extraits adaptés ; voir liens vers europe1.fr et digischool.fr en bas de page).

Note de Michel Garroté – « Mouvements ultras à droite comme à gauche » : ça reste à prouver ; avec la gauche au pouvoir, il faut s’attendre au pire. Ils sont capables de lâcher les crypto-terroristes antifas et RAF dans les rues et de mettre en prison les jeunes de Génération Identitaire que la presse, en ce moment, traite de « fachos » pratiquant des « ratonnades », ce qui est mensonger et calomnieux. Génération Identitaire ne pratique pas les ratonnades. Les ultras de gauche, en revanche, avec la complaisance du pouvoir socialiste, ont véritablement un profil violent.

Les cafouillages de la DGSE

Pour revenir à la DGSE, rappelons qu’en juillet 2010, le très sérieux institut MEMRI informait qu’un forum djihadiste faisait état de, soi-disant, neuf victimes françaises dans une soi-disant opération contre Al-Qaïda au Maghreb islamique au Mali. Un membre du forum djihadiste Al-Falloudja a publié les noms de neuf commandos français de la DGSE qui auraient été tués au cours d’une opération contre Al-Qaïda au Maghreb islamique. Il n’y a eu aucune confirmation indépendante de cette déclaration, et le membre du Forum ne révèle la source de son information. La France a reconnu que des soldats français avaient participé à une opération de l’armée mauritanienne contre un camp d’AQMI au Mali le 22 juillet 2010, mais n’a pas fait état de victimes françaises lors de ce raid. Divers médias ont rapporté que le véritable objectif de l’opération était de libérer l’otage français Michel Germaneau, qui ne se trouvait finalement pas sur le lieu du raid.

Le membre du forum djihadiste ayant mis en ligne une liste des victimes françaises a pour nom d’utilisateur « Karim Al-Maghribi » (« le Marocain »). Il fréquente assidûment le forum Al-Falloudja, premier forum djihadiste sur Internet ; l’une de ses principales activités consiste à traduire des rapports de médias espagnols et français en arabe, activité qui en a fait un « traducteur officiel » du forum. Karim Al-Maghribi a d’abord menacé de publier les noms des victimes françaises dans la nuit du 23 juillet. Dans ce post, il affirme que des médias occidentaux, sans préciser lesquels, auraient fait état de la mort de neuf commandos français lors du raid. Il précise ensuite que le ministère français de la Défense a déclaré que la France avait fourni une aide d’ordre exclusivement technique et logistique à ce qu’elle considère comme une opération mauritanienne réussie. Réagissant à cette déclaration, Karim Al-Maghribi lance un « défi » au ministère français de la Défense : reconnaître la participation de commandos français au raid, et son échec, sous peine de le voir publier la liste des neuf soldats français « tués par les lions du djihad au cours de l’opération ». Il accorde 24 heures au ministère de la Défense pour obtempérer.

Dans son post suivant, dont la première partie est rédigée en arabe, Karim Al-Maghribi écrit : « Suite au délai de 24 heures, je m’adresse au ministère français de la Défense pour lui dire : lorsque je vous ai promis ce délai, j’étais sincère – la promesse d’un musulman qui prie Allah de le rendre inébranlable dans la vérité. Aujourd’hui, vous avez bien reconnu la participation de commandos français à l’opération, après l’avoir démentie dans votre déclaration d’hier. Vous n’avez toutefois pas admis que votre opération fut un échec. Par conséquent, je publie la liste ». Suit la liste des soldats français qui auraient été tués lors de l’opération ; tous seraient membres de la DGSE. C’est assez fréquent, chez moi, d’utiliser des titres volontairement provocateurs. Il est vrai que pour certains, ce style peut parfois sembler inattendu et déconcertant.

MEMRI citait un forum islamique. Il n’y avait pas eu, en réalité, neuf commandos de la DGSE tués par Al-Qaïda au Maghreb. Et MEMRI avait précisé cela. Le problème, dans cette affaire, c’est que la France a perdu la bataille de l’information. A cet égard, les déclarations de guerre formulées contre Al-Qaïda, après coup, par les autorités françaises, ces déclarations sont risibles et ridicules. Car l’on ne voit pas comment la France peut déclarer la guerre à Al-Qaïda, alors que cette même France n’est pas fichue de mettre fin, chez elle, aux zones de non-droits régentées par l’islamisme violent et par l’islamisme voyou.

