Publié par Jean-Patrick Grumberg le 19 juillet 2014

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La préfecture de police de Paris a interdit la manifestation « pro-palestienne » prévue aujourd’hui à Paris, après les agressions de dimanche dernier contre deux synagogues et dans les quartiers juifs.

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« Les conditions pour que le projet de manifestation prévu demain à Paris se déroule en toute sécurité ne sont aujourd’hui pas réunies », a indiqué la Préfecture.

« Au vu des risques graves de trouble à l’ordre public qu’engendrerait sa tenue dans un contexte de tension accrue, le préfet de police a décidé d’interdire la manifestation prévue demain entre Barbès et la place de l’Opéra ».

N’en déplaise aux brouilleurs d’ondes juifs (résonne encore en moi les déclarations de Roger Cukierman du Crif et de Moshe Kantor du Congrès juif européen qui dénoncent que le danger vient de l’extrême droite), l’extrême gauche était aux cotés des arabo-musulmans qui hurlaient « Hitler avait raison », dans les manifestations. Pas l’extrême droite traditionnellement amalgamée aux socialistes nationaux (nazis) allemands.

Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a dit les choses telles qu’elles sont réellement, fait rarissime à gauche qu’il convient de saluer : « L’antisémitisme ne peut parler une seconde fois. » Certes, il n’a pas osé dire que cet antisémitisme est arrivé dans les valises d’une immigration venant de populations de pays antisémites.

Il a justifié l’interdiction par les propos « intolérables » et les « actes violents » de dimanche.

« La république n’est pas compatible avec la haine. La République n’est pas compatible avec la xénophobie. L’antisémitisme ne peut pas parler une seconde fois parce qu’on sait ce à quoi il a abouti », a-t-il dit, en contraste criant avec une presse et des personnalités de gauche qui se sont efforcées de minimiser ou de relativiser le pogrom avorté, dimanche dernier, à la synagogue de la Roquette, quand ils n’ont pas tout simplement accusé les Juifs de l’avoir provoqué – un autre relent historique.

A gauche, ceux qui pensent plus loin que le bout de la burqa se réjouissent aussi de cette interdiction, car les manifestants de dimanche dernier, en hurlant un « mort aux juifs » qu’ils feignent de ne pas avoir entendu, ont désintégré la fine membrane qui séparait antisionisme et antisémitisme, et que Dieudonné avait percée.

Il aura fallu vingt ans aux idéologues, aux Pascal Boniface, aux Daniel Mermet, pour soigneusement sculpter le concept antisioniste, et une seule attaque contre la synagogue de la Roquette pour le faire exploser. Salope de réalité, si puissante à détruire les mythes.

Aujourd’hui samedi 19 juillet, alors que Tsahal est entré dans Gaza pour nettoyer la vermine terroriste islamiste, ils vont « monter à Paris pour casser du juif. »

« monter à Paris pour casser du juif »

Habitués au laxisme des pouvoirs publics et assurés d’une impunité taubiresque, les appels explicites, sur Twitter et Facebook à « monter à Paris pour casser du juif » se diffusent depuis vendredi comme une traînée de poudre prête à exploser.

Sur Facebook, de nombreux commerces juifs de la capitale s’attendent, même s’ils sont fermés pour shabbat, à une « nuit de cristal » parisienne en plein jour.

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La police ne pourra pas se poster devant chaque vitrine, chaque synagogue, chaque rue des quartiers à forte population juive comme le 19e où le Marais – Neuilly et le 16e seront épargnés : les islamistes ne sont pas tous stupides.

Des messages de Juifs qui ont peur, qui disent qu’ils n’iront pas à la synagogue ce samedi circulent aussi, brouillés par l’intox de faux messages. En 2014, la SS nouvelle porte keffieh.

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Hosni Maati, avocat des organisateurs de la manifestation a déclaré lors d’une conférence de presse que l’interdiction de manifester (en hurlant des appels à tuer des juifs) « s’oppose à une liberté fondamentale. »

Il a raison, c’est notamment une atteinte à la liberté d’expression. Mais il vit dans un pays où la liberté d’expression est très limitée – il a du rater quelques cours de droit s’il l’ignore.

Alain Pojolat du NPA, un des organisateurs de la manifestation qui n’a jamais été dérangé par l’appel à chasser les Juifs de Palestine mentionné dans la charte du Hamas, a mis en garde : « Compte-tenu de l’escalade à Gaza, la colère est très grande et va vouloir s’exprimer. Que la manifestation soit autorisée ou non, il va y avoir des centaines ou des milliers de jeunes qui vont converger vers Barbès samedi. »

Les mensonges qui préparent les titres de presse sont lâchés : la colère, les jeunes, l’expression de la colère : novlangue d’extrême gauche pour « casser du juif ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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