Publié par Guy Millière le 25 mai 2014

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J’étais dans un avion qui m’emmenait en Israel quand l’acte terroriste anti-juif commis au Musée Juif de Belgique a eu lieu.

Dois-je le dire? Je suis horrifié, mais je ne suis, hélas, pas surpris. La haine des Juifs existe depuis longtemps en Belgique. Elle n’a jamais disparu, malgré les abominations collaborationnistes commises au temps du nazisme. Elle s’est reportée ces dernières décennies, sur Israël, et les prises de parole de ministres belges, depuis des années semblent avoir été rédigés par des membres du Hamas, mais il ne faut pas chercher longtemps sous le vernis pour trouver derrière un anti-israélisme abject des propos aux accents vert de gris.

Ces accents sont exacerbés par la forte présence musulmane dans le pays en général, et à Bruxelles en particulier. Le quartier où arrivent les trains venant de Paris, en Gare du Midi, s’est transformé radicalement en quelques décennies, et ressemble aujourd’hui à un prolongement de la bande de Gaza.

Des enquêtes parues dans la presse belge ont montré voici peu que plus de la moitié de la population musulmane de Bruxelles était porteuse d’une détestation des Juifs qui pouvait aller jusqu’au désir de meurtre. Je ne sais, au moment où j’écris ces lignes, si le ou les assassins terroristes qui ont frappé sont des antisémites d’extrême droite ou des Musulmans. On le saura vite. Ce que je sais est que les gros titres que j’ai trouvé dans la presse française et belge sont très édulcorés. On y parle de « tuerie », voire de « fusillade », les mots assassinat et terrorisme sont absents. Le mot antisémitisme n’est utilisé qu’en citant des sources juives.

Dois-je dire que cette façon d’édulcorer me répugne? On banalise la haine anti-juive en Europe. On est au bord du négationnisme.

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On est en pleine hypocrisie. Et on ne veut surtout pas voir que la haine anti-juive n’a jamais quitté l’Europe.

On ne veut pas voir que la façon dont l’information concernant Israël est biaisée et déformée en fait un outil de la haine anti-juive. On ne veut pas voir que la haine anti-juive est d’extrême droite, mais aussi musulmane, et, sous prétexte d' »antisionisme », d’extrême gauche.

On ne veut pas voir que l’Europe est malade, très malade. Et l’aveuglement fait partie de la maladie. Je suis à Jérusalem, précisément, pour parler de la maladie qui ronge l’Europe, dans le cadre d’un colloque organisé par le professeur Robert Wistrich, à l’Université Hébraïque de Jérusalem.

Je ne pensais pas que ce colloque irait de pair avec des faits aussi abominables. Mais je ne suis, hélas, pas surpris, non.

Ce dimanche est jour d’élections européennes. Je suis en Israël et je ne voterai donc pour personne. J’avais décidé, de toute façon, de m’abstenir. Je me sens de moins en moins Européen.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour Dreuz.info.

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