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Publié par Dreuz Info le 13 octobre 2014

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Mercredi 1er octobre 2014, sur une terrasse de café au cœur de Dijon. C’est à la rencontre de Franck Médina un simple citoyen et habitant de la capitale bourguignonne que nous nous sommes rendus en ce mercredi ensoleillé.

Mr Médina est en effet depuis quatre ans englué dans une affaire judiciaire l’opposant à l’ancien Maire de Dijon, le puissant politicien bourguignon ami de François Hollande, ancien sénateur de la Côte d’Or et Ministre du Travail d’une part, la SDAT, la Société Dijonnaise de l’Assistance par le Travail d’autre part, ainsi que le conservateur du cimetière de Dijon.

C’est une histoire hallucinante que nous entendrons de la bouche de Franck pendant plus de deux heures. L’histoire d’un homme tranquille, honnête et qui avec ses mots exprimait la douleur d’un petit-fils, la douleur de toute une famille, de celle de sa grand-mère, l’épouse du défunt dont la tombe avait été profanée et peut-être violée un jour de l’été 2010.

Franck Médina, comme il le dira dans l’entretien, avait fait le choix du vote Rebsamen à la mairie de Dijon un jour de 2001. Ses convictions allaient plutôt vers la droite classique, mais par choix personnel, ayant par ailleurs des amis militants socialistes autour de lui, il préféra ce jour-là faire le choix du renouveau, le choix du changement.

A cette époque, il travaillait depuis quelques temps au Théâtre de Dijon, car Franck est un artiste, un chanteur qui connaissait un début de notoriété, comme le prouve quelques articles de journaux.

Dijonnais dans l’âme, homme de chaleur et d’humanité, il rencontra au début de son mandat François Rebsamen, notamment lors de l’inauguration de la fameuse Chouette, monument historique emblématique du paysage dijonnais qui avait été vandalisée puis restaurée. C’est en citoyen soucieux du dialogue et qui pensait trouver dans le nouveau maire de Dijon un homme ouvert et accessible à ses concitoyens, qu’il lui adresse la parole pour évoquer quelques idées et partager des opinions. Il fut surpris de trouver en réalité un homme distant, méprisant et en réalité extrêmement peu intéressé au contact avec les Dijonnais qui pourtant l’avaient élu.

Quelques semaines plus tard, il apprendra que ses services au Théâtre de Dijon n’étaient plus désirés

Lui comme quelques autres intervenants étaient tout simplement éconduits. La reprise en main de la ville de Dijon, et à fortiori des affaires culturelles par le nouveau maire, réclamait probablement la préférence aux apparatchiks locaux du Parti socialiste. Mais ceci est une autre histoire !

Le 28 juillet 2010, alors qu’il se rend au cimetière de Dijon sur la tombe de son grand-père, comme il le fait toujours régulièrement, Franck Médina remarque tout de suite quelque chose de bizarre.

Tous ses repères ont disparu, dans l’allée familière, il constate effaré que la tombe a disparue…

C’était la sépulture d’un Français d’Algérie, né en 1924 et engagé très jeune dans les troupes de la France Libre. Il débarque avec les alliés en Provence dans les rangs de l’Armée française du maréchal De Lattre pour finir son épopée en 1945 avec les troupes d’occupation en Allemagne (avec une citation à l’ordre de l’armée pour son courage lors de la traversée du Rhin le 31 mars 1945).

C’est la tombe d’un héros de la France Libre qui était profanée, elle n’avait pas disparue. Il s’agissait d’une tombe d’une très grande simplicité, sans dalle, une simple croix en bois, comportant le nom du défunt sur une plaque métallique avec un motif de la Sainte-Vierge. Quelques décorations et plaques, des fleurs et des vases ornaient la sépulture. Seulement tout avait disparu, la croix avait été arrachée, tous les objets avaient été dispersés.

Autour du lieu, d’autres tombes avaient aussi été maltraitées, les différents objets funéraires avaient été éparpillés au hasard et dans le désordre. Si la croix en bois avait disparue, la partie métallique avait été placée sur une autre tombe, seule une rose trônait encore sur l’emplacement.

Dans son choc, Franck Médina n’avait rien reconnu, d’autres tombes nous l’avons dit avaient été chamboulées, le désordre était si complet qu’il n’avait rien reconnu de prime abord.

La blessure, certes psychologique, reste vive

Ayant immédiatement alerté sa famille, il revînt vite sur les lieux ravagés, avec sa grand-mère et sa sœur qui constatent le désastre. Des photos sont prises, la croix en bois ne sera jamais retrouvée, les objets sont difficilement remis à leurs places. La tombe de son grand-père est de nouveau clairement identifiée, dans son désarroi il s’était d’ailleurs recueilli le jour de la découverte sur la tombe d’un étranger… La blessure certes psychologique reste vive.

La voix et le discours de Franck, même quatre ans après ne trompent pas. C’est ensuite l’enchaînement infernal, par un hasard heureux, il avait pris des photos de la tombe de son grand-père (décédé en 1984) en 2008. Il en refait à cette date puis porte une plainte.

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La mauvaise surprise, il est reçu par un capitaine de Police en charge de la Brigade Financière

Au commissariat de Dijon, il a la mauvaise surprise d’être reçu par un capitaine de Police en charge de la Brigade Financière. C’est une première surprise, il y en aura beaucoup d’autres. L’homme est désagréable, Mr Médina constate immédiatement des réticences à l’évocation de l’homme influent impliqué : François Rebsamen.

La plainte toutefois est enregistrée, elle enclenchera une procédure judiciaire qui se traîne encore dans les murs du Palais de Justice de Dijon.

Choqué par la proposition étrange : l’argent contre le silence

L’affaire est classée une première fois sans suite par un procureur général sans que la famille Médina en soit avertie. Ayant fait un premier appel, elle reste engluée dans les bureaux, comme suspendue. Franck ne ressentira pas de tracasseries administratives, au contraire rien ne bouge… Il faut plusieurs mois pour une rencontre devant une juge. Elle se passe vite très mal, car si le magistrat indique que les faits demandent bien une enquête judiciaire, que la plainte est fondée, elle conseille à Franck Médina et sa famille d’abandonner sa plainte au pénal, pour en porter une au civil et demander une somme d’argent qui règlera l’affaire. Estomaqué, Franck Médina répond qu’il ne souhaite nullement recevoir de l’argent pour ce préjudice, mais qu’il souhaite ardemment la justice et un jugement, une condamnation des coupables. Gênée, madame la juge ne peut qu’enregistrer les déclarations du plaignant, l’écouter présenter sa défense, les pièces, les photos, les preuves. Il repart insatisfait et choqué par la proposition étrange de galvauder la haute idée qu’il se fait de la justice contre les 30 pièces d’argent de Judas, l’argent contre le silence.

Le silence, il le connaîtra encore longtemps, il finit par se porter partie civile, l’affaire s’enfonce dans le scabreux.

Une rencontre entre le conservateur du cimetière et la famille tourne au dérisoire, dans des justifications honteuses, le curieux personnage s’esquive. Au mot plainte, il disparaît plantant là la famille éberluée sans plus d’explications, sans même un au revoir. Ce mépris s’accumule à toutes les douleurs.

L’enquête met à jour que le cimetière est un terrain d’action de l’association SDAT (Société dijonnaise de l’assistance par le travail). Elle avait reçu en 2009, suite à un appel d’offre de la mairie, la mission des « travaux funéraires ».

Franck Médina nous fera remarquer non sans malice, qu’à cette époque se trouvait dans son conseil d’administration, une proche de François Rebsamen, un clin d’œil qui ne prouve rien mais qui ajoute toutefois dans le décor de cette histoire de pierre tombale, une note douteuse. C’est ainsi que depuis cette époque, la SDAT occupe au travail pénible de fossoyeurs (disons le mot), des personnes en réinsertion sociale.

[column col= »1/4″]De pauvres gens, morts pour la société, s’occupant d’autres morts bien réels, il faut avouer le cocasse de la situation.[/column]

Les missions des employés de la SDAT étaient officiellement des travaux de remises en valeur des tombes, des travaux funéraires incluant des inhumations et semble-t-il des exhumations (ce qui est contesté par la partie adverse).

Franck alors s’interroge, il revient sur les lieux, constate la présence d’une mini-pelleteuse, assiste en badaud à des travaux, remarque le désordre ambiant : « la mini-pelleteuse procédait à des travaux d’excavations sur des emplacements de tombes, elle creusait, écrabouillait la terre, peut-être, sans doute y avait-il là des restes humains, toujours est-il que tout cela semblait bizarre, les mottes de terre, ce conglomérat morbide étaient placés dans de grands sacs, je pris une photo de la pelleteuse avec la sensation qu’il se passait-là des choses innommables et que peut-être le corps de grand-père ne se trouvait plus ici ».

