Publié par Jean-Patrick Grumberg le 8 septembre 2014

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Tuvia Tenenbom (1) est journaliste au quotidien allemand de centre gauche Zeit, auteur, réalisateur et homme de théâtre, et a fondé le Théâtre juif de New York. Il parle couramment l’anglais, l’allemand, l’arabe et l’hébreu.

Se présentant comme « Toby l’allemand », il est venu enquêter pendant 6 mois en Israël et dans les territoires occupés sur l’antisémitisme. De son enquête est sorti un livre, publié en hébreu il y a une semaine: « Catch the Jews » – Attraper les Juifs.

Tenenbom pensait, avant d’arriver, que le conflit impliquait deux acteurs : les Juifs, et les Arabes.

Mais il découvrit presque immédiatement qu’il existe un autre acteur essentiel sur le terrain, au venin redoutable : les Organisations non gouvernementales (ONG), associations généreusement financées par l’Union européenne et les Etats membres pour, officiellement, défendre les Droits de l’homme et œuvrer pour la paix.

« Les ONG financées par l’Europe sont en Israël pour attraper les Juifs en train de faire quelque chose de mal, et pour planter la haine dans le cœur des Palestiniens »

En réalité, explique Tenenbom, « les Européens, des jeunes européens, viennent ici pour attraper les Juifs en train de faire quelque chose de mal, et deuxièmement, pour implanter la haine, une pure haine des juifs dans le cœur des Palestiniens. »

Voici des extraits de son livre, ainsi que de son interview avec Daniel Seaman, un homme intègre, ancien membre du gouvernement israélien en charge des médias, et qui a longtemps critiqué le manque de respect de la presse israélienne (oui, elle est à gauche !) pour les standards de neutralité que demande la profession.

« Les ONG, qui sont censées s’occuper des Droits de l’homme, mènent une activité totalement différente. Profondément nocive, » explique Tenenbom au micro de Seaman.

Tenenbom : « les ONG européennes mènent une activité très sinistre, et très loin des droits de l’homme. Extrêmement sinistre. Ils croient, du fond de leur être, que les Juifs sont mauvais. »

Tenenbom : « Quand vous arrivez, non pas comme un journaliste israélien mais européen, que vous écrivez pour Ziet, qui est centre gauche, et que vous leur dites ‘mon nom est Toby, Toby the german’, pas Tuvia, pas de nom de famille, soudainement tout change. Ils font des choses horribles. Comme cette organisation, ils font des choses horribles ! Ils envoient des gens avec toutes sortes d’appareils pour provoquer et attraper des soldats juifs, ou des colons, ou n’importe quel nom qu’ils leur donnent, en train de faire de mauvaises choses. Puis ils éditent [les vidéos] »

Tenenbom : « Ils vont voir un bédouin, qui parle à peine anglais, et il dit ‘on a planté des arbres et ils les ont arraché!’. Mais on lui a dit quoi raconter. Je lui ai demandé : ‘tu parles à peine anglais, tu composes ?’. En en plus, il est dans le désert ! De quels arbres il parle ! Mais vous, vous ne savez pas qu’il est dans un désert ! »

Tenenbom : « ces bédouins, des arabes israéliens, sont manipulés par ces organisations. Elles diffusent des mensonges l’un après l’autre auprès des arabes. »

Tenenbom : « Mais ce n’est pas tout ! ICLC (International Children’s Literacy Corps). J’ai toujours pensé qu’ils sont les personnes les plus formidables au monde, à aider les gens dans les périodes de besoin, dans les périodes de guerre. Une belle organisation suisse, propre, objective, impeccable. Mais nous sommes allés passer une journée avec eux au camp de réfugiés de Jenin. Et nous avons vu ce qu’ils leur enseignent. On a vu des livres antisémites dans les écoles de l’UNRWA – avec l’aide de la Croix rouge. Et on voit les Palestiniens que nous présentent la Croix rouge (car ils travaillent ensemble), des réfugiés de … Haifa. Ils disent aux Arabes que l’occupation ce n’est pas 1967 mais 1948 date de réétablissement de l’Etat d’Israël].

Tenenbom : « J’ai même une lettre, un memo, de la Croix Rouge, qui indique (je paraphrase car je ne l’ai pas sous les yeux) que tous les pays du monde sont signataires de la Convention de Genève et de la Convention internationale des Droits de l’homme, sauf un : Israël. Donc selon la Croix Rouge, Bashar Assad, Mouammar Kadhafi, tous sont de parfaits défenseurs des droits de l’homme. Excepté … QU’EST CE QUE VOUS VOULEZ DE PLUS !!! C’est de l’antisémitisme à l’état pur ! »

Tenenbom passa du temps en Judée Samarie avec plusieurs agitateurs d’extrême gauche, israéliens et étrangers, et leur demanda de lui expliquer la « souffrance » des Palestiniens.

