Publié par Dreuz Info le 1 octobre 2014

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De la « taqiyya » des imams de l’ « islam de France » au sujet du verset Coran 5.32 (« La Table servie », Al-Mâ’idat) : « tuer une âme c’est comme tuer toute l’humanité »

– À la mémoire de Hervé Gourdel

Et aux millions de victimes du fanatisme et de la persécution religieuse en Orient, depuis des siècles…

À l’antenne de France Inter le 25 septembre 2014, Tareq Oubrou, l’imam de Bordeaux, pour justifier l’interdiction du meurtre en islam fait appel au verset 5.32 parmi les plus populaires cité lorsqu’un jihadiste commet un meurtre au nom de l’islam. Il se presse de préciser que l’islam condamne le meurtre d’innocents avec la plus grande vigueur, « tuer une âme c’est comme tuer toute l’humanité », pour le verset « quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes ».

Il nous précise que « islam » veut dire étymologiquement parlant « paix » lorsque c’est plutôt dans le contexte coranique la « soumission » à la loi d’Allah, la charia !

Plus loin, il déclare à l’antenne « la guerre, la violence légitime du Coran est une violence de défense tout simplement. C’est une loi tout à fait naturelle, quand on est agressé on se défend. La guerre n’est pas souhaitable. Le Prophète dit : ne souhaitez pas la rencontre de l’ennemi. Ce n’est pas une religion belliqueuse [l’islam], c’est une religion de paix. On fait la guerre [réelle et idéologique] pour instaurer la paix [celle d’Allah et de sa loi universelle] ». Dangereux sous-entendus, car d’une ambigüité inquiétante – ce qui n’est pas nouveaux – et nous rappellent le discours nihiliste et belliqueux de l’organisation jihadiste des Frères musulmans en Égypte et leurs méfaits dévastateurs, avant leur chute salutaire, exécrés par le peuple égyptien dans sa grande majorité.

Premier mensonge

Cependant, en parallèle à cette précédente rhétorique duelle et fort inquiétante, nos imams de l’ « islam de France », M. Dalil Boubakeur, Recteur de la Grande mosquée de Paris et président du CFCM en tête, citent systématiquement seulement une partie (séquence) du verset Coran 5.32 (« La Table servie ») pour nous démontrer que l’islam veut dire étymologiquement « paix ».

Second mensonge

Il est suivi d’un second mensonge celui des guerres présumées « défensives » du Prophète. Mais, l’islam n’approuve absolument pas le meurtre d’un innocent ?

Se profile ici un troisième mensonge

Dans la version autorisée, le verset que les dignitaires religieux musulmans citent à souhait dit : « Quiconque aura tué un être humain sans que celui-ci ait commit un meurtre ou sème le désordre sur terre sera censé avoir tué l’humanité entière ». Le verset est tout simplement doublement tronqué de son début et de sa fin (et notamment isolé du verset suivant 5.33).

Car, à considérer le verset dans sa totalité, à savoir : « C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre ».

Dans la traduction de Chouraqui, toujours la sourate 5.32 : « Alors, pour les Fils d’Isrâ’îl, nous avons écrit ceci : « Voici, qui tue quelqu’un qui n’a tué personne ni semé de violence sur terre est comme s’il avait tué tous les hommes.
Et qui en sauve un est comme s’il avait sauvé tous les hommes. Nos Envoyés sont venus à eux avec des preuves. Mais voici, après cela, il est sur terre, un grand nombre de transgresseurs ».

Dans une autre version le verset dit : « celui qui tue quelqu’un, à moins que ce ne soit pour un autre meurtre, ou pour violence dans le pays, est comme s’il avait tué tous les hommes ; mais celui qui en sauve un, est comme s’il avait sauvé tous les hommes ».

Traduction légèrement différente de Jacques Berque : « tuer une âme non coupable du meurtre d’une autre âme ou de dégât sur la terre, c’est comme d’avoir tué l’humanité entière ».