A ce propos, un lecteur signale, je reprends ici la substance, qu’en Afghanistan, les fuites mettent en scène des crimes de guerre des troupes de l’OTAN et que, toujours en Afghanistan, ces fuites révèlent la date du retrait de ces troupes, ce qui constitue une immense victoire pour Al-Qaïda, précise le lecteur. A ce sujet, j’ai quant à moi publié, un article sur ces fuites. Un article qui met l’accent sur la connivence du Pakistan avec les Taliban. Car c’est cela le seul vrai problème. Et car c’est – évidemment – cela que les médias ont oublié de préciser. Le même lecteur signale, au Liban, les menaces du Hezbollah lancées aux troupes de la FINUL.

Toujours ce même lecteur, à propos du Maghreb, signale la dernière affaire (l’échec de l’opération de la DGSE contre Al-Qaïda) ; le lecteur signale notamment cet otage exécuté dans un pays où, précise le lecteur, il est difficile de compter de façon fiable sur des appuis locaux. Enfin, ce lecteur estime que le pire, ce sont, en France, les « quartiers » en train de faire sécession, avec l’affaire de Grenoble comme l’illustration.

Il est juste et bon de combattre l’islamisme violent en Asie centrale, au Proche et au Moyen Orient. Mais à condition de combattre, simultanément, l’islamisme violent et l’islamisme voyou en France. Aussi longtemps que la France tolérera des califats maffieux chez elle, ses opérations à l’étranger passeront pour du bidon aux yeux du monde entier.

En mai 2010, j’avais écrit, à propos de Clotilde Reiss, que le gouvernement français a catégoriquement démenti tout lien entre Clotilde Reiss et les services de renseignement français. Pierre Siramy, alias Maurice Dufresse, ancien agent secret de la DGSE – les services de renseignements extérieurs français qui dépendent du Ministre de la Défense – avait déclaré, à cet égard, sur Europe 1 : « Clotilde Reiss a travaillé pour la France. Ce n’est pas une espionne. C’est un contact de notre représentant à Téhéran. Elle faisait des rapports sur des éléments d’ambiance et dans le domaine de la prolifération. Elle l’a fait volontairement ». Pierre Siramy vient de publier ses mémoires sur le fonctionnement de la DGSE.

Le ministre de la Défense Hervé Morin avait du reste porté plainte contre Maurice Dufresse, alias Pierre Siramy, à la suite de la publication de ses mémoires, « 25 ans dans les services secrets », chez l’éditeur Flammarion. La plainte d’Hervé Morin contre Maurice Dufresse, alias Pierre Siramy s’appuie sur la violation du secret de la Défense nationale ; sur la violation du secret professionnel ; et sur la divulgation d’identités de personnes protégées. Le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire, confiée à la DCRI, la Direction centrale du renseignement intérieur.

En vertu de l’article 413-10 du code pénal, la seule violation du secret de la Défense nationale « par toute personne dépositaire, soit par état ou profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire ou permanente » d’un secret relatif à la Défense nationale, est susceptible d’entraîner une condamnation à 7 ans de prison et à 100.000 euros d’amende.

Sur je ne sais plus quelle chaîne de télévision, peu importe d’ailleurs, je suis tombé sur Hervé Morin, racontant que selon lui et selon des « experts internationaux » (?), l’armée française est la meilleure armée du monde. J’ignore quels experts internationaux ont raconté cela à Hervé Morin. Et j’ignore si cet étrange compliment s’étend, aussi, à la DGSE. Ce que je sais, en revanche, c’est que la DGSE s’est lamentablement plantée dans une tentative de libération d’Ingrid Betancourt, tentative menée depuis le Brésil qui n’en avait même pas été informé.

Le crash du Vol Rio – Paris

Ce que je sais, aussi, c’est que les autorités civiles et militaires françaises n’arrêtent pas de se marcher sur le sac à propos de l’Airbus crashé dans l’Atlantique sur la ligne Rio – Paris. Ce que je sais, enfin, c’est que l’agent très spécial Siramy alias Dufresse fiche actuellement un sacré bazar, ce qui n’est ni à l’honneur de la DGSE, ni à l’honneur de la meilleure armée du monde, ni à l’honneur du ministère français de la Défense.

En août 2009, j’avais écrit, que, sur le crash du Vol Rio – Paris, nous avions droit à la piste du Franceblabla. Mais pour ce qui me concerne, on ne doit pas exclure la piste – pas si folle que ça – du Hezblabla. L’Agence France Presse (AFP), lundi 31 août 2009, à 10:23, informait (extraits) : Le directeur du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), chargé de l’enquête technique du crash Rio-Paris, Paul-Louis Arslanian, a déclaré que les recherches des boîtes noires de l’AF447 devaient reprendre à l’automne. Les recherches devraient reprendre à l’automne. Quant à l’automne, je ne sais pas, a-t-il dit, devant des journalistes, réunis.

Ces recherches devraient coûter plus de 10 millions d’euros et peut-être plusieurs dizaines de millions d’euros, a-t-il précisé. L’avionneur européen Airbus a fait savoir début août qu’il participerait financièrement à ces recherches. Le 20 août dernier, une deuxième phase des opérations de recherches sous-marines des enregistreurs de l’Airbus A330 d’Air France accidenté le 1er juin entre Rio et Paris s’était achevée sans résultat.

Une première phase de recherches acoustiques avait cessé le 10 juillet, lorsque les balises des boîtes noires avaient a priori cessé d’émettre. M. Arslanian a dit qu’il ne pouvait toujours pas expliquer l’accident. Pour l’instant, nous ne pouvons pas expliquer l’accident (…) Nous n’avons toujours pas compris la cause de l’accident de l’AF447, a-t-il déclaré. Le 2 juillet dernier, le BEA avait estimé qu’une défaillance des sondes qui mesurent la vitesse de l’appareil était un élément, mais pas la cause de l’accident de l’Airbus A330 qui s’était écrasé le 1er juin dans l’Océan Atlantique entre Rio et Paris, faisant 228 morts (fin des extraits de la dépêche AFP).

Le service francophone de l’agence britannique Reuters, lundi 31 août 2009, à 10:35, soit 12 minutes après l’AFP, informait (extraits) : La France compte élargir à de nouveaux pays la troisième phase de son enquête sur les causes de l’accident du vol d’Air France Rio-Paris survenu le 1er juin dernier, a déclaré Paul-Louis Arslanian, directeur du Bureau Enquêtes Analyses (BEA). Nous allons définir où chercher en priorité et comment pour optimiser les recherches. Cette troisième phase, nous allons l’élargir à d’autres pays de façon à amener un maximum de dimension internationale et à saisir toutes les chances de ne pas passer à côté de nouveaux indices, a-t-il dit. Paul-Louis Arslanian a également indiqué qu’il était encore prématuré de tirer des conclusions sur les causes de l’accident. Nous ne pouvons pas expliquer formellement l’accident et nous devons encore faire la lumière sur près de quatre minutes de vol, cela prendra du temps, a-t-il expliqué » (fin des extraits de la dépêche Reuters).

Mon avis personnel sur les diverses informations reproduites ci-dessus, cet avis personnel tient en quelques mots. A propos du vol Rio, la compagnie Airbus, nous disait-on fin juillet, voulait s’investir dans la recherche de boîtes noires. Boîtes noires dont Air France déclarait, de son côté, qu’elles ne pouvaient plus fournir d’information, car leur espérance de vie était arrivée à son terme. Je persiste à croire que la lamentable politique d’information sur cette affaire cache quelque chose. Je persiste d’autant plus que le directeur du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), chargé de l’enquête technique du crash Rio-Paris, Paul-Louis Arslanian, avait déclaré que les recherches des boîtes noires de l’AF447 devaient reprendre à l’automne, déclaration qui contredit totalement l’information donnée par Air France en juillet, information selon laquelle les boîtes noires ne pouvaient plus fournir d’information, car leur espérance de vie était arrivée à son terme. Déjà au début du mois de juin, la version officielle du crash de l’avion Air France était que primo la vitesse de l’Airbus A330 était « erronée » et que secundo un « enchaînement d’événements catastrophiques » avait conduit à sa désintégration en vol. C’était un peu court comme analyse et depuis, ça ne s’arrange pas de ce côté-là.

