Publié par Pierre Lurçat le 6 juin 2014

L’éditorial du Monde des Livres signé Jean Birnbaum et consacré au dernier livre du politologue Pierre-André Taguieff, Du diable en politique : Réflexions sur l’antilepénisme ordinaire* mériterait sans doute d’être traité par l’indifférence et le mépris, si l’on ne savait quelle influence ce journal réputé « sérieux » possède encore en France et ailleurs, à l’ère de la crise de la presse écrite et de l’essor d’Internet que nous vivons actuellement, pour le meilleur et pour le pire.

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(J’ai personnellement compris combien des gens honnêtes et des esprits libres pouvaient être abusés par la lecture quotidienne de certains journaux, en parlant avec mon oncle, Menahem Giladi z.l., militaire de carrière et colonel de Tsahal à l’intelligence exceptionnelle, qui commençait invariablement sa journée, étant retraité, dans la maison d’Herzéliya Pituah où il a habité pendant plus de 50 ans, par la lecture très indigeste du journal Ha’aretz).

Le Monde, comme Ha’aretz, appartient à la même famille de journaux que l’ancienne Pravda : on y trouve parfois des articles intéressants, mais on ne saurait les lire sans se poser, à chaque ligne, et même entre les lignes, la question suivante : « ne suis-je pas victime, à mon insu, de désinformation ? ». (Ce n’est pas sans raison qu’un Collectif contre la Désinformation, dont je fus jadis l’instigateur, avait décerné au journal Le Monde et à sa correspondante Mouna Naïm le « Prix Goebbels de la Désinformation »).

(Photo Irène Elster)
(Photo Irène Elster)

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Car ce que Jean Birnbaum tente de faire, dans son méchant petit éditorial, c’est ni plus ni moins que de discréditer définitivement, en quelques lignes écrites à la va-vite, l’un des auteurs les plus prolixes de la scène intellectuelle française, historien des idées et auteur de nombreux ouvrages importants sur des sujets aussi variés que la judéophobie, l’islamisme ou le racisme.

En accusant Taguieff de « laver le FN de sa mauvaise réputation », Birnbaum montre non seulement qu’il n’a rien compris à son livre (ou, pire, qu’il ne l’a même pas lu !). Il démontre aussi, par l’absurde, la véracité et la pertinence des thèses exposées par Taguieff dans son livre : ceux qui ont fait le lit du parti de Jean-Marie Le Pen et de sa fille ne sont pas, comme l’affirme l’éditorialiste du Monde, les « intellectuels qui dédiabolisent le FN ».

Ce sont, au contraire les journalistes, les politiciens et les militants de gauche et d’extrême-gauche (et parfois de droite aussi) qui ont empêché toute analyse sérieuse du phénomène Le Pen, en substituant à l’analyse politique la démonisation et la reductio ad hitlerum de l’adversaire. Ce faisant, ils ont réduit jusqu’à la peau de chagrin l’espace de réflexion, au sein du paysage politique français et ont remplacé l’analyse par l’invective, comme l’illustre à merveille l’éditorial de Jean Birnbaum.

© Pierre Itshak Lurçat pour Vu de Jérusalem

NB Pour en savoir plus sur le contenu de l’ouvrage passionnant de P.A. Taguieff, je renvoie à mon article paru ici, et aux bonnes pages publiées sur le site iphilo.

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