Publié par Michel Garroté le 15 mai 2014

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Michel Garroté, réd en chef –- Quelle différence – réelle et concrète – y a-t-il entre l’islam et l’islamisme violent ? Spécialiste du Maghreb et du Proche-Orient, Élisabeth Schemla répond à cette question dans Valeurs Actuelles :

VA – Notre pays compte déjà près de 2’400 mosquées ou lieux de culte et il s’en ouvre deux par semaine. Que traduisent ces chiffres en croissance rapide ?

Élisabeth Schemla – Ils traduisent évidemment l’extrême vitalité de l’islam en France, qui séduit de plus en plus d’hommes et de femmes, les jeunes en particulier. Massivement ceux qui sont culturellement musulmans et, de plus en plus nombreux, ceux qui ne l’étaient pas du tout et se convertissent. Désarroi identitaire, difficultés sociales, faillite du système éducatif, besoin spirituel, mais aussi facilité, violence et propagande expliquent, entre autres, le phénomène.

Aujourd’hui, l’existence d’un islam français, au sens où l’on peut parler d’un catholicisme, d’un judaïsme ou d’un protestantisme français, s’est imposée. Reste à savoir comment concilier cette religion « clivante » et les valeurs de notre République, qui avait oublié Dieu et n’était donc pas du tout préparée à encaisser une telle confrontation.

VA – Quelles sont les caractéristiques de cette réislamisation ?

Élisabeth Schemla – L’argent est le nerf de toute guerre. Or, les principaux bailleurs de fonds des mosquées et lieux de culte sont l’Arabie Saoudite et le Qatar, deux pays wahhabites parmi les plus fondamentalistes de la planète, esclavagistes et particulièrement violents à l’égard des femmes. Sans parler du terrorisme, ils exportent de façon plus ou moins directe un islam intégriste, une idéologie totalitaire et de piètres imams chargés de les propager.

Pour la plupart, ces hommes ne parlent pas notre langue et se moquent de notre culture ; leur seule mission est de faire du prosélytisme de séparation. Ajoutons la Turquie, dont on parle peu mais qui n’est pas moins active. Cette réislamisation est donc largement islamiste. C’est cette réalité que la gauche, notamment, à l’exception notable de Manuel Valls, se refuse à regarder en face. Elle aime croire qu’il y a, d’un côté, une poignée de terroristes ou de djihadistes et, de l’autre, une masse de « bons musulmans ». Cela me paraît terriblement à côté de la plaque, précise Élisabeth Schemla.

De son côté – hasard providentiel – Mgr Luc Ravel, évêque aux armées, rappelle dans un entretien, qu’il peut être légitime pour un chrétien de prendre les armes (entretien paru dans le mensuel catholique « Il est vivant ! » de mai 2014) :

Mgr Luc Ravel – Dans certaines circonstances, oui, il peut être légitime pour un chrétien de prendre les armes. Soit au nom de la Nation (si le chrétien est mobilisé), soit à l’intérieur de la Nation, en cas de remise en cause du politique dans ses fondements (si l’État devient totalitaire par exemple).

Il est vivant – Mais dans l’Évangile, Jésus prône la non-violence…

Mgr Luc Ravel – Je n’ai jamais lu cela dans l’Évangile. Au contraire, Jésus dit que ce sont les violents qui s’emparent du Royaume de Dieu ! La violence, c’est l’incarnation d’un mouvement de vie qui déborde dans un monde traversé par le péché. C’est une démesure. Certains chrétiens, confondant christianisme et sagesse stoïcienne, pensent qu’il ne faut jamais de démesure. Les saints pensent autrement. Il y a une démesure de l’amour : « La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure » (saint Augustin). La croix est une démesure de l’amour. C’est une violence extrême.

Si on est dans la vie, une vie bien incarnée, il y a de la violence. Dans l’Évangile, il y a des moments où Jésus se met en colère. Ce n’est pas une colère pulsionnelle bien-sûr mais réfléchie. Par exemple, dans l’épisode des vendeurs chassés du Temple : Jésus constate l’objet du scandale et ce n’est que le lendemain qu’il chasse les vendeurs du Temple avec colère. Jésus est venu pour la vie, et pour que nous l’ayons en plénitude. Il est obligé de mettre une force démesurée, la violence, au service de l’amour. Mais une violence maîtrisée, évangélisée, précise Mgr Luc Ravel.

Si maintenant nous (dreuz.info) mettons les propos d’Élisabeth Schemla en parallèle avec ceux de Mgr Luc Ravel, ce qui bien entendu est une démarche intellectuelle politiquement incorrecte, alors face à l’islamisme violent et conquérant, le chrétien peut recourir à la force, au sens où celle-ci demeure une forme de violence maîtrisée. Je dois avouer que cette démarche intellectuelle ne me laisse pas totalement indifférent.

Reproduction autorisée avec mention :

Michel Garroté www.dreuz.info

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