Ainsi Tenenbom rencontre, en Judée, le Rabbin Arik Ascherman (lui et sa femme ont été « faits rabbins » par le séminaire de la synagogue réformée de Cincinnati – autrement dit, ils sont rabbins comme moi je suis spationaute), qui est président du groupe ‘Rabbis for Human Rights,’ (Rabbins pour les droits de l’homme), une ONG d’extrême gauche spécialisée dans la propagande anti-israélienne.

Ce qu’ils veulent, c’est attraper les Juifs en train de faire quelque chose de mal

Tenenbom: « Les Européens ne sont pas très au courant du conflit au Moyen Orient, et ils ne font pas de recherches. Ils ne veulent pas aider. Ce qu’ils veulent, c’est attraper les Juifs en train de faire quelque chose de mal. Cela part d’une position de haine.”

Il se joint à groupe de jeunes italiens venus s’instruire sur l’affaire de Shechem (Nablus) en Samarie, grâce à l’argent de l’Union européenne. Le guide israélien, Itamar Shapira – le frère du pilote Jonathan Shapira qui refusa les ordres de ses supérieurs – se présenta comme « ex juif », et fit des déclarations très hostiles contre Israël.

« Il faut imposer des sanctions et boycotter Israël parce que nous devons faire obstacle à un nouvel Holocauste »

Tenenbom : “Pendant une visite à Yad Vashem [le monument à la mémoire des victimes de l’Holocauste], Shapira décida de raconter des histoires sur le soi-disant massacre de Dir Yassin [pendant la guerre d’indépendance de 1948 et maintes fois démonté comme une fiction par les historiens] et il expliqua aux jeunes italiens qu’il est indispensable d’imposer des sanctions et de boycotter Israël parce que ‘nous devons faire obstacle à un nouvel Holocauste.’ »

Il est important de noter que les ONG savent très bien trouver « leur juif » extrémiste et anti-israélien pour « représenter » Israël.

Le choix de Shapira, comme guide, par l’organisation européenne n’est pas un hasard. Propagandiste d’extrême gauche, il fut renvoyé de Yad Vashem en 2009 et rayé de la liste des guides officiels après qu’il fut pris en flagrant délit à comparer l’Holocauste à la Naqba [terme employé par les Palestiniens pour décrire la reformation de l’état d’Israël en 1948].

 

Ce que vous voyez ici [à Yad vashem] c’est l’opinion juive. Ce n’est pas une vision objective, c’est une chose subjective

Lors de sa visite à Yad Vachem, Tenenbom entendra Shapira expliquer aux jeunes italiens : « ce que vous voyez ici au musée, c’est l’opinion juive. Vous voyez l’holocauste, mais vous devez comprendre, ce n’est pas une vision objective, c’est une chose subjective. »

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Tenenbom: “Le guide palestinien qui accompagnait le groupe s’appellait Ataf Abu Rob, un journaliste palestinien et enquêteur pour le compte de B’Tselem, [l’ONG responsable d’avoir produit un certain nombre de récits publiés dans le journal d’extrême gauche Haaretz, et donné les fausses informations pour le rapport Goldstone, que son auteur, plus tard, annoncera comme ayant été manipulé]. Abu Rob me déclara que l’Holocauste est un ‘mensonge. Je n’y crois pas.’ »

Tenenbom: “Le responsable du Fatah, le commandant Jibril Rajob, m’ouvrit sa porte quand il entendit parler du livre que j’envisageais de publier et me dit : ‘Israël est raciste et fasciste, il sera isolé comme l’Afrique du sud.’ Rajoub ajouta cette confidence : ‘nous sommes tous Allemands, mais le seul problème est que nous savons que le général Rommel n’a pas réussi à venir ici.’ »

Dans Jewish Press, Steven Plaut rapporte plusieurs anecdotes tirées du livre :

Tenenbom demande alors qu’on lui montre des oliviers arrachés. Silence… il n’y en a pas

• Le Rabbin Ascherman (caricature du juif honteux d’extrême gauche que les médias européens s’arrachent lorsqu’ils recherchent le témoignage d’un « Israélien ») emmène le “journaliste allemand” près d’un champ d’oliviers, pour expliquer comment les « colons » les arrachent, et comment Ascherman protège les arbres. Tenenbom demande alors qu’on lui montre des oliviers arrachés. Silence… il n’y en a pas.

