Publié par Jean-Patrick Grumberg le 10 septembre 2014

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Ainsi donc, il existe un nouveau courant d’hostilité envers Israël parmi les marginaux de la communauté juive de gauche, le « contre-sionisme ».

Ils ne sont pas antisionistes, ils sont hostiles au sionisme, au départ des Juifs vers Israël, ce qu’on appelle l’aliyah.

L’un deux s’appelle Laurent-David Samama, et pour critiquer le départ des Juifs, il n’a rien trouvé de mieux que publier dans le quotidien juif Forward un article intitulé « Juifs français, s’enfuir en Israël n’est pas la réponse », coincé entre une publicité pour investir en Israël et celle de l’Agence juive ! Ca dispense l’honnête homme de lui répondre…

Voici comment il expose ses convictions (et son propre naufrage) :

« L’Arche [magazine juif] commençait à se concentrer de plus en plus sur Israël. Il avait lentement perdu son identité socialiste, » explique Samama qui en devint rédacteur en chef pour déraciner cette pensée subversive, et remettre la revue dans le droit chemin idéologique.

Très vite, le magazine fit faillite.

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C’est parce que « les lecteurs refusèrent absolument le changement » explique-t-il, du fait « qu’ils étaient, et malheureusement sont toujours, inondés d’informations biaisées venant de blog et de [deux] sites non professionnels : Dreuz.info et JSS News.com. »

Dreuz et JSS News auraient donc coulé l’Arche, car nous aurions inondé les lecteurs, et la communauté juive, d’informations biaisées. Je n’avais pas conscience que les Juifs de France buvaient les paroles de Dreuz, un média certes pro-israélien, mais chrétien !

Je passe sur l’affront de l’ex-rédacteur en chef à ses ex-lecteurs, regrettant en filigrane d’avoir donné de la confiture à ces cochons de lecteurs, qui à la bonne parole socialiste de l’Arche ont préféré l’information biaisée de nos sites non professionnels. Les lecteurs de l’Arche jugeront.

Au delà, le constat de ce grand homme de presse qui vomit son dégoût pour le monde libre que nous incarnons, appelle plusieurs remarques. (Je crois hélas que Laurent-David Samama n’en comprendra aucune.)

La première, probablement celle que Samana comprendra le moins, est que la critique est aisée mais l’art est difficile. Samama peut s’époumoner que nous ne sommes pas compétents dans notre métier. S’il avait compris que ce sont les lecteurs qui valident le succès ou l’échec et font ou défont un média, alors que Dreuz et JSS ne cessent de développer leur audience, il n’aurait peut-être pas plombé l’Arche. Que voulez vous, à gauche, on n’a toujours pas détecté que le petit peuple -le lecteur – est pourvu de bon sens.

La seconde est qu’en matière de professionnalisme, je renvoie le grand professionnel à l’enquête annuelle du quotidien La Croix sur les médias.

Il lira que,

– Les journalistes sont classés à gauche (47%) voire très à gauche (39%) par les français, et pour cela, ils sont considérés comme éloignés des réalités (89%).

– Et que « Internet est plébiscité comme le média le plus indépendant (94%) et respectant le plus la liberté d’expression (75%) ».

Samama devrait également lire le sondage Ipsos-Steria pour Le Monde et France Inter, qui révèle la grande défiance des Français à l’égard des grands professionnels que nous ne sommes pas : 77% des Français n’ont pas confiance dans les médias.

Alors oui, je veux bien, je revendique même, une grande fierté à travailler pour un média « non professionnel » selon ses critères.

Car à tout choisir, je préfère la critique d’UN Samama qui n’a pas confiance et pense que nous diffusons une information biaisée – c’est son droit le plus strict, que la place de Samama et de ses confrères, dont j’imagine la déprime et le moral dans les talons, avec 77% de Français qui ne leur font pas confiance, et 89% qui trouvent qu’ils sont éloignés des réalités.

Et j’ajoute : être critiqué comme non professionnel par un journaliste de gauche, c’est mieux qu’une médaille, mieux qu’une reconnaissance, mieux qu’un encouragement, c’est un homage à notre ligne éditoriale.

Mais comme Samama ne comprendra pas ce que j’écris, je vais tenter une façon différente :

« Si Samama approuvait ce que Dreuz publie, alors oui, je serais furieux, car j’aurais l’impression de travailler pour un média qui ne fait pas son métier. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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