À considérer ces différentes traductions, mais surtout le verset dans sa totalité, nous n’avons plus le sens que clament les musulmans en faveur de l’interdiction du meurtre.

Dans son Manifeste pour un islam des Lumières, l’anthropologue des religions Malek Chebel non seulement épure le verset pour n’en citer que la partie la plus convaincante mais il se permet abusivement d’ajouter à la traduction une précision supérieure à celle du texte coranique. Ainsi :

« Qui ne connaît ce verset magnifique où il est dit : Celui qui a tué un homme (innocent) est considéré comme s’il avait tué tous les hommes » ; encore une distorsion du réel, qu’on rencontre régulièrement chez l’auteur.

Néanmoins, ce que l’imam frériste de la mosquée de Bordeaux Tareq Oubrou ne dit pas, est que le verset dans sa totalité explique plutôt un commandement qu’Allah a donné aux Juifs, « les enfants d’Israël », ce peuple « pervers », « dévoyé » tel qu’il est décrit dans le verset 25 de la même sourate 5.

Cependant, à considérer le verset suivant, Coran 5.33, la « corruption sur la terre » du verset précédent est clarifié :

« La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas, et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment (version Islam de France) ».

Ibn Kathir dans ses commentaires du Coran (et sous ce lien pour ceux qui lisent l’arabe) précise ce qu’il faut entendre par mener la guerre contre Allah et Son messager : cela signifie contredire et s’opposer à ceux qui s’opposent à l’islam, semer la terreur : tuer, crucifier, amputer ou exiler. Le verset fut révélé concernant les païens, juifs, idolâtres, chrétiens mais aussi les musulmans rebelles qui seraient contre Allah et Son Messager. Ils seraient eux aussi considérés comme des « incrédules », « mécréants ».

Le verset de la Sourate 5.33, confirme la violence contre ceux qui s’opposent à Allah et le Prophète Mohammad. Il exhorte les « croyants » à les tuer, excepté ceux qui se convertiraient à l’islam : « excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir, sachez qu’alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux (sourate 5.34) ».

Sous cet angle exhaustif, le texte condamne globalement les juifs (« Enfants d’Israël » et autres infidèles « idolâtres » qui oseraient s’opposer à la loi du Coran et à l’islam), ou du moins de « beaucoup d’entre eux » qui n’auraient pas écouté les « messagers » (prophètes). Il ordonne de les tuer, de les crucifier, les amputer, ou de les condamner à l’exil, sauf les convertis et soumis au pouvoir des musulmans.

L’islam de France procède de la stratégie de la taqiyya, la tromperie, la dissimulation

Nos imams de l’ « islam de France » procèdent donc collectivement de la stratégie de la taqiyya, la tromperie, la dissimulation active, le discours biaisé par omission et par désinformation autorisés par le sunnisme (comme par les trois autres écoles de l’islam). Ils occultent intentionnellement le verset 5.32 de son début et de sa suite, systématiquement tronqués des discours pour lui faire dire abusivement que le Coran et l’islam n’appellent pas au meurtre et à l’assassinat.

Inquiétantes perspectives d’autant plus que Kamel Kebtane, recteur de la mosquée de Lyon, sur France Info (25 sept. 2014), exhorte la France de ne pas faire d’amalgame entre le vrai islam et l’organisation islamiste wahhabo-jihadiste « Daesh » en Irak !

Le doute sur les motivations et les intentions profondes futures de l’ « islam de France »

Certes, nos frères musulmans de France ne sont pas responsables de cette barbarie en Irak, en Syrie et ailleurs dans les pays arabophones. Néanmoins, cette taqiyya intentionnelle et généralisée des dignitaires religieux ou intellectuels musulmans jette le doute sur le dit « vivre ensemble » et questionne sur les motivations et les intentions profondes futures de l’ « islam de France ».

