Publié par Michel Garroté le 7 novembre 2014

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Michel Garroté réd chef  —  L’anthropologie chrétienne, c’est à dire, la philosophie chrétienne et la théologie chrétienne, combinées, dans l’étude de la personne humaine, cette anthropologie est essentiellement forgée par celles et ceux que l’Eglise appelle les saintes et les saints. Avec, par exemple, saint Jean évangéliste, saint Bernard, sainte Catherine de Sienne et saint Thomas d’Aquin, les catholiques ont toute la littérature catholique nécessaire pour s’apercevoir que primo, le christianisme est issu du judaïsme ; et secundo, que contrairement au judaïsme et au christianisme, tous deux issus de la bible, l’islam, lui, dès sa naissance au 7e siècle, n’est issu que de Mahomet et du coran.

Or, les athées et les agnostiques sont également en mesure de constater qu’en termes anthropologiques, Mahomet et le coran n’arrivent pas à la cheville de la bible, à la cheville des Prophètes d’Israël, à la cheville de David et ses Psaumes, à la cheville des écrits de saint Jean évangéliste, de saint Bernard, de sainte Catherine de Sienne, saint Augustin et de saint Thomas d’Aquin. En fait, que l’on soit croyant ou pas, l’intelligence suffit pour constater que le coran est une livre assez dérisoire en comparaison de la bible et en comparaison des écrits des Prophètes d’Israël, des saintes et des saints. Il est vrai qu’une partie du clergé catholique, notamment en France et au Moyen Orient, semble avoir un degré de culture, de connaissance, de foi et d’intelligence, degré soit très limité, degré soit très infesté par le désir de plaire – à n’importe quel prix – aux représentants et dirigeants musulmans.

En résumé, il faut distinguer le dogmatique et le pastoral. Par exemple, le Concile Vatican II était pastoral et non dogmatique. Détail intéressant : le plus important texte dogmatique catholique, c’est le « Credo », le « Je crois en Dieu ». Or, ce Credo ne dit rien qui ne sorte du catholicisme. Ce que je veux dire par-là, c’est que les propos judéophobes et islamophiles ne tiennent pas la route au plan philosophique. Car le « Credo » ne demande ni de repousser les Juifs, ni d’embrasser les mahométans. En fait, d’un point de vue philosophique catholique, le peuple juif a participé et participera jusqu’à la fin des temps au plan divin. Les saintes et les saints l’ont dit et écrit. Ceux qui disent le contraire, ceux qui sont judéophobes et islamophiles sont tout simplement des idiots.

A cet égard, je sais très bien – inutile de me le rappeler – qu’au Vatican, ou plutôt au sein de son personnel, c’est un peu le panier de crabes, avec les « pro-ceci » et les « anti-cela ». Mais ce n’est pas parce que son personnel est parfois déficient que je vais cesser d’aimer l’Eglise.

Pour ce qui me concerne, j’ai toujours souhaité – et je souhaite encore – élargir, le travail et le débat des idées, dans le cadre d’une anthropologie judéo-chrétienne de la société libre et laïque. De la société libre, par opposition aux sociétés totalitaires et autoritaires, que celles-ci soient fascistes, nationales-socialistes, communistes ou islamistes.

L’essentiel, pour les catholiques, devrait – normalement -, se situer ailleurs. L’essentiel, pