Publié par Hervé Roubaix le 6 septembre 2014

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Pour les candidats démocrates à l’élection des « midterm » (mi parcours) en novembre prochain, la devise est claire : A.B.O : “Anyone but Obama” – N’importe qui mais pas Obama.

Les candidats ne fuient pas leur parti. Ils fuient Barack Obama, dont la chute historique dans les sondages rappelle celle d’un certain président français.

Elizabeth Warren, du Massachusetts, évite de se montrer en présence du président Obama – dont la loi sur la sécurité sociale, l’Obamacare, est un désastre, et dont la position contraire à la constitution des Etats Unis sur le contrôle des armes reste profondément impopulaire dans son Etat.

“Entre les lignes, le message est clair : la présence du président Obama pour les élections [de novembre] n’aidera pas”, explique le sénateur démocrate de l’Arkansas, Mark Pryor, dont la réélection est considéré comme l’une des plus difficiles dans la liste des candidats démocrates qui risquent de perdre l’élection. Résultat, c’est avec l’aide de l’ancien président Clinton, ancien gouverneur de l’Arkansas, qu’il a décidé de faire campagne.

D’ailleurs Bill Clinton est demandé un peu partout en renfort des candidats fragiles qui ne veulent pas de l’aide de Barack Obama.

Il a aidé deux fois le candidat sénateur démocrate du Kentucky, Alison Lundergan Grimes. Il préside aujourd’hui samedi la levée de fonds pour financer la campagne du sénateur de Louisiane, Mary Landrieu. Puis il assistera à celle du candidat de Georgie, Michelle Nunn, le 13 septembre, et participera à un déjeuner politique avec le sénateur Kay Hagan de Caroline du nord le 30.

• Quand Obama est descendu de l’avion, fin août, en Caroline du nord, Kay Hagan était près de lui lors de son discours sur les anciens combattants, mais elle avait déjà déminé sa venue et protégé ses arrières, lors d’une déclaration ouvertement hostile au président, ou elle a explique que la Maison Blanche “n’a pas fait assez pour mériter la confiance de nos anciens combattants.”

Mary Landrieu a attaqué Obama pour son refus de donner le feu vert au pipeline Keystone, pour faire plaisir à une poignée d’écolos excités. Son refus empêche à la fois de s’éloigner de la dépendance vis à vis de pays qui nourrissent en eux la haine des Etats Unis et financent le terrorisme, et de créer des milliers d’emplois.

• Dans le Kentucky, Lundergan Grimes a attaqué la règlementation draconienne mise en place par Obama qui tue l’industrie du charbon.

• En Ouest Virginie, la candidate démocrate au Sénat, Natalie Tennant – qui a « embroché » Obama sur la nouvelle règlementation de l’EPA au sujet du charbon, a refusé de dire si elle aurait voté pour Obamacare.

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Natalie Tennant n’a fait aucun plan pour inviter Obama à la soutenir en Ouest Virginie. Sa directrice de campagne, Jennifer Donohue, a déclaré que sa challengeuse républicaine, Shelley Moore Capito, “crève d’envie de centrer sa campagne sur le président Obama et les politiciens de Washington”, un ticket gagnant pour une Amérique qui déchante de l’avoir réélu.

• Dans le Colorado, le sénateur démocrate Mark Udall, dangereusement menacé par le Républicain Cory Gardner, s’est fait bondir dessus par les Républicains lorsqu’il a pris au dernier moment la décision de ne pas participer à la levée de fond organisée pour lui par Obama dans son Etat, cet été. Udall ne voulait pas être vu au coté d’Obama.

Landrieu refusa de participer à une visite politique à ses cotés au Port de New Orleans

• Landrieu fit de même. L’automne dernier, pour rentrer dans son Etat, elle accepta de voyager avec le président sur Air Force One. Mais elle refusa de participer à une visite politique à ses cotés au Port de New Orleans. C’est le vice Président Joe Biden qui la remplaça.

“Obama est dans une situation délicate. Chaque fois qu’il entre dans la mêlée, il finit par nuire à celui qu’il essaie d’aider. »

Mark Begich, candidat en Alaska, avoua à CNN qu’il n’est “pas vraiment intéressés à faire campagne avec le président” et qu’il “n’a pas besoin qu’il [Obama] fasse campagne pour moi – car je dois changer certaines de ces décisions politiques.” Begich doit affronter une élection compliquée, menacé par le Républicain Dan Sullivan.

“Obama est dans une situation délicate. Garder le contrôle du Sénat est une de ses top priorités en 2014, car son second mandat deviendrait très compliqué si les Républicains deviennent majoritaires dans les deux chambres. Mais il se pourrait qu’il doive observer cette élection de loin. Car chaque fois qu’il entre dans la mêlée, il finit par nuire à celui qu’il essaie d’aider. »

Les Républicains doivent gagner 6 sièges au Sénat pour en reprendre le contrôle, sur un total de 36 en jeu. 21 sont aux mains des Démocrates, et 15 des Républicains.

Selon Nat Silver, le guru statisticien qui a donné les résultats des deux dernières élections Etat par Etat sans marge d’erreur, les Républicains ont un léger avantage pour les élections de novembre prochain. « Nous pensons que les Républicains sont légèrement les favoris pour gagner au moins 6 sièges et capturer le Sénat ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hervé Roubaix pour Dreuz.info.

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