Publié par Michel Garroté le 24 septembre 2014

President Obama Delivers Remarks On Emergency Unemployment Insurance

Michel Garroté, réd. Chef — La société américaine ne comprend pas le scénario de politique étrangère proposé par Obama, écrit le journaliste Richard Cohen dans une tribune publiée mercredi par le Washington Post. L’analyste note que, selon un récent sondage d’opinion, 48% des Américains désapprouvent la position adoptée par Obama dans la lutte contre le groupe terroriste Etat islamique (EI) et sont mécontents de la politique étrangère de Washington en général.

« Le problème pour Obama consiste en ce que la politique étrangère US à l’égard de l’EI manque de fondement. Obama était le seul président qui souhaitait mettre fin à la campagne irakienne, et voilà qu’aujourd’hui il la relance à nouveau. La société ne comprend pas pourquoi le président a changé de position si brusquement », estime Richard Cohen.

Il indique également que la lutte contre l’EI ne sera pas une promenade facile pour les Etats-Unis. « La situation pourrait se compliquer même en cas de victoire sur les terroristes. Après avoir perdu un ennemi commun, les insurgés chiites et kurdes pourraient faire la guerre les uns aux autres. Les réserves de haine au Proche-Orient sont aussi importantes que celles de pétrole », explique l’analyste.

De son côté, Sergueï Douz, sur la Voix de la Russie et sur RIA Novosti se livre à une analyse dont certains éléments – il faut bien le reconnaître – sont assez pertinents : « Les Etats-Unis lancé des raids aériens contre les positions des commandos de l’Etat islamique en Syrie. Selon les experts, l’imprévoyance et le contenu contradictoire de la stratégie américaine rendent impossible le succès de l’opération. Selon plusieurs experts, en se décidant à une telle démarche, les Américains saisissent une nouvelle occasion d’écraser le régime de Bachar Assad ».

« La politique proche-orientale des Etats-Unis est en quelque sorte folle. L’armée régulière syrienne est l’unique, excepté les Kurdes, à s’opposer à l’EI. Armer l’opposition syrienne que les Etats-Unis considèrent comme modérée et infliger des coups aux troupes régulières syriennes signifie raffermir les positions de l’EI. Les Américains devraient changer d’attitude et réunir les efforts avec Damas. Il faudrait améliorer, en outre, la compréhension mutuelle entre l’Europe et la Russie. Sans ces acteurs on ne saurait pratiquement rien faire au Proche-Orient, explique le professeur de l’Institut des pays d’Asie et d’Afrique de la MGU Vladimir Issaïev ».

« Il y a parmi les alliés américains des sponsors directs et des guides des commandos de l’EI contre lesquels la coalition entend lutter sur le territoire syrien. En ce qui concerne la Turquie, l’une des grandes puissances de la région, où se rendent en masse les réfugiés des régions irakiennes occupées par les islamistes ne brûle pas, loin s’en faut, d’envie de tirer les marrons du feu pour Washington. Je pense que les Turcs comprennent parfaitement qu’en cas de leur ingérence ils pourraient s’embourber profondément et pour longtemps dans la guerre ».

« Cela est dû pour une large part au projet peu concret des Etats-Unis : ainsi, selon le président Obama, aucun soldat américain ne posera le pied sur le sol de la Syrie mais il est clair qu’il est impossible d’attaquer exclusivement de l’air, selon le chargé de cours à la chaire d’histoire et de politique du Proche-Orient à l’Université Bilkent Jeremy Salt ».

« Les experts sont convaincus que les frappes aériennes ne suffiront pas. Sans le soutien terrestre l’opération est vouée à l’échec. Il est peu probable que les Américains profitent des avantages. Or, Assad en profitera sans aucun doute et ses troupes écraseront les commandos affaiblis par les bombardements. Bref, tout ce que fait Washington contribue à consolider Damas. C’est là le paradoxe essentiel de la politique étrangère américaine dans la région ».

Michel Garroté, réd. Chef www.dreuz.info

 

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