Publié par Michel Garroté le 18 juin 2014

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Michel Garroté, réd en chef –- Je ne pense pas que le conflit entre Jean-Marie Le Pen et sa fille soit un simple incident familial. Je pense, au contraire, que ce conflit est un conflit typiquement frontiste. Tout au long de son histoire, le Front National a connu des guerres intestines, des ruptures fracassantes, des exclusions à répétition et des départs volontaires tonitruants. Les guerres intestines sont l’une des « marques de fabrique » du FN. C’est son côté gaulois, tribal, indigène et parfois primitif.

Au-delà du conflit entre le père et la fille, il s’agit, en ce moment, d’un conflit entre deux tendances, deux courants : le courant qui vise la présidence de la République en 2017 ; et le courant qui veut rester dans l’opposition, dans la contestation permanente. A cet égard, je ne suis pas certain que Marine Le Pen ait réellement envie de devenir présidente de la République.

Car cela lui retirerait tout ce qu’elle a été depuis toujours : une femme membre de la dynastie familiale régnant au sommet du parti et une militante imprégnée par la vocation du parti à contester et à ne faire que cela. Le fait que le FN ait des députés au Parlement européen n’est pas nouveau. Le fait que des membres du FN soient actifs dans les conseils de régions et au niveau municipal n’est pas non plus quelque chose de nouveau.

Ce qui serait nouveau, c’est que Marine Le Pen soit élue présidente de la République en 2017. Non seulement je ne suis pas certain que Marine Le Pen ait réellement envie de devenir présidente de la République ; mais je ne suis pas certain non plus que le Front National ait envie de se retrouver à la Présidence, au Gouvernement et à l’Assemblée nationale.

A ce propos, je lis avec un certain amusement qu’après le bras de fer suscité par ses propos controversés, Jean-Marie Le Pen s’en prend une nouvelle fois à sa fille Marine (extraits ; lien en bas de page) : pour lui, la force du Front National est de rester différent. Jean-Marie Le Pen ne rend pas les armes. En témoigne sa dernière attaque dans Paris Match. Pour lui, Marine Le Pen « a tort de chercher l’approbation, ou pire, la bienveillance du système médiatico-politique ».

Cette fois-ci, Jean-Marie Le Pen met Marine en garde : « Si elle s’affadit et rentre dans le moule, elle signe sa perte », avertit-il, lui, pour qui le FN n’est « pas là pour obtenir des députés ou des médailles, mais pour dire tout haut ce que personne n’ose dire. Rester différent, c’est ce qui fait notre force. Le FN est arrivé en tête aux élections européennes, justement parce qu’il n’est pas comme les autres », raconte Le Pen père.

« Je n’ai jamais cherché à faire un FN qui aurait incarné une droite un peu plus dure, un peu plus hard que celle qui existe déjà. Nous devons rester à part. Garder notre identité propre. L’extrême ne me fait pas peur », insiste-t-il.

Des propos qui montrent bien que deux lignes s’opposent dans ce conflit politico-familial: celle de la dédiabolisation engagée par Marine Le Pen, qui vise à conquérir le pouvoir, d’abord au niveau local, puis national avec en ligne de mire la présidentielle de 2017 ; et celle de Jean-Marie Le Pen, qui loin de vouloir grimper sur la plus haute marche, cherchait surtout en son temps à tenir son rôle de trouble-fête.

« Marine peut gagner en 2017 », assure Jean-Marie Le Pen. Et il voit leur dispute comme « un accident de parcours. Une crise de croissance. Une querelle comme il en existe dans toutes les familles » (fin des extraits ; lien en bas de page).

Reproduction autorisée avec mention :

© M. Garroté réd chef www.dreuz.info

Source :

http://www.lefigaro.fr/politique/2014/06/18/01002-20140618ARTFIG00110-pour-jean-marie-le-pen-marine-a-tort-de-chercher-l-approbation-des-medias.php

   

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