Publié par Michel Garroté le 13 août 2014

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Michel Garroté, réd en chef  –-  Depuis janvier 2011, et, plus encore, maintenant, en août 2014, les géopoliticiens européens, à quelques rares exceptions près, s’avèrent totalement incapables de prévoir ce qui pourrait se passer en terre d’islam. Non pas qu’avant janvier 2011, ils savaient prévoir ce qui pourrait se passer en terre d’islam. Mais depuis janvier 2011, leur incapacité à prévoir ce qui pourrait se passer en terre d’islam est devenue flagrante (dernier exemple en date : EIIL et son Califat génocidaire dans le nord de l’Irak).

Ce qui ne les empêche nullement de raconter – encore et toujours – les mêmes âneries, comme ils le font en ce moment à propos de l’Irak. J’ai écrit en quoi les Républicains américains n’étaient pas et ne sont toujours pas responsables de la situation irakienne, y compris de la situation irakienne actuelle (Chaos en Irak – Ce n’est pas la faute aux Américains).

A ce propos, qui se souvient aujourd’hui de la guerre Iran-Irak, qui dura huit ans, de 1980 à 1988, et, qui causa un million de morts ? La vérité, difficile à entendre, c’est que la guerre entre sunnites irakiens et chiites iraniens, de 1980 à 1988, a constitué, pour les Chrétiens d’Orient et pour Israël, une période de répit. Dès lors, j’avoue ne pas comprendre la psychose collective qui – en ce moment – semble envahir les cerveaux de ceux qui commentent la situation irakienne.

Car ce qui fait froid dans le dos, ce n’est pas la situation irakienne en elle-même. Ce qui fait froid dans le dos, ce n’est pas non plus les conflits cantonnés à l’Irak et à la Syrie. Ce qui fait froid dans le dos, c’est que le djihad mondial, malgré ses divisions, sévit, frappe, sévira davantage et frappera bientôt encore plus fort, en Irak, en Syrie, en Iran, au Liban, au Nigeria, au Kenya, en Turquie, au Mali, au Pakistan, en Afghanistan, en France, en Belgique, etc.

Ce qui fait froid dans le dos, c’est que la Chrétienté d’Orient risque de disparaître définitivement en Afrique et au Moyen-Orient. Ce qui fait froid dans le dos, c’est qu’Israël est soumis à des menaces existentielles sans précédent depuis 1948. Ce qui fait froid dans le dos, c’est qu’Obama et l’Union européenne sont en pleine dhimmitude. Alors qu’il existe une stratégie (que je résume ci-dessous en cinq points) à mettre en place face au djihad mondial.

Primo, il faut cesser d’appréhender, d’une part, l’islam en terre d’islam ; et d’autre part, l’islam en Occident. Car il s’agit, dans les deux cas, du même islam et du même coran. Les discours islamophiles d’Obama et de l’Union européenne, ne changeront rien à cette réalité. Ce à quoi nous sommes attachés, c’est la protection des Chrétiens en terre d’islam ; la sécurité d’Israël ; l’accès au pétrole.

Secundo, en Occident, l’islam doit respecter l’ordre constitutionnel et laïc. Les zones de non-droit sont à remettre au pas, par la force légale et par le droit.

Tertio, l’alliance de l’Occident avec tel ou tel pays musulman, cette alliance doit être considérée comme une alliance tactique à court terme, même si elle est renouvelable pendant un certain laps de temps (exemple : le soutien actuel aux Kurdes en Irak).

Quarto, l’Occident doit admettre, une bonne fois pour toutes, que l’islam est imprévisible ; et que par conséquent, la stratégie globale à moyen et long terme de l’Occident, face à l’islam, reste, essentiellement, un ensemble de tactiques à court terme, modifiables à tout instant.

Quinto, l’Occident a tout intérêt à maintenir un équilibre des forces entre islam sunnite et islam chiite. Et si les deux branches de l’islam, la branche sunnite et la branche chiite sont en guerre, l’Occident doit apprendre à en tirer profit. Car le temps que ces deux branches consacrent à se combattre signifie un temps de répit pour l’Occident.

Cette stratégie en cinq points ne poserait aucun problème à l’Occident, s’il s’agissait de l’appliquer à une forme contemporaine de fascisme ou de national-socialisme. Il n’y a donc aucune raison de ne pas appliquer cette stratégie au monde musulman, ou, plus exactement, à ses régimes et ses organisations les plus extrémistes au plan religieux, aussi longtemps le monde musulman restera un monde porteur de djihad, cette nouvelle guerre mondiale dont l’Occident n’ose pas prononcer le nom.

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© Michel Garroté réd en chef  www.dreuz.info

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