Publié par Les amis de Rachel Franco le 30 juillet 2014

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Il est 3 h 20 et le jour ne s’est pas encore levé sur Israël. Je ne réussirai plus à me rendormir.

La sirène de guerre nous a jetés hors de nos lits à 2 h 30 et en moins d’une minute, nous étions déjà dans l’abri de notre maison. Il y a quelques années, pas si lointaines, nous appelions cet abri la « la pièce Saddam Hussein ».

Les noms changent, les visages changent, mais le danger, la haine antisémite et la terreur contre mon peuple ne changent pas.

La sirène a retenti entre autres, dans les villes suivantes : Ashkelon, Ashdod, Ashdod, Kiriat Malakhi, Gan Yavne, Guedera, Ramle, Shoham, Lod, Rehovot, Rosh Ayin, Rishon le Tsion, Tel Aviv, Holon, Bat Yam, Yavne, Nes Tsiona.

Je n’ai pas le droit de me plaindre ; je n’habite pas le sud du pays et je ne vis donc pas sous la menace constante de la mort qui plane dans le ciel.

Noam, mon petit fils à un peu plus de trois ans ; depuis que la guerre a commencé, il refuse de rester seul dans une pièce ; il interroge chaque bruit et nous demande si c’est la « couleur rouge », nom donné aux sirènes de guerre qui soudain, vous arrachent de la vie quotidienne pour le cas où nous oublierions que la guerre, contre Israël, c’est ici et maintenant.

Noam ne joue pas avec des épées ou des pistolets. Son monde est habité par Blanche-Neige et les sept nains, par Samy le pompier qui se précipite pour éteindre les feux destructeurs et sauver les enfants et toute autre personne qui se trouve en détresse.

Mais depuis qu’il connait les sirènes de la guerre, il ne dort plus dans son lit, refuse de rester seul dans une pièce sans la présence d’un adulte, s’inquiète au bruit le plus anodin et ne s’endort que sur sa mère, en tenant dans ses deux petites mains, deux petits marteaux en plastique.

Seul, il a imaginé que le marteau de son jeu de construction, et celui de son déguisement de Samy le pompier ressemblent à la pioche de travail que les nains portent sur l’épaule lorsqu’ils reviennent de la mine des diamants ; seul il a compris que ce qui sert à construire et à travailler peuvent aussi servir à se défendre contre le danger.

Il exige aussi que le drap le recouvre entièrement, comme si le seul fait de ne pas être vu permettait de se faire oublier du danger, et il ne réussit à s’endormir que de cette manière, couché sur le corps de sa mère.

Je ne me plains pas. Nous habitons à une minute trente du lancer des roquettes du Hamas. Nos sœurs et frères, nos parents et amis n’ont que quinze minuscules secondes pour se mettre à l’abri. Ce n’est même pas le temps de réaliser que la mort peut nous prendre maintenant. Combien d’enfants israéliens sont nés dans cette réalité de la menace incessante du Hamas ? Qui s’en soucie en Europe ? Qui réalise ce que cela signifie au jour le jour ? Qui s’en souvient à l’heure où nous prenons les armes pour nous défendre ?

Les noms des soldats morts dans la seule journée d’hier ont été publiés. Mon époux a cru lire le prénom et le nom du fils de l’un de nos amis : le même prénom et presque le même nom de famille… sauf pour l’une des lettres ; une lettre a fait la différence. J’ai crié : Non ! Non ! Non ! Juste avant qu’il ne s’aperçoive de son erreur et que je réussisse à me calmer. Pour quelques instants seulement, mon cœur s’est effondré ; je ne peux oublier que cet effondrement a atteint d’autres familles à jamais endeuillées.

Nous connaissons tous des jeunes de vingt ans, partis défendre notre terre et notre peuple, nous vivons tous dans l’inquiétude des mauvaises nouvelles et chacun d’entre eux qui meurt pour nous, est l’un de nos enfants et chaque parent endeuillé nous brise le cœur.

Le fils de nos amis est donc l’un, parmi tant d’autres que nous connaissons également, qui servent dans une unité d’Élite à Gaza. Je sais les pensées et les angoisses d’Anat et de Mony, ses parents.

Anat et Mony et leurs quatre enfants habitaient à Élie Sinaï avant qu’ils ne soient expulsés de leurs maisons, suite au retrait unilatéral et sans condition de la bande de Gaza par Israël. Qui s’en souvient aujourd’hui lorsque les moutons verts et leurs amis sans cervelle hurlent qu’il faut libérer Gaza ?

Après avoir vécu durant plus d’une année dans une tente de secours près d’Ashkelon, temps durant lequel Anat a souffert dans sa propre chair de la maladie du crabe, ils ont fini par louer une petite maison au kibboutz Karmia. Tout le monde sait ici, en Israël, que ce kibboutz est en première ligne et que là-bas les sirènes de guerre ne cessent de déchirer votre vie.

Plusieurs fois, j’avais proposé à nos amis de venir reprendre des forces chez nous le shabbat, et il y a seulement une semaine qu’ils ont fini par craquer et sont venus chez nous.