Quant au recteur de la Grande Mosquée de Paris, M. Dalil Boubakeur, il invite (le 25 sept. 2014) « les musulmans de France et leurs amis » à un rassemblement pour dénoncer les actes terroristes commis au nom de l’islam. Dans son communiqué, Dalil Boubakeur, appelle à « un moment de recueillement et de solidarité devant la Mosquée de Paris (…) afin de dénoncer l’horreur barbare et sanguinaire des terroristes qui, au nom d’une idéologie mortifère, pervertissent l’islam et ses valeurs ». Démarche louable, mais la dissimulation active et le discours biaisé par omission reste dans toute leurs splendeurs ruineux… et encore la taqiyya, le mensonge, puisque lui-même s’est servi de ce verset dévoyé de son sens pour tromper la foule et nous convaincre que le Coran n’a pas appelé au meurtre de l’infidèle (voir note 3).

L’islam n’a t-il rien à voir avec l’organisation islamiste jihado-terroriste ?

Mais, « l’islam n’a [-t-il] rien à voir avec l’organisation islamiste jihado-terroriste » en Irak, en Syrie, dans la plupart des pays arabophones, et jusque l’an dernier 2013 en Égypte ?

Précision qu’on occulte aussi bien dans les médias zélés islamophiles, ledit État Islamique (EI/« Daesh ») en Irak, n’est autre qu’une organisation islamiste jihadiste (et non terroriste, dans le sens occidental du terme) ultra-fondamentaliste qui applique assurément le wahhabisme authentique dans toute sa rigueur doctrinale prônée par l’Arabie Saoudite.

C’est là le vrai islam non perverti de ses valeurs, celles du Coran pris à la lettre

Ce wahhabisme saoudien est bien le ciment idéologique mortifère de l’islam jihadiste de « Daesh », n’en déplaise à M. Boubakeur qui travestit le réel ; car c’est là le vrai islam non perverti de ses valeurs, celles du Coran pris à la lettre. Ce wahhabisme et ce salafisme sont exportés en France et dans ses mosquées sous la forme du concept du jihad idéologique prosélyte, propagandiste et islamo-communautariste.

[column col= »1/4″]Du point de vue historique, on oublie allègrement que c’est sur ce mode de la dite « barbarie terroriste » que les conquêtes séculaires de l’islam se firent dès les origines, au fil des siècles et à nos jours.[/column]

Et c’est au nom de l’islam que cette barbarie a sévit, idéologie mortifère que nos dignitaires religieux musulmans de France osent renier par une mise à distance hypocrite et une mémoire bien courte de l’histoire. L’amnésie de nos amis musulmans de France est plus que patente ; elle est cynique, démagogique et de mauvaise foi. On oublie que cette barbarie qu’ils osent désigner comme n’étant pas de l’islam fut une constante historique. Ce fut notamment le cas dans tous les pays dont ils sont originaires, soumis au fil des siècles par la terreur barbare, islamisés par la ruse, la dhimmitude et la persécution religieuse, qui reviennent encore et encore au galop.

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Curieuse schizophrénie socio-culturelle (qu’évoque doctement pourtant Tareq Oubrou, dans sa rhétorique) bien enracinée chez nos Français musulmans et/ou musulman de France.

Car, à méditer par exemple, la déclaration d’un écrivain comme Tahar Ben Jelloun (France Inter, le 25 septembre 2014), il est scandalisé parce que « nulle part dans l’islam il n’est dit qu’il faut égorger ceux qui ne sont pas d’accord avec vous… »

Vraiment ?

Une contrevérité de plus qui interpelle et nous fait poser de nombreuses questions dans le scepticisme et le doute sur la sincérité de ces réactions bien tardives de la communauté musulmane de France et de l’UOIF d’obédience frériste, face à la barbarie islamiste au Proche-Orient (et ailleurs).

Car, ils sont restés bien silencieux et ambigus depuis de longues années, notamment pour ce qui est des massacres abominables au Darfour puis en Syrie et ne se sont vraiment manifestés que suite à l’assassinat abject et odieux de Hervé Gourdel.

