Publié par Frédéric Sroussi le 13 septembre 2014

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Pour le très influent juriste et philosophe Carl Schmitt*, le principe qui identifie la politique est celui de la « relation » ami-ennemi.

Pour Schmitt, comme l’explique le théoricien du droit Gérard Timsit : « L’État, unité politique par essence, se caractérise par la disposition du jus belli, c’est à dire de la possibilité effective de désigner l’ennemi.»

Il faut souligner que c’est dans le cadre d’un cas d’exception ou d’un « cas extrême » (pour utiliser le vocabulaire de Timsit) que cette politique ou plutôt que LA politique se réalise : guerre, guerre civile, révolution, etc.

Vision hobbsienne de Carl Schmitt qui soutient la primauté « des droits de l’État sur les droits civils, les droits des individus et de la société ». (Rappelons tout de même que pour Schmitt il y a dissociation entre la notion d’État et celle de politique).

La politique, pour Schmitt, dans le cas exception/exclusion en particulier, se caractérise par « le droit de désigner l’ennemi – donc le droit d’exclure les individus de la communauté ».

(Collectif; Pour une théorie des “cas extrêmes” aux limites du pouvoir juridictionnel).

Après tout,les Américains ont su, après Pearl Harbour, désigner et traiter les Japonais qui vivaient sur leur sol comme des ennemis réels ou au moins potentiels.

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À l’heure ou l’islam conquérant ne cesse de provoquer les États démocratiques et de pousser la liberté qu’ils offrent jusqu’à ses ultimes retranchements, il serait bon de revenir au concept schmittien de la «relation» ami-ennemi en affirmant le pouvoir que la politique offre à l’État de «désigner l’ennemi et donc de l’exclure de la communauté ».

Dans les cas d’exception, la violence est donc au coeur de la définition du politique, comme l’explique encore Timsit.

Donc, que faire des djihadistes occidentaux qui reviennent de Syrie ou d’Irak ?

Que faire, face aux prédicateurs du djihad qui dans toute l’Europe et aux Etats-Unis déversent leur fiel antisémite et anti-chrétien dans les mosquées et sur les sites internet ?

Les État occidentaux ont eux-mêmes aboli, au nom du politiquement correct et par lâcheté, leur capacité discriminante entre l’ami et l’ennemi.

Eh bien il faut que la politique agisse avec force, sans hésiter à écarter, exclure ou faire disparaître purement et simplement des ennemis définis dont l’idéologie a prouvé – par l’utilisation de la violence contre des innocents, il faut le souligner – son aspect le plus dangereux.

Par ailleurs, nous pouvons aussi élargir cette exclusion aux auteurs de crimes et délits graves.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Frederic Sroussi (essayiste-Israël) pour Dreuz.info.

* Même si nous utilisons les concepts de Carl Schmitt, nous n’oublions pas pour autant le scélérat qu’il fut !

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