Publié par Michel Garroté le 14 mai 2014

 

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Michel Garroté, réd en chef –- Tous les médias en parlent. On peut même dire qu’ils en font des tonnes. Après la mort de la journaliste photographe Camille Lepage, assassinée hier mardi en Centrafrique dans une embuscade, Hollande l’avait annoncé : « Nous devrons avoir toute la vérité sur cette affaire, savoir pourquoi elle était dans cette région, qui l’a capturée, comment elle est morte et faire en sorte que ses assassins ne soient pas impunis ».

Aujourd’hui, mercredi 14 mai 2014, le parquet de Paris a ainsi décidé d’ouvrir une enquête préliminaire, confiée à l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) de la police judiciaire.

« Bal tragique en Centrafrique – Une morte », pourrait-on écrire, comme le fit Libération, à la mort de De Gaulle (« Bal tragique à Colombey – Un mort »). Seulement voilà, ce n’est pas un président, mais une journaliste qui est décédée. Du coup, les journalistes français, comme chaque fois que l’un (e) d’entre eux (elles) se fait descendre, nous imposent plusieurs jours de deuil national à forte résonnance médiatique.

Certes, j’ai de la compassion pour les proches de Camille Lepage. Cela dit, elle est morte en Centrafrique en 2014, comme j’ai failli mourir en 1983 au Liban (les gentils terroristes du FPLP), en 1988 au Pérou (les gentils terroristes du Sentier Lumineux) et en 1989 en Israël (les gentils terroristes du Fatah). C’est notre métier de risquer notre peau.

La mort de l’un (e) d’entre nous est toujours une tragédie. Mais nous ne devons pas, d’une part, médiatiser à outrance la mort d’un (e) journaliste ; et d’autre part, minimiser ou banaliser la mort des soldats et des civils « ordinaires ». Il y a eu hier la mort de Camille Lepage. Il faut aujourd’hui tourner la page. Nous ne sommes pas suffisamment riches pour financer une enquête confiée à la police judiciaire chaque fois que quelqu’un (e) décède quelque part dans le monde.

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© M. Garroté réd chef www.dreuz.info

 

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