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Publié par Michel Garroté le 28 mai 2014

 

UMP-7

Michel Garroté, réd en chef –- Comme c’est amusant ! Depuis 2007, je ne cesse d’écrire qu’il faut à la France un parti de droite. C’est-à-dire, soit un parti situé entre l’UMP et le FN ; soit un parti rassemblant d’une part, l’aile droite de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) ; et d’autre part, l’aile modérée du Front National (FN). En 2007, on me disait que c’était trop tôt. Je parie qu’en mai 2014, après les européennes, on va me dire que c’est trop tard.

Je note tout de même deux points : 1- 60% des Français n’ont pas voté aux européennes et par conséquent le FN a fait 25% sur 40% de votants, soit 10% des électeurs inscrits ; 2- le vote aux européennes n’est pas un vote isoloir mais un vote défouloir ; ce n’est pas parce qu’on a voté FN aux européennes de 2014 qu’on va forcément voter FN aux présidentielles et aux législatives de 2017.

1- L’étatiste et centriste UMP doit se droitiser

Le problème majeur de l’UMP, dénoncéaussi bien par Guillaume Peltier, Laurent Wauquiez, Rachida Dati ou Henri Guaino est celui de la ligne politique de l’UMP. Le parti doit-il se centriser ou au contraire, se droitiser ? Rachida Dati défend la droitisation ou plutôt la dégauchisation : «L’alliance avec le centre, prônée par quelques-uns, montre que certains n’ont tiré aucune leçon du scrutin de dimanche dernier. Ce n’est pas dans les petits calculs entre amis que nous redresserons notre parti. Ce n’est pas dans les petits calculs entre amis que nous partirons à la reconquête de la France et du cœur des Français. Dans leur immense majorité, les militants et les sympathisants ne veulent pas s’allier avec un centre qui a activement participé à faire battre la droite en 2012. Nous ne voulons pas parler de stratégies d’appareils : nous voulons une vision renouvelée pour la France fondée sur l’autorité, le travail, le mérite, la famille, notre identité nationale, en un mot une droite sûre de nos valeurs françaises ».

2 – Sans ligne clairement de droite l’UMP est condamnée à mourir

Les 4 Vérités : S’agissant de l’UMP, si elle est en lambeaux, comme le dit la presse, ce n’est, encore une fois, pas du fait des résultats eux-mêmes, mais principalement du fait de l’absence de ligne politique. Sur l’Europe, il était particulièrement net que toutes les opinions pouvaient s’exprimer dans ce parti, du fédéralisme au souverainisme. Mais cela va bien au-delà de la question européenne : sur l’ensemble des grands sujets politiques, l’UMP est divisée. La véritable raison du succès du FN est sans aucun doute là : depuis trop longtemps, la droite de gouvernement s’oppose mollement au socialisme, accréditant ainsi le slogan du FN contre le système UMPS. Si l’UMP avait été clairement de droite, en lieu et place de la funeste ouverture à gauche, Nicolas Sarkozy aurait pratiqué l’entente à droite et il aurait sans doute été réélu en 2012.

3 –L’UMP, l’UDI et le Modem ont souffert de la concurrence de la Liste Force Vie

C’est le résultat d’un sondage IFOP-La Croix sur le vote des catholiques aux européennes. Quelques points saillants : 81% des catholiques pratiquants déclarent être allés voter, contre 43% des Français ; un ancrage à droite marqué du vote catholique (34% pour l’UMP et 14% pour l’UDI/Modem) ; la proportion des cathos de gauche en forte baisse avec 16%, contre 25 à 30% habituellement ; l’UMP et l’UDI/Modem ont souffert de la concurrence de la Liste Force Vie de Christine Boutin qui a obtenu 9% parmi les catholiques pratiquants réguliers (mais 1% parmi les pratiquants occasionnels et les non pratiquants) ; l’électorat catholique pratiquant régulier est de moins en moins hermétique au vote frontiste avec un catholique pratiquant sur cinq (21% pour les pratiquants réguliers et 27% chez les catholiques dans leur ensemble).

4 – L’UMP ne doit cesser de mépriser ses électeurs

Communiqué de Sens Commun, mouvement associé à l’UMP : L’absence de convictions clairement exprimées nous mène et continuera à nous mener dans une impasse. La victoire du Front national ce soir est avant tout la défaite d’une classe politique incapable de répondre aux aspirations réelles des Français. Les Français ne sont pas contre l’Europe mais contre cette Europe qui, au lieu de les protéger, les étouffe. Ils exigent d’être écoutés. Faute d’avoir su le faire suffisamment, faute d’avoir su porter une vision nouvelle de l’Europe, faute d’avoir su présenter à ces élections des personnes incarnant cette vision, l’UMP n’a pas profité du boulevard que lui offrait pourtant la gauche.

Elle n’a pas profité de cette nouvelle génération de militants qui n’attend qu’une chose pour s’engager massivement : être écoutée. Plusieurs voix se sont exprimées durant la campagne pour tenter de proposer une autre voie pour l’Europe, une voie réaliste et innovante : en les ignorant, notre famille politique a ignoré ce qui correspondait aux souhaits de la majorité de ses adhérents. Nous appelons les dirigeants de notre parti à tenir compte du message exprimé ce soir et à reconstruire la droite. Celle que nous voulons. Celle que nous attendons.

Il en va de l’avenir de la France, comme de celui de l’Europe. Les appels d’Alain Juppé et NKM pour faire alliance avec les centristes montrent que la vieille garde ringarde de l’UMP n’a toujours rien compris, de même que la défaite de Sarkozy en 2012 n’est pas due à sa campagne à droite, mais parce qu’il a gouverné à gauche. D’ici au congrès d’octobre, les adhérents de l’UMP sauront-ils faire émerger de nouveaux chefs, partisans d’une droite décomplexée, ancrée dans le pays réel ? Et même, d’une UMP qui n’aura pas honte de passer des accords électoraux avec le FN ? Il est aussi temps de faire tomber ce mur, conclut Sens Commun.

Reproduction autorisée avec mention :

M. Garroté réd chef www.dreuz.info

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