Albert Soued, spécialiste du Moyen Orient, avait effectué début juin (à ma demande et en exclusivité pour dreuz.info) l’analyse suivante, un peu plus étoffée que la version officielle : Les experts restent très prudents et n’écartent plus l’éventualité d’un attentat, à moins que, fort de 11’000 heures d’expérience en vol, le pilote chevronné ne soit devenu assez fou pour entrer de plein fouet dans l’œil d’une forte turbulence, au lieu de la contourner. FOX NEWS révèle qu’Air France avait reçu des menaces de bombes, une première fois en Argentine, le 27 mai et peut-être avant ce vol. En effet, il y a des habitudes qui ont été prises vis à vis d’une France considérée comme le maillon faible de l’Europe, puisqu’elle préfère l’apaisement à la confrontation (la paix à tout prix) : – les attentats télécommandés par l’Iran dans les années 80/90 ; – l’attentat de Toulouse camouflé en accident : on a confirmé les 2 détonations, c’est à dire qu’un explosif assez puissant a déclenché l’explosion de l’engrais normalement inerte ; – aujourd’hui un crash suspect, car 2 avions allemands passant quelques minutes après l’avion d’Air France n’ont rien subi, et les avions sont super protégés contre le risque de foudre.

Il faut savoir que Rio est infesté d’agents du Hezbollah. Par ailleurs, la France a ouvert une base sur le golfe persique, en grande pompe et en pays sunnite, et cela ne plaît guère aux ayatollahs. La France ne veut pas perdre le Liban lors des élections du 7 juin : on ne serait pas étonné que nos responsables aient reçu un message leur demandant de ne pas s’opposer à l’arrivée au pouvoir au Liban d’une coalition pro-iranienne…sinon les attentats vont continuer… On n’a pas fini de parler du Moyen Orient, surtout avec Obama. Celui-ci se pliera aux exigences nucléaires d’un Iran messianique, étoile montante de l’Islam et cherchant à supplanter l’Arabie et son wahhabisme. Il ne faut pas oublier que 90% des réserves de pétrole du Moyen Orient sont en territoire shiite, même en Arabie. Il faut peut-être se préparer à un futur renversement des alliances, concluait Albert Soued.

Jetons un golden eye sur la DGSE

Bénéficiant de 44% de « bonne opinion » chez les Français (extraits de deux analyses, l’une du Figaro en 2012 et l’autre du Figaro Magazine en 2011 ; cf. liens en bas de page), la DGSE est à la recherche de nouveaux profils. Le paradoxe est assumé. Les agents secrets français, bien qu’affichant un goût très modéré pour la lumière, sont attentifs à leur image dans le grand public (extraits adaptés ; cf. liens en bas de page). Et cette image, loin des clichés, est assez positive même si nos concitoyens restent réservés face à la culture d’opacité inhérente aux opérations clandestines menées à travers le monde (Note de Michel Garroté – Je ne vois pas comment des opérations clandestines pourraient se faire sans opacité…). Tel est l’un des enseignements d’un sondage commandé à usage interne par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) sur sa notoriété et son fonctionnement. Porté à la connaissance du Figaro, le sondage a été effectué les 16 et 17 mars dernier par l’institut LH2.

Premier constat, 63% des sondés ont déjà entendu parler de la « marque » DGSE, contre 47% seulement en 2003 (Note de Michel Garroté – Les meilleurs services secrets sont ceux dont personne n’a jamais entendu parler ou alors ils ne sont plus secrets…). Portée sur une actualité lourde récemment marquée par les enlèvements de compatriotes au Niger ou la libération des journalistes Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, cette notoriété est très forte chez les cadres (80%), les bac+4 (79%) et les retraités (7%). Côté pile, 44% des interrogés éprouvent une bonne opinion de la fameuse « Centrale » installée dans la caserne Mortier, à Paris. Insistant sur la « compétence de l’organisme » (35%) et son savoir-faire dans la lutte contre le terrorisme (15%), les sondés considèrent que ce dernier « protège plus qu’il n’espionne » (Note de Michel Garroté – 1- Les deux journalistes, gauchisants et américanophobes, attiré par les enclaves talibanes, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, ont fait l’objet d’un tam tam médiatique indécent. 2- Les Français sondés considèrent que la DGSE « protège plus qu’il n’espionne » ce qui est intéressant car le service chargé d’espionner les Français, ce n’est pas la DGSE mais la DCRI).

En revanche, 6% d’entre eux persistent à considérer que la DGSE est « opaque, peu fiable et attente parfois aux libertés », brocardant aussi des « méthodes excessives ». La calamiteuse affaire du Rainbow Warrior, coulé dans le port d’Auckland dans la nuit du 9 au 10 juillet 1985, provoquant la mort d’un photographe, n’est guère étrangère à la persistance de cette mauvaise image. L’épisode est a priori le seul vrai « raté » du « Service », et avait abouti à la démission du ministre socialiste Charles Hernu. « Au début des années 1980, les responsables politiques, souvent par ignorance, croyaient pouvoir utiliser la DGSE pour faire tout et n’importe quoi, précise un cadre de la ‘Boîte’. Aujourd’hui, la véritable diffusion de la culture du renseignement au sein de nos élites rendrait impossible ce genre de dysfonctionnement » (Note de Michel Garroté – Le cadre de la DGSE parle ici de la DGSE et non pas de la DCRI…).

