Publié par Jean-Patrick Grumberg le 6 juin 2014
George Brandis
George Brandis

« Des territoires faisant l’objet de négociations ne devraient pas être décrits dans un langage chargé d’un jugement de valeur négatif », a déclaré le procureur général d’Australie, George Brandis au nom du gouvernement australien.

Le gouvernement Abbott australien a supprimé le terme « occupé » pour décrire les implantations israéliennes à l’est de Jérusalem, marquant un changement de politique étrangère de l’Australie.

Le gouvernement a publié un communiqué, hier jeudi 5 juin, pour clarifier sa position sur la question controversée de la légalité des implantations, après que la déclaration de Brandis a déclenché une discussion animée lors des auditions du Sénat la veille au soir.

Le procureur général, George Brandis, s’exprimant au nom du ministre des affaires étrangères Julie Bishop, a expliqué que cela « n’aidait pas » de se référer aux évènements du passé pour décrire la région, du fait des négociations de paix en cours au Moyen Orient.

« La description de l’est de Jérusalem comme ‘occupée’ est un terme chargé d’implications négatives qui ne sont ni appropriées ni utiles, » a déclaré Brandis lors de l’audition au Sénat.

« Nous ne devrions pas, et cela ne sera pas la position du gouvernement australien de décrire des territoires faisant l’objet de négociations dans un tel langage si chargé de connotations négatives. »

Brandis a déclenché un débat houleux, la veille, en affirmant qu’aucun gouvernement australien, quelque soit sa tendance politique « ne doit approuver ou accepter » l’utilisation du mot occupé.

Un certain nombre de sénateurs ont désapprouvé, rappelant que l’Australie a voté les résolutions de l’ONU en 2011 et 2012 où un tel langage était utilisé pour décrire les constructions situées à l’est de Jérusalem.

Le sénateur indépendant Nick Xenophon, parmi d’autres, suggéra que l’abandon du terme représentait « un changement majeur » dans la politique étrangère australienne.

Le ministre des affaires étrangères, Julie Bishop, avait soulevé l’attention, en janvier, lorsqu’elle avait demandé « quelle loi internationale a déclaré les implantations israéliennes illégales » : la réponse, qui dérange, est qu’il n’en existe aucune, les résolutions de l’ONU n’ayant aucune valeur légale.

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A cette remarque d’ordre juridique, s’ajoute un élément d’ordre politique.

L’observations des résolutions de l’ONU vis à vis d’Israël fait ressortir une tendance constante des Nations unies. De tous les pays du monde, Israël est celui qui fait l’objet du plus grand nombre de condamnations.

Rapporté au nombre de morts dans les différents conflits mondiaux, force est de constater que les résolutions de l’ONU sont plus dictées par la politique que par sa mission humanitaire :

  • Les conflits au Nigéria ont fait 1 million de morts : le pays n’a reçu aucune condamnation de l’ONU.
  • Corée du Nord, 2 millions de morts : 10 condamnations,
  • Soudan, 2.25 millions de morts : 45 condamnations,
  • Cambodge, 3 millions de morts : 14 condamnations,
  • Chine, 65 millions de morts : zéro condamnations,
  • Israël, 46 000 morts : 223 condamnations.

Que dire de plus…

Comparaison nombre de morts - sanctions ONU

En novembre 2013, sans remue-ménage, le gouvernement Abbott avait exprimé son opposition à une nouvelle résolution des Nations unies ordonnant la fin « de toutes les activités d’implantations dans tous les territoires occupés. »

Mme Bishop, suite à ce vote, lors d’une interview pour un journal israélien, posa la question de savoir si les constructions [d’immeubles] en Judée Samarie sont illégales.

Le débat du Sénat monta d’un cran lorsque le sénateur des Verts, Lee Rhiannon utilisa de façon insistante les termes « Jérusalem Est occupé » dans ses questions.

En réponse, le sénateur Brandis lui rétorqua que le mot  »occupé » était un jugement portant sur les négociations de paix en cours entre les Israéliens et les Palestiniens.

 »la description tendancieuse utilisée par le sénateur Rhiannon . . . n’est pas la description utilisée par le gouvernement, » a-t-il sèchement répondu.  »Je n’ai pas d’opinion sur le sujet. Je me contente de corriger l’utilisation d’un terme inexact par le sénateur Rhiannon, qui préjuge de l’issue du dossier sur lequel elle pose des questions. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Source : http://www.theguardian.com/world/2014/jun/05/australia-drops-occupied-israeli-settlements

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