Dès les premières minutes où Anat s’est assise près de moi, elle « s’est lâchée » et m’a racontée l’insupportable d’une vie égrenée par les sirènes de mort. Je ne saurai pas vous redire, excusez-moi.

Durant ce Shabbat, la sirène de guerre n’a d’ailleurs retenti que deux fois, dont l’une alors que nous étions autour de la table de joie, un véritable luxe pour nos amis.

Comme nous le disons en hébreu, l’un de leurs fils, « Eliav est dedans », c’est dire qu’il est au cœur de la fournaise ; grâce au ciel, il n’est pas l’un des soldats de la liste publiée ce matin, mais d’autres sont tombés, d’autres fils ont été arrachés à leurs parents, d’autres sont morts au combat devant un ennemi dont la cruauté ne ressemble à rien d’imaginable pour un esprit normal, un ennemi qui sacrifie son peuple, ses femmes et ses enfants juste pour gagner la guerre des images terribles que nous recevons, face à un Israël diabolisé par une presse idiote et dangereuse pour les Juifs et Israël.

On ne dira jamais assez que Tsahal est la seule armée au monde à prévenir les civils avant toute attaque, afin qu’ils se mettent à l’abri, car notre guerre est contre le Hamas et non contre les Palestiniens.

On ne dira jamais assez que Tsahal est la seule armée au monde à avoir monté un hôpital tout près de sa frontière, afin de recevoir les civils palestiniens et les soigner dans de bonnes conditions.

Qui sait d’ailleurs que de très nombreux blessés syriens sont soignés dans les hôpitaux israéliens du Nord ? Qui le dit ? Personne. Silence radio, ne rien dire qui puisse dédiaboliser Israël !

On ne dira jamais assez que le Hamas vise délibérément cet hôpital destiné à soigner les leurs et qu’il interdit aux civils de se mettre à l’abri ou de quitter les zones de combat, espérant ainsi augmenter le nombre des victimes et gagner la guerre médiatique.

Ils n’ont pourtant pas besoin de ces sacrifices humains, les médias leur sont acquis de toute façon, quoi que fasse Israël.

Non, on ne le dira jamais assez, puisque ces médias ne disent rien de l’essentiel, mais se précipitent pour être les porte-paroles du Hamas, sans honte, sans retenue aucune.

La guerre contre le Hamas est une guerre totale comme toute guerre qui doit être menée contre le terrorisme. Ils ne laissent pas d’autre choix et si Diable il y a… il a le visage de ces terroristes, que l’on ne voit d’ailleurs jamais dans les reportages télévisés comme si Gaza n’était habité que par des civils, des femmes et des enfants qui se font bombarder par les méchants Israéliens. Qui pose des questions ? Qui le remarque ? Qui ose en parler à visage découvert à Gaza ? Attention, danger !

On ne dira jamais assez que les journalistes qui officient à Gaza ne peuvent dire la vérité de ce qu’ils voient sur le terrain, car eux ou leurs familles, amis seraient assassinés.

Ont-ils seulement dit qu’on interdisait à certains d’entre eux de quitter Gaza, alors qu’Israël était prêt à les accueillir avant que ne démarrent les hostilités ?

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Ont-ils dit que les enfants de Gaza étaient utilisés par le Hamas pour déblayer les tunnels ? Ont-ils dit combien de ces enfants sont morts dans ces tunnels ? La parole commence à peine à se délier à Gaza, mais le mal est fait : Israël reste sur le banc des accusés.

Silence, on tourne ! Aucun de ces reportages biaisés ne viendra clarifier une situation de guerre d’une grande complexité et d’un cynisme inouï.

Non, les journalistes ne diront pas ce que tout le monde sait et qu’Israël hurle depuis des années : le Hamas utilise femmes et enfants comme boucliers humains et c’est intentionnellement qu’ils cachent leurs réserves de roquettes et autres armes dans les écoles, les hôpitaux, les mosquées et en tout lieu où est concentrée une grande population civile.
Les belles âmes sont-elles cette fois-ci allées manifester contre le Hamas, dont les roquettes sont tombées sur un hôpital de Gaza faisant de nombreux morts parmi les enfants ?

Silence, on tourne ! Si les juifs sont absents du scénario, cela n’intéresse personne ; ce qu’ils veulent, ce sont des passions violentes ou ils peuvent vomir leur haine antisémite.

Il est 4.30 h du matin. Je ne réussirai plus à me rendormir. Le jour ne s’est pas encore levé sur mon beau pays ; mon peuple doit aussi s’armer de patience ; bientôt l’aube étendra son rayon de lumière blanche et l’Éternel qui veille sur nous et déroute tant et tant de roquettes  de leurs trajectoires sinistres, nous gardera du Mal tapi aux portes de nos frontières.

Il ne dort ni ne sommeille le Gardien d’Israël, béni soit-il !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Rachel Franco, depuis Israël pour Dreuz.info.

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