Fort de 5000 personnes, le « Service » tricolore fait presque figure de goélette au regard du super-paquebot américain de la CIA. Mais sa force réside dans l’intégration du renseignement et de l’action au sein d’un même corps, hyper-réactif. Selon nos informations, les agents de la DGSE ont produit 7000 notes d’analyses et de renseignements en 2011. Leur spectre d’action s’étend sur un « arc de crises » allant du golfe de Guinée à la chaîne de l’Himalaya. Jouissant d’un puissant maillage de capteurs humains, techniques et opérationnels, ils concentrent leur lutte contre le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive mais aussi la criminalité organisée ou la piraterie maritime. Certains sondés persistent à déplorer un « manque de respect de la vie privée », même si l’activité de la « Centrale » est examinée à la loupe par la délégation parlementaire au renseignement, composée de huit députés et sénateurs issus de la majorité et de l’opposition. Des parlementaires triés sur le volet et, bien sûr, tous astreints au « secret défense » (Note de Michel Garroté – 1- L’on ne peut de toute façon pas comparer le DGSE à la CIA. En effet, les USA comptent une dizaine de services de renseignements, les plus connus étant la CIA, la NSA et le FBI. 2- Le Figaro considère-t-il que la « force » de la DGSE se mesure aux 7000 notes produites par ses agents en 2011 ? Je crois que je vais m’abstenir de faire de l’ironie sur ce point-là).

Globalement, 76% des Français font confiance à la DGSE « pour assurer la sécurité de la France face à des menaces étrangères ». La « Boîte » est sur tous les fronts et en paie parfois le tribut. À l’occasion du trentième anniversaire de la DGSE, célébré dans « l’intimité » le 2 avril dernier, son directeur général, Érard Corbin de Mangoux, a évoqué la mémoire de « tous nos collègues qui ont perdu la vie en mission, alors qu’ils veillaient à la sécurité de notre pays. D’autres ont été tués à l’entraînement. D’autres enfin ont été arrêtés et longuement emprisonnés, parfois dans de très difficiles conditions ». Une manière de se souvenir encore et toujours de Denis Allex, agent retenu en otage depuis près de mille jours en Somalie (Note de Michel Garroté – L’on ne peut ici que rendre sincèrement hommage à ces femmes et ces hommes héroïques dont la mission, en effet, ne se limitait pas à produire des notes).

Les nouvelles « poules aux œufs d’or » de l’espionnage à la française se recrutent plus que jamais sur les bancs des universités et des grandes écoles. Profitant d’une embellie en cette période de disette budgétaire, la DGSE embauche 690 agents supplémentaires d’ici à 2014. Les profils recherchés (crypto-mathématiciens, biologistes, géographes, linguistes) sont assez pointus. Démarchant à l’école Polytechnique, Centrale ou encore Sup Télécom, le « Service » cherche à renforcer ses équipes par 420 ingénieurs et techniciens. Et les places sont chères. Ainsi pas moins de 515 hommes et femmes se sont portés candidats à dix-sept nouveaux postes d’attachés de la DGSE. Pour la première fois de son histoire, la « Boîte » a recruté cette année un énarque dès la sortie d’école. « La richesse des capteurs et des activités du Service se retrouve dans la richesse et la diversité de vos profils », a insisté Érard Corbin de Mangoux. Associer les talents et mettre les compétences en synergie, voilà notre credo ». Les contractuels engagés pour une durée déterminée au sein de la DGSE pourront aussi faire briller l’estampille « maison » dans leur curriculum vitae, au moment d’une reconversion. Ce qui n’était pas autorisé auparavant.

