Publié par Michel Garroté le 6 mai 2014

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Michel Garroté, réd en chef — Le film « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? » a déjà dépassé les cinq millions d’entrées. Un succès qui, selon Alexandre Devecchio sur Figarovox, s’explique par le fait que le film répond aux angoisses identitaires des Français (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Le scénario de « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? » repose sur la confrontation entre les Verneuil, couple de bon bourgeois cathos, et ses quatre gendres : le premier musulman, le second juif, le troisième asiatique et enfin le dernier bon catholique, mais noir ! Comme « Intouchables », autre immense succès populaire, le long métrage de Philippe de Chauveron pourrait être interprété comme la métaphore d’une France vieillissante et rance qui aurait besoin des enfants de l’immigration pour se régénérer.

Et si, au contraire, le film disait sur le ton de la comédie, ce qu’Eric Zemmour et Alain Finkielkraut ne peuvent plus exprimer sans déclencher les foudres des justiciers auto-proclamés de l’antiracisme ? Et si l’impressionnant succès du film était justement dû à son absence de tabou ? Le réalisateur nie avoir voulu réaliser un film politique. Mais derrière son apparent formatage, « Qu’est-ce qu’on fait au bon Dieu ? » est peut-être la comédie la plus anticonformiste jamais produite par TF1. Voici pourquoi.

D’abord, loin du pensum tant redouté, le film laisse la repentance et la victimisation au placard, et se distingue par son absence totale de manichéisme. Cible un peu trop attendue, les cathos ne sont pas les « méchants Français de souche » de l’histoire. Certes, ils en prennent pour leur grade, mais les scénaristes ont l’honnêteté de n’épargner personne et surtout pas les minorités. Dans un festival de vannes décomplexées, les cathos se méfient des juifs, qui méprisent les arabes, qui dénigrent les noirs et tous se moquent des chinois ! Comme le dit le personnage incarné par Ary Abittan, « tout le monde est un peu raciste, au fond ».

Effet cathartique garanti : comme dans les meilleures pièces de Molière, le spectateur rit du miroir qu’on lui tend. Les Inrockuptibles y voit une manière de « banaliser sinon le racisme, du moins les propos racistes ». Et pourtant, en préférant les répliques cash aux leçons de morale, « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? » contribue à désamorcer certaines crispations là où 30 ans de discours culpabilisateurs n’ont fait que creuser les ressentiments.

La deuxième bonne surprise du film et probablement l’une des clefs de son succès tient à son patriotisme assumé que certaines critiques ne manqueront pas de trouver désuet, voire réactionnaire. Alors que la plupart des comédies françaises, contaminées par l’esprit Canal, s’emploient à ringardiser une France qui se replierait sur le « village d’autrefois », « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? » apparaît au contraire comme l’éloge discret d’une France traditionnelle et enracinée. Le regard que porte le film sur ses héros, des petits bourgeois de province gaullistes qui aiment la pêche et écoutent Charles Trenet, est parfois amusé, mais toujours bienveillant.

Autre audace, certaines séquences où le rire le dispute à l’émotion, semblent plaider pour un modèle d’assimilation traditionnel loin de tout cosmopolitisme. Ainsi, le soir de Noël, transcendant leur communauté d’origine, les trois gendres entonnent une Marseillaise enflammée avant de se rendre à la messe de minuit, conclut Alexandre Devecchio (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

De son côté, Gérard Brazon, se montre très critique envers ce film (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : « Qu’est-ce que nous avons fait au bon Dieu » réunit tous les clichés antiracistes. « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » sauf pour les « beaufs » ce couple de chrétiens, blanc bien sûr, bourgeois et riches, et bien entendu adepte d’un conservatisme d’élite franchouillarde, forcément dépassé. Bref, des Français moyens comme tous les chômeurs et smicards le savent. Ils ont quatre filles. Les vieux beaufs, catholiques, bourgeois, et franchouillards finissent par se ranger à la doxa bien-pensante.

Les gendres sont sans relief et tous animés d’une grande tolérance pour l’autre. Alléluia mon frère, sur le Coran te dis-je et dans la position du lotus s’il te plaît. Ce qui m’effare, c’est ce flot de discours dithyrambiques sur ce type de films, cet encensement permanent par des journalistes, ces regards convaincus d’avoir vu la vérité, ces réflexions de sorties de cinéma par les spectateurs qui tous, soulignent le rire, l’émotion et jamais n’expriment le fond du film qui est tendancieux, orienté et politique. Qu’attendent donc nos gentils producteurs et réalisateurs, nos aimables et biens pensants acteurs, nos financiers du cinéma subventionnés par les contribuables, pour réaliser des films plus réalistes.

Sans doute parce que les Français seraient en réalité dans la peau des victimes et non dans celle de l’exploiteur, l’ancien colonialiste, l’ancien négrier et j’en passe de ces clichés nauséabonds et donc, ce ne serait plus drôle du tout. Postures et impostures encore. Je refuse de tomber dans ces manipulations dévastatrices. Je conteste cette vision imbécile qui consiste à démolir l’image du Français qui aime son histoire, sa culture et souhaite rester chez lui et continuer à découvrir l’étrange et l’étranger quand bon lui semble, lors de ses voyages ou de ses rencontres voulues et désirées et non pas dans l’obligation culpabilisante, conclut Gérard Brazon (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

Reproduction autorisée avec mention :

Michel Garroté réd en chef www.dreuz.info

Sources :

http://www.lefigaro.fr/vox/culture/2014/05/05/31006-20140505ARTFIG00314–qu-est-ce-qu-on-a-fait-au-bon-dieu-entre-identite-heureuse-et-melancolie-francaise.php

http://www.islamisme.fr/propagande-apres-intouchable-on-a-droit-a-quest-ce-que-jai-fait-au-bon-dieu/


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