Publié par Gilles William Goldnadel le 1 septembre 2014

Goldnadel

Pour Gilles-William Goldnadel, la gauche morale a perdu tout son crédit. Les différents événements d’un été tragique rendent désormais impossible l’union de la gauche et de l’extrême-gauche.

Hier soir, j’ai fait un mauvais rêve. C’était la rentrée.

Mme Taubira, que je pensais à la retraite, à vélo sur la colonne Vendôme, m’expliquait que la prison ne servait à rien.

Sauf, notable exception, concernant les délinquants non-violents, les manifestants contre le mariage unisexe ainsi qu’une femme qui l’avait insultée jusqu’en Guyane.

Alors que j’essayais d’argumenter, je me retrouvais collé au mur d’un syndicat de la magistrature.

Mme Vallaud-Belkacem, dans ma classe maternelle de l’école publique, m’infligeait la lecture d’un abécédaire à l’envers tout en se gargarisant de pauvres poncifs, slogans creux et mantras extatiques sur le vivre ensemble et le nous inclusif et solidaire.

Comme si rien ne s’était passé, de petits commissaires politiques antiracistes de SOS PS, préposés à la vigilance antifasciste, traquaient à nouveau avec jubilation les fortes têtes identitaires.

L’un deux clouait au pilori médiatique l’auteur d’une insolence contre l’immigration incontrôlée en lui dessinant un Z noir sur sa poitrine velue.

Un autre, en rade à la Rochelle, tentait, à grands cris effrayants, de décrire l’enfer du thatchérisme et du national populisme qui guettaient la France et les Français.

Un quatrième et un cinquième me dressaient procès-verbal sous prétexte que j’aurais écrit dans le Figaro que la France appartenait à la civilisation judéo-chrétienne.

J’aurais également employé l’expression «Français de souche». Je commençais, lâchement, par nier.

[column col= »1/4″]La vente des femmes, leur viol. Les tortures, les conversions forcées, les décapitations de journaliste, les exécutions de masse. Je criais que l’islamo-gauchisme ne passerait pas ![/column]
Puis, dans une fuite en avant héroïque , je m’égosillais, lyrique, à leur dire, que cette fois, ça ne marchait plus, que l’été 14 était passé par là.

Les manifestations de rue à Paris et à Sarcelles. Les cris de mort aux juifs. L’extrême gauche écologiste et communiste flanquée de quelques socialistes frondeurs au coude à coude avec les barbus, les voyous, les femmes voilées arborant les pavois du Hamas et du Hezbollah et les verts étendards du califat. Le déferlement islamiste sur les chrétiens d’Irak et de Syrie. Sur les kurdes et les yazidis. La vente des femmes, leur viol. Les tortures, les conversions forcées, les décapitations de journaliste, les exécutions de masse. Je criais que l’islamo-gauchisme ne passerait pas! Je hurlais dans un micro éteint.

Les petits commissaires, munis de porte-voix portant les couleurs rouges du service public, continuaient imperturbablement à expliquer aux passants que l’union de la gauche existait encore. Que ce qui rassemblait les gauches était plus fort que ce qui les séparait.

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Montebourg faisait des grimaces derrière le dos de Valls

Mélenchon tirait-une langue de belle-mère au président Hollande. Emmanuelli s’essayait à nouveau au doigt d’honneur suprême.

Je m’escrimais à répondre que l’union de la gauche avait explosé dans l’obscénité de ses alliances et que s’en était fini de l’ambiguïté existentielle d’un parti socialiste faisant le grand écart entre le libéralisme et le collectivisme, le patriotisme et l’internationalisme, le sécuritaire et le laxisme, le refus de tous les préjugés et l’antiracisme sélectif, le bourgeois éclairé et le bohème éthéré.

Je voyais même certains membres de l’opposition continuer, comme si de rien n’était, à marcher du même pas, sur les mêmes travées, d’un train de sénateur poitevin ou de député girondin, à vouloir gagner par défaut sur les sentiers battus.

Sans voir, ou en le refusant, et la France et le monde sombrer dans la fureur. Et la France et le monde sans le moindre barreur.

Sans voir, ou en le refusant, qu’un seul parti, toujours le même, continuait à s’affranchir, pour son seul profit, du tabou principal, de celui qui est dans toutes les pensées et dans les impensés.

De la question mère, qui gouverne et la sécurité et la prospérité. Et qui dit que l’identité n’est pas un pêché.

Gauche morale n’est plus qu’un oxymore hilarant

Mais je me suis réveillé en sursaut. Et les Français aussi. Alarmés par le principe de réalité.

Gauche morale n’est plus qu’un oxymore hilarant. Le parti socialiste va imploser et l’union de la gauche exploser. L’opposition démocratique, si elle veut s’imposer, ne laissera pas au Front National le monopole du refus de la dictature multiculturariste. Sauf à lui servir la victoire sur un plateau d’argent.

Quant aux petits commissaires politiques antiracistes, ils vont rejoindre bientôt leurs ancêtres de la tcheka et du comité de salut public dans les cloaques de la triste histoire du terrorisme intellectuel.

Et leurs victimes cesseront peut-être d’en faire des cauchemars.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro.

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