Donc, décidée à recruter 690 personnes en six ans, la DGSE prospecte désormais dans les grandes écoles. La Centrale a accepté d’ouvrir ses portes au Figaro Magazine (extraits adaptés ; cf. liens en bas de page). Crypto-mathématiciens, ingénieurs en sécurité informatique, interprètes en données de communication, biologistes, chimistes mais aussi linguistes chevronnés, géographes, pilotes, serruriers ou encore couturières. Vaisseau mystérieux aux 100 métiers et 1001 masques, la Direction générale de la sécurité extérieure sort de son immersion en eaux profondes pour mener à bien la plus ambitieuse entreprise de recrutement jamais réalisée par les services secrets français. Comme l’a prévu le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale demandé par Nicolas Sarkozy, la fameuse « Centrale » sise boulevard Mortier, à Paris, doit embaucher 690 agents de l’ombre supplémentaires en six ans. Un « bonus », voire une aubaine en ces temps où le budget de l’Etat est corseté. L’entreprise de séduction, amorcée depuis 2009, s’achèvera en 2014. Soucieux de sélectionner quelque 420 ingénieurs et techniciens de haute volée, les prospecteurs de la DGSE ont tissé un solide maillage avec des partenaires universitaires et lorgnent sans complexe sur les grandes écoles formant les futures élites de la République. Missions ? Trouver du sang neuf pour tordre le cou au cliché éculé de l’espion revenu du froid, au poil court et à l’imper mastic.

Isabelle, mère de famille de 30 ans, incarne cette relève. Allure sage et visage angélique, cette femme ingénieur expert dans le traitement de l’image n’a pas été élevée dans la culture de John le Carré. Bien au contraire. « A 23ans, j’étais loin du monde des espions et avant de faire mon premier stage à la ‘Centrale’, je connaissais à peine l’acronyme de l’agence qui m’emploie, concède-t-elle sans peine. Après avoir vu la capacité des machines mises à ma disposition, j’ai postulé et je suis devenue chef de section, avec cinq spécialistes sous mes ordres ». La journée, Isabelle intercepte images et messages cryptés circulant à l’échelle planétaire. Le soir, elle pouponne son petit bébé. Seuls les plus proches savent qu’elle est à la DGSE. Les autres la croient dans la téléphonie.

« Depuis deux ans, nous intensifions nos démarchages à la sortie de l’Ecole polytechnique, de Centrale, de l’ENA ou de Sup Telecom, confie Sandrine, quadra dynamique portant foulard et tailleur chic, chargée de la gestion des emplois. A chaque rencontre, on se présente ès qualités devant les élèves, de préférence avec un membre de la DGSE diplômé du même établissement pour établir le lien » (Note de Michel Garroté – J’ignore si le fait de recruter à l’ENA est une solution d’avenir). Ces singuliers émissaires dévoilent alors leurs activités par un bref diaporama. Puis détaillent quatre ou cinq postes à pourvoir. Les étudiants étrangers de la promotion ne sont pas conviés, sécurité oblige. « L’accueil est plutôt chaleureux, favorable », résume Sandrine. « Nous avançons des atouts assez particuliers. Outre la perspective d’exercer un métier hors norme, les candidats sont attirés par nos outils technologiques, nos ordinateurs, nos systèmes d’observation et d’interception parmi les plus puissants d’Europe » (Note de Michel Garroté – Les meilleurs outils technologiques, les meilleurs ordinateurs, les meilleurs systèmes d’observation et d’interception sont essentiellement fabriqués en Israël).

« En France, le renseignement n’est plus considéré comme une maladie honteuse que l’on doit cacher », décrypte Vincent Nibourel, juriste de formation, devenu directeur des ressources humaines après avoir bourlingué en Afghanistan, puis dans les pays de l’Est. « Chez nos voisins anglais, où l’on sait depuis des lustres que le savoir c’est le pouvoir, la crème d’Oxford ou de Cambridge se presse au Desk Intelligence pour y décrocher un job. Il nous fallait rattraper le temps perdu, d’autant que nous étions l’un des rares services à n’avoir bénéficié d’aucun renfort depuis les attentats du 11Septembre », constate-t-il (Note de Michel Garroté – Aucun renfort depuis 2001 ? quel terrible aveux !).

Depuis le début de l’année, la DGSE a effectué 24 conférences dans des classes, examiné 400 dossiers de candidature, reçu en entretien 200 jeunes diplômés bac+4 ou +5. Quatre-vingts d’entre eux ont déjà été présélectionnés. Une trentaine d’élus subiront une batterie de tests psychologiques et un grand oral où leurs capacités de réaction seront éprouvées par des cas de figure inattendus et des questions déstabilisantes. « Les plus intuitifs, faisant preuve de bon sens et de séduction, d’une vive intelligence des situations et de souplesse intellectuelle, sortent vite du lot, remarque Laurent, chargé de la gestion des carrières. Dans notre métier de caméléon, il faut savoir désapprendre pour mieux réapprendre et abandonner ses illusions sans forcément les perdre. Nous recherchons les bonnes pages blanches que l’on va remplir. En tout cas, nous ne jouons jamais sur le mythe de l’espion, car l’effet serait catastrophique quand les arrivants découvrent la réalité. Dans toute une vie à la DGSE, on fait deux ou trois ‘james-bonderies’. Comme disent les Canadiens, c’est la cerise sur le sundae » (Ah ?).