Encore que le rassemblement (« Les musulmans de France disent non à la barbarie ») devant la Grande Mosquée de Paris le 26 septembre 2014 à la mémoire de l’assassinat de Hervé Gourdel n’a pas vraiment mobilisé les foules, ni en province d’ailleurs.

Significatif et inquiétant à double titre.

Les musulmans de France n’ont-ils eu aucune intention de protester contre État islamique (« Daesh ») et par conséquent, à des degrés divers, se sentent solidaires de celui-ci ? Quant aux Français non-musulmans sont-ils quasi absents car ne croient plus au discours des dignitaires religieux musulmans ? Cela semble bien le cas.

Avec la dégradation exponentielle de l’image de l’islam aux yeux de Français, et ces mensonges réitérés, la stratégie des islamistes de France tient plutôt d’une diversion, une mise à distance hypocrite que cette barbarie ne procède pas de l’islam.

Une offensive islamique à vocation propagandiste

Mais, plus important, c’est également une offensive islamique à vocation propagandiste qui cherche à imposer et ancrer plus en avant l’islamo-communautarisme dans l’espace public et médiatique français.

C’est là que réside le « jihad idéologique » en action, d’une manière pragmatique.

De plus, les musulmans de France multiplient les rassemblements, déplacent le vrai problème vers le « racisme » anti-musulman et font de la récupération pour dénoncer un « contexte où on tente de nous opposer et de nous imposer la haine et le rejet de l’autre ». Afin de nous engager « ensemble à favoriser dans notre quotidien, des attitudes de dialogue et de respect de l’autre pour construire ensemble un monde de paix », il faudra bien que les dignitaires religieux musulmans commencent par respecter le citoyen Français et s’abstiennent des mensonges manipulateurs, cette taqiyya qui ne peut en aucun cas favoriser le dialogue, mais susciter le mépris, le doute et le scepticisme.

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Stigmatiser l’islam communautariste frériste de l’UOIF de France ? Pas d’amalgame ?

Vu la taqiyya effrontée et cynique, les mensonges généralisés proférés ces jours-ci par les musulmans de France et esquissés plus haut, il faudra bien qu’ils se résolvent à se désolidariser RÉELLEMENT et une fois pour toutes de cette idéologie totalitaire wahhabite, prônée par l’Arabie Saoudite. Ce qui ne fut pas – et n’est pas – du tout le cas dans les mosquées de France. Je doute sévèrement d’un changement de cap.

Nos médias de France sont complices de la dissimulation active, du discours biaisé par omission, par désinformation, et de la tromperie.

L’ islamophobie, un néologisme creux de sens mais qui se remplit de censure

Dans le rôle de l’avocat du diable, ils relaient cette propagande insidieuse et jouent le jeu dangereux de la taqiyya et du jihad idéologique, par le matraquage médiatique intensif et manipulateur de l’esprit français. Celui-ci, dans le déni et le relativisme, se soumet progressivement à la dhimmitude liberticide au nom d’une fausse tolérance, sous la menace dissuasive du chantage imposteur de l’ « islamophobie », un néologisme creux de sens mais qui se remplit de censure(s).

Il faudra donc que nos tristes médias, qui ont largement perdu leur liberté de parole et une certaine éthique, au nom du relativisme et du « politiquement correct » – une dhimmitude rampante – invitent plutôt les Français musulmans et musulmans de France à faire leur examen de conscience.

Une relecture de l’histoire, notamment celle des juifs séfarades expulsés d’Orient durant le XXe siècle, puis maintenant des chrétiens et autres minorités, est plus que nécessaire.

Il est temps de parler enfin « vrai ».

Il est grand temps que nos musulmans de France se penchent sérieusement et honnêtement sur leurs textes coraniques et de repenser sans grossiers mensonges et honteux dénis le rapport de l’islam à la violence.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © François Sweydan pour Dreuz.info.

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