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Pour en avoir le cœur net, Franck Médina demande depuis le début l’ouverture de la tombe de son grand-père pour vérifier que la dépouille se trouve toujours en place.

L’enquête révèle qu’un pauvre hère, employé de la SDAT aurait été le coupable.

Il déclare une première fois qu’il avait procédé à un nettoyage superficiel de la surface des tombes, enlevant tous les objets et se trouvant incapable de se rappeler où étaient placés auparavant les différents éléments. Seulement voilà, dans une autre déclaration l’accusé déclare qu’il n’y avait rien sur les tombes ce jour-là. Ailleurs encore, il parle de la fameuse croix, qu’il indique avoir trouvé vermoulue. Ces contradictions sont inquiétantes, la croix en bois ne fut jamais retrouvée, elle se trouvait en réalité selon Franck Médina dans un parfait état, une croix massive, dans un bois solide. La plaque métallique avait été démontée demandant un grand effort, les boulons et écrous étant tout de même rouillés et grippés par le temps et les intempéries.

L’affaire est à nouveau classée, l’exhumation refusée

Le bonhomme sera finalement renvoyé de son poste de réinsertion pour absentéisme et alcoolisme. Circulez il n’y a plus rien à voir. Vraiment ?

C’était sans compter sur un jour de novembre 2010, alors qu’une fois encore Franck Médina se rendait au cimetière accompagnant sa grand-mère. Ils sont stupéfaits de constater, qu’alors qu’il a gelé très fort avec des températures négatives, de remarquer que la terre de la sépulture avait été retournée. C’est une terre fraîche, non figée par le gel que sa grand-mère prendra dans sa main ce jour-là, filmée par son petit-fils. Pourquoi la terre de la sépulture était-elle retournée, quelle opération avait été menée, qu’est-ce qui avait été ajouté ou enlevé de l’intérieur de la tombe sans que la famille en soit à nouveau prévenue ?

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Le mystère restait entier, les nouvelles preuves apportées par Franck au juge, notamment le film, ne furent pas pris en compte.

Avec le temps, le magistrat en charge du dossier a été muté et remplacé.

Franck et sa famille n’ont pas trouvé plus d’écoute ou de compréhension dans son remplaçant. Ils ont subi des tracasseries, quelques menues agressions, des faits étranges, rien de grave mais il plane sur la famille une ambiance inquiétante. Franck est d’ailleurs lui-même troublé rappelant qu’il est un simple anonyme. Sans doute, peut-être, ces détails, ces ennuis de la vie n’ont aucun rapport, mais l’homme se pose des questions, il veut des réponses, de la Justice, de la Mairie, du conservateur du cimetière, des enquêteurs de Police…

Loin d’en avoir, il vit dans ce perpétuel combat, désabusé de la probité de la Justice Française, écœuré et ne pouvant s’empêcher de penser que c’est la nature même du personnage qu’il attaquait devant les tribunaux qui a empêché que justice lui soit rendue.

A sa grand-mère, à sa famille, à lui, à la mémoire du héros de la France Libre, aucune réponse n’a été apportée.

shemesh.free

Entre le petit fils du soldat de la croix de Lorraine et le fils du supposé agent de la 5e colonne et officier de la Gestapo, le torchon en effet ne pouvait que brûler.

Alors certes, François Rebsamen n’est pas comptable du passé. Il n’en a pas été l’acteur, mais tout de même.

Dans cette affaire non jugée, où la Justice, où la ville de Dijon, où la Bourgogne tout entière est souillée, il faut tout de même admettre que quelque chose ne fonctionne pas, ne fonctionne plus.

Franck Médina est aujourd’hui à la cour de cassation, il ne se fait guère d’illusions mais poursuit le combat. Jusqu’à nous, aucun fonctionnaire, aucun policier, aucun magistrat, aucun journaliste [Dreuz: La Voix de la Russie en a parlé ici]… n’avait prêté attention à cette histoire qui devrait faire réfléchir chaque français sur l’état inquiétant de nos institutions et de notre République.

Etait-ce bien nécessaire de faire la Grande Révolution pour en arriver là ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Nicolas Jouhet pour Dreuz.info.

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