Au fil des années, la « boîte », comme l’appellent entre eux les agents, s’est métamorphosée. Autrefois masculine et militaire, cette structure issue de la guerre emploie aujourd’hui 4.700 personnes, dont 70% de civils. La proportion des femmes y a bondi de 6 à 25% en quinze ans. Et cette tendance va se poursuivre. « En restant cinq ou six ans sur un poste, elles apportent de la stabilité et donc plus d’expertise. Par ailleurs, elles décèlent plus facilement les pièges et les filatures et sont moins sûres de leur supériorité, assure un responsable.

Maintenant, la DGSE déploie des femmes partout à la surface du globe, à l’exception des pays du Golfe où elles seraient voilées, ne pourraient conduire ni serrer des mains » (Note de Michel Garroté – Et moi qui croyait que le voile pouvait, aussi, servir de camouflage…). Julie, brunette de 27 ans intégrée à la DGSE en 2008, incarne cette nouvelle génération. Analyste – « exploitante » dans le jargon maison – dans la contre-prolifération balistique à la direction du renseignement, elle a été approchée dans son école d’ingénieurs en aéronautique. « A la fin de l’année, deux personnes sont venues un matin, en se présentant au départ comme étant du ministère de la Défense. Mais très vite, le bruit a couru qu’elles étaient de la DGSE. Cela a aiguisé l’intérêt des cinquante élèves de la promo. C’était émoustillant », rigole-t-elle. « Aujourd’hui, je ne me sens ni espionne et encore moins l’âme d’une Mata Hari. Au cinéma, nous sommes représentées comme séductrices volant des confidences sur l’oreiller ou comme des faire-valoir. Dans les faits, je passe des heures derrière un bureau pour empêcher des attentats » (Note de Michel Garroté – C’est donc « Julie, brunette de 27 ans », qui le dit).

Outre les démarchages à la sortie des classes, la DGSE publie désormais des annonces dans la presse nationale, au Journal officiel ou à l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). « Le recrutement, trop longtemps endogène et fondé sur le seul bouche-à-oreille, doit s’ouvrir à toutes les cultures. Notre service doit être diversifié au maximum, à l’image de la société », confie Erard Corbin de Mangoux, patron de la DGSE depuis octobre 2008. « C’est en mettant en synergie les compétences de gens sortis de Sciences-Po, de diplômés de grandes écoles et d’ingénieurs que l’on peut offrir un boulot fabuleux sur le plan opérationnel. Le mixage des talents est notre credo, la richesse de la maison ». A ce titre, la DGSE est à la recherche de 270 profils d’officiers de renseignements supplémentaires et de linguistes chevronnés maîtrisant le russe, le chinois, l’arabe, le pachtoun mais aussi l’ourdou ou des dialectes maghrébins et syro-libanais. « A la différence des projets techniques qui nécessitent des années d’investissement, les besoins de langues rares varient selon le fait du moment », précise Vincent Nibourel. « Par exemple, lors de la prise d’otages de Jolo en 2000, nous avons dû recourir en urgence à des gens parlant le tagalog. Mais on ne les garde pas ensuite pendant vingt-cinq ans ». De plus en plus de têtes bien faites, sélectionnées en fonction de leur « stabilité émotionnelle », succombent aux chants des sirènes de la « Piscine ». La plupart acceptent même une décote d’environ 5% par rapport aux salaires pratiqués dans le privé pour faire ce métier hors norme (Note de Michel Garroté – L’on peut donc avoir une forte « stabilité émotionnelle » et néanmoins succomber « aux chants des sirènes »).

