Publié par Michel Garroté le 9 juin 2014

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Michel Garroté, réd en chef –- Cette fois, Sarkozy, que je n’aime pas, a dépassé les bornes de la morve et de l’arrogance. Il est venu dans mon pays – la Suisse – pour nous gronder, nous mépriser et nous raconter ce que nous devrions faire et ne pas faire. Non content de s’être fait jeter aux dernières présidentielles dans son propre pays, incapable d’en tirer la moindre leçon, le petit Nicolas Sarkozy vient jusque chez moi pour nous imposer sa légendaire nullité. Décidément, Sarkozy ne change pas et ne changera jamais.

Emmuré dans le déni, l’autiste Sarkozy se voit réduit à donner des leçons de politique hors de son pays. Comble de l’insolence, il exige qu’il n’y ait aucune question sur la politique intérieure française lors du débat dans lequel il dénigre et rabaisse la Suisse. Lui peut nous cracher dessus. Mais nous n’avons même pas le droit de lui poser la moindre question sur son propre pays. De mémoire, aucun président étranger ne nous avait infligé une telle muflerie.

Nico chez les Helvètes

En effet, lors du récent Swiss Economic Forum d’Interlaken, dans le canton de Berne, en Suisse,l’ancien président suisse Adolf Ogi a renvoyé Sarkozy à ses études (extraits ; lien en bas de page). Les exigences formulées par Sarkozy avaient manifestement déjà un brin agacé les organisateurs. La secrétaire de Sarkozyavait ordonné qu’il n’y ait ni aucune question sur la politique intérieure française.

One-man-show de Sarko

Ce qui devait être un débat premier débat a tourné au one-man-show. Sarkozy a fait son numéro. Il s’est imposé, donnant le spectacle qu’il voulait donner.

Moi aussi, j’ai été président!

Puis une rencontre était prévue avec des personnalités et sponsors. Une vingtaine de personnes. Là, Adolf Ogi ne souhaitait pas que Sarkozy kidnappe de nouveau l’événement. Il a tenu à mettre les points sur les i d’emblée : «En tant que président du Forum, je devais m’assurer que tout se passe bien. Monsieur le président, lui ai-je dit, je ne suis pas journaliste. Je ne souhaite pas entrer dans le petit jeu des questions-réponses. Comme vous, je suis un ancien président. Un ancien président qui avait des relations privilégiées avec vos prédécesseurs, M. Mitterrand comme M. Chirac ».

Adolf Ogi souhaitait indiquer qu’il y avait un pied d’égalité à respecter. Et il a donné la parole à Sarkozy. Qui en a bien profité. Sarkozy s’est mis à expliquer que la Suisse devait entrer dans l’Union européenne. Qu’un pays ne peut pas être gouverné par un président qui change chaque année. Ou que notre système avec sept conseillers fédéraux est inefficace, désuet. «Il est allé trop loin. Il fallait dire stop. Je l’ai interrompu », relate Adolf Ogi.

«Je ne laisse pas passer»

Estime-t-il que Sarkozy a manqué de respect à la Suisse? «Si vous posez la question de cette manière, je me dois de répondre oui. Si une personne se montre irrespectueuse envers notre pays, je ne laisse pas passer. C’était le cas lorsque j’étais au Conseil fédéral. C’est toujours le cas aujourd’hui. Et ce le sera demain ».

Ogi a alors rappelé la richesse de la Suisse, ses quatre cultures, ses 26 cantons, ses plus de 160 ans de paix. Et que la Confédération reste pour beaucoup un exemple de ce que l’Union européenne essaie en vain de recréer.

Sur le fond, Ogi entendait démontrer que la «petite» Suisse n’a à courber l’échine devant personne : «J’ai toujours exigé de mes interlocuteurs – y compris les plus puissants – le même respect que je leur accordais. Oui, la Suisse ne doit jamais se laisser marcher sur les pieds. Nous devons discuter d’égal à égal avec tout le monde ».

Reproduction autorisée avec mention :

M. Garroté réd chef www.dreuz.info

Source :

http://www.lematin.ch/suisse/adolf-ogi-cloue-bec-sarkozy/story/28988414


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