Publié par Michel Garroté le 22 mai 2014

 

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Michel Garroté, réd en chef –- Quel feuilleton ! C’est pire que « Plus belle la vie »… Un jour, il faudra bien analyser cette saga ayant débuté il y a trois ans, en mai 2011, sous l’angle sociologique et historique. Vincent Maraval, producteur de « Welcome to New York », le film d’Abel Ferrara inspiré de l’affaire DSK, a accepté de s’exprimer. Il défend le long-métrage qui met en scène Gérard Depardieu et Jacqueline Bisset et il réagit aux accusations d’antisémitisme. Entretien (ci-dessous, extraits ; voir lien vers source en bas de page).

Le Parisien – Anne Sinclair estime que, dans « Welcome to New York », il y a « des attaques clairement antisémites, motivées chez le producteur par son goût du profit ». Qu’en pensez-vous ?

VINCENT MARAVAL – C’est compliqué de réagir à des choses qui ne correspondent pas au film. Dès la première scène, Depardieu dit : « Je ne vais pas interpréter DSK. » Tous les critiques internationaux ont bien dit que c’est avant tout un film sur Depardieu, un type en chute libre avant sa rédemption, beaucoup plus que sur DSK. Quant au personnage de Simone joué par Jacqueline Bisset (NDLR : inspirée néanmoins de la vraie Anne Sinclair), elle est américaine… Preuve que ce n’est pas du copié-collé de l’affaire DSK. Mais de la fiction.

Le Parisien – Anne Sinclair insiste sur ce qu’elle considère comme de l’antisémitisme dans le film.

VINCENT MARAVAL – C’est un peu le truc tarte à la crème, le chiffon rouge que l’on agite souvent à Cannes. « La vie est belle », de Roberto Benigni, avait été taxé antisémite, « la Liste de Schindler », de Steven Spielberg, aussi, Jean-Luc Godard à plusieurs reprises a été accusé. Ça marche à chaque fois. C’est une stratégie de défense insultante parce que l’antisémitisme, c’est grave. Nulle part dans le film, il n’y a de haine des Juifs.

Le Parisien – Selon vous, à quelles scènes du film, l’ex-épouse de DSK fait-elle allusion ?

VINCENT MARAVAL – Celle dans laquelle Simone se trouve dans un dîner et que quelqu’un autour de la table la remercie pour ce qu’elle a fait pour l’Etat d’Israël. C’est de la fiction ! Je ne vois pas en quoi dire cela, c’est diffamatoire. On a l’impression qu’aujourd’hui en France on ne peut plus dire « Juif », ni « Arabe ». Ensuite, elle évoque aussi une scène de dispute avec son mari. Celui-ci, plein de mauvaise foi, émet des doutes sur l’origine de sa fortune. Et elle lui répond : « S’il te plaît, ne va pas sur ce terrain. Fais attention. » C’est tout. En fait, Anne Sinclair et DSK interprètent mal des dialogues du film.

Le Parisien – Abel Ferrara a été aussi accusé d’antisémitisme.

VINCENT MARAVAL – Ça me fait mal pour lui. Il a 62 ans. Abel a réalisé 25 films. Il n’y a qu’à les regarder. C’est quelqu’un qui appelle « un chat un chat ». Evidemment, il n’est pas antisémite. C’est encore une accusation très grave.

Le Parisien – La polémique sur « Welcome to New York » se poursuit dans les médias…

VINCENT MARAVAL – Parce que ces gens vivent constamment dans une espèce de furie médiatique. Ils ne peuvent pas s’empêcher de tout ramener à eux. Anne Sinclair n’avait pas besoin de faire ce documentaire sur France 2 (NDLR : « Un jour, un destin », diffusé le 22 avril, qui racontait son histoire et se terminait par une interview de la journaliste sur l’affaire DSK). C’est parce qu’elle a peur d’être absente de la scène médiatique. Et là, elle et DSK répondent de manière diffamatoire à mon égard, alors que je n’ai pas réalisé ce film. Je l’ai aidé à se monter financièrement comme je l’avais fait auparavant pour les cinq précédents films d’Abel Ferrara.

Source :

http://www.leparisien.fr/festival-de-cannes/le-producteur-de-welcome-to-new-york-repond-a-anne-sinclair-22-05-2014-3861271.php

 

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