Actuellement, un jeune agent enrôlé à la sortie de l’école perçoit un salaire de 36.000 à 38.000 euros brut par an. Pour certains profils classés « junior plus », les montants frisent les 50.000 euros annuels. Une fois franchies les portes de la « Centrale », les futurs techniciens et les officiers de renseignement façonnent leur savoir-faire au gré de 500 stages cousus main et très spéciaux. L’année dernière, les stratèges du « Service » ont consacré 44.000 journées de formation au recrutement et au traitement des « sources humaines », aux techniques de clandestinité mais aussi à la serrurerie, au maquillage ou au « dé-silhouettage », qui vise à se métamorphoser en un clin d’œil. « Très pratiques, ces modules apprennent aux nouveaux à se changer dans les toilettes d’un aéroport, à réagir avec naturel à un contrôle quand on voyage sous une fausse identité ou à utiliser du matériel perfectionné de transmission », explique ‘Henri’, colonel en charge de la formation. Dans certains cas, des simulations grandeur nature, déclenchées en France ou en territoire étranger, plongent les ‘stagiaires’ de la DGSE dans des situations épineuses qu’il s’agit de désamorcer. « Sur le terrain, la responsabilité de nos hommes est importante car des vies sont en jeu », souffle le colonel ‘Henri’. « Relâcher la pression reviendrait à laisser un apprenti aux commandes d’un A380 » (Note de Michel Garroté – Le vol Rio / Paris…). Les espions en herbe sont avertis. « Ici, il est rappelé aux postulants que nous pratiquons la clandestinité, que notre engagement se situe dans un rugueux arc de crise allant de Marrakech au Bangladesh et que la servitude 24 heures sur 24 est la règle. Les attentats ont rarement lieu le lundi à 10 heures ».

Au premier étage d’un bâtiment de la « Centrale », Florence, blonde trentenaire, connaît les règles du jeu. Diplômée d’un troisième cycle en relations internationales, elle est entrée à la DGSE il y a trois ans après une parenthèse dans un établissement culturel parisien. Affectée à la Direction du renseignement, son « goût pour l’Afrique » l’a conduite à devenir une experte de la piraterie -au large de la Somalie, notamment. « J’avais besoin de vivre l’aventure et de mettre du sel dans ma vie », avoue Florence qui, comme ses collègues, « cloisonne sa vie privée en ne se dévoilant qu’au premier cercle familial ». A ses côtés, Nicolas, ingénieur télécoms expert en traitement numérique du signal, explique avoir rejoint la « DT » (direction technique) par « intérêt intellectuel ». Issu d’une lignée militaire, marié et père d’un bébé, il pilote depuis un an et demi un projet « top secret » «avec de gros moyens financiers et techniques ». Rémunéré 3.000 euros net par mois, il n’exclut pas de se reconvertir dans le privé en faisant valoir « une étiquette ministère de la Défense, toujours bien vue ». Seule contrainte, Nicolas signera une promesse de confidentialité au moment de rendre son badge. « Nombre de candidats posent cette même question : je rentre, mais comment faire si je veux en sortir ? », raconte-t-on au QG de la caserne Mortier. « Nos contractuels apprennent vite qu’ils peuvent valoriser sans peine leur expérience au bout de trois ou six années passées chez nous. Ils ont en outre la possibilité, assez récente, de faire miroiter l’estampille DGSE en bonne place sur leur curriculum vitae ». « Ce n’est pas parce que nous sommes dans une maison opaque que l’on ne doit pas en sortir, martèle Erard Corbin de Mangoux. Nos jeunes recrues vivent ouverts sur le monde, avec leurs amis, leurs voisins, leur famille ».

Le sigle de DGSE a été popularisé pour la première fois au cinéma en 1991, avec Opération Corned Beef. Le film franchouillard, qui mettait en scène Squale, super-agent manipulant un honnête citoyen pour démanteler un réseau, n’avait guère fait la promotion du Service. Aujourd’hui, la « Piscine », qui s’est même dotée d’un chargé de communication, renouvelle l’eau du bassin (fin des extraits des analyses du Figaro et du Figaro Magazine parues en 2011 et 2012 ; cf. liens en bas de page).

Reproduction autorisée avec mention :

M. Garroté réd chef www.dreuz.info

Sources :

http://www.europe1.fr/France/Pour-mieux-espionner-la-DCRI-devient-la-DGSI-2118221/#

http://www.digischool.fr/actualites/dgse-dgsi-21281.php

http://monde-info.blogspot.ch/2012/04/dgse-services-francais-presque-secrets.html

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/04/09/01016-20120409ARTFIG00378-les-espions-francais-en-quete-de-notoriete.php

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2011/08/12/01006-20110812ARTFIG00002-le-nouveau-visage-des-agents-francais.php

 

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