• Puis Toby apprend que son guide est un Kenyan qui est venu en Judée Samarie pour « contribuer à la paix dans le monde ». Cela se passe quelques jours après le massacre du centre commercial de Nairobi par les islamistes. Tenenbom lui demande : « pourquoi êtes-vous ici et pas au Kenya, pour contribuer à la paix dans le monde ». Le guide se défila.

• Quand ils arrivèrent dans l’oliveraie, un Palestinien qui se faisait appeler Bruce Lee, expliqua à « l’Allemand » que les « colons » lui ont tiré dessus l’an dernier. Bruce Lee ajouta que les « colons » massacrent constamment les Palestiniens.

« Combien ont été massacrés ? », demande Tenenbom.

Ascherman intervient, et lui dit : « pour ça, vous devez faire une recherche dans Google ».

« L’Allemand » persiste et Bruce Lee lui répond : « deux. »

« Quand ? » demande Tenenbom.

« En 1999 et en 2000 », répond Bruce Lee.

• Puis Bruce Lee continue, et explique à Tenenbom qu’il y a quelques jours, un arabe priait dans son champ, et qu’un « colon » est arrivé sur son cheval, qu’il a mis pied à terre, a dit à l’arabe de cesser de prier, puis lui a tiré dessus.

« Et bien au moins nous savons qu’il y a des colons qui montent à cheval, répondit l’Allemand Tenenbom sarcastique. Mais est-ce que vous avez vraiment vu ça? »

« Non, c’est mon voisin qui me l’a raconté. »

Puisqu’aucun colon criminel n’apparut pour déranger la cueillette des olives, Ascherman proposa d’emmener “l’Allemand” voir d’autres horribles destructions perpétrées par les colons. Une voiture arriva, conduite par un arabe palestinien du nom de Zakaria.

Le journaliste demande à voir quelques maisons brûlées par l’armée israélienne. Hélas, ils n’en trouvent aucune.

• Ils emmènent Tenenbom dans un village où, lui explique-t-on, l’armée israélienne arrive, presque tous les jours, et brûle des maisons, sans raison. Le journaliste allemand demande à voir quelques maisons brûlées. Hélas, ils n’en trouvent aucune. Mais ils proposent de lui montrer sur un iphone des photos de l’armée en train de brûler les maisons. Quand l’Allemand demande à voir les photos, manque de chance, elles ont mystérieusement disparues.

• Soudain, une Jeep de l’armée apparaît…

« Regarde, dit à Tenenbom le guide palestinien, les enfants du village vont jeter des cailloux sur la Jeep et les soldats vont ouvrir le feu sur eux », et ils se mettent à suivre la Jeep.

A un moment donné, la Jeep se gare sur le bas coté.

« Aha!, dit le Palestinien, les soldats vont installer un point de contrôle pour harceler les Palestiniens. »

L’Allemand Tenenbom regarde, un des soldats sort de la Jeep, et … il fait pipi contre un arbuste.

Tenenbom: « Ah, ces soldats doivent être le problème « numéro un” de la Judée Samarie, mais heureusement, il n’étaient pas le problème « numéro deux ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

(1) En 2012, Tuvia Tenenbom a publié un livre choquant, caustique et grave, bourré d’humour juif : « Je dors dans la chambre d’Hitler – un juif américain visite l’Allemagne » (I sleep in Hitler’s room*), qui relatait les échanges qu’il avait eu pendant toute un été avec les gens de la rue et les Allemands qu’il avait interrogé : des gens d’église à Munich, des anarchistes qui vivent dans une caravane à Berlin, des animateurs télé et des restaurateurs célèbres, des politiciens, des rabbins, des écoliers, et même l’imam d’une mosquée…

« La haine des Juifs qui a permis l’holocauste à l’époque d’Hitler, et la haine des Juifs aujourd’hui en Allemagne, sont exactement la même haine »

Sa conclusion : l’antisémitisme est exactement le même dans l’Allemagne d’aujourd’hui qu’à l’époque des nazis. « La haine des Juifs qui a permis l’holocauste à l’époque d’Hitler, et la haine des Juifs aujourd’hui, sont exactement la même haine », expliquait-il dans son livre.

Lequel livre, refusé par son prestigieux éditeur allemand parce qu’il dénonçait le secret si bien gardé de l’Allemagne, fut publié en anglais, puis finalement traduit en allemand. Il fit un tabac. En Allemagne.

A ma connaissance, il ne fut jamais traduit en français.

Au comble de l’auto-dérision, Tenenbom dira de son ouvrage : « ce genre de livre, plusieurs personnes que je connais me l’ont confirmé, n’aurait jamais du être publié en Allemagne. »

Face au succès, en 2013, son éditeur américain lui demanda une suite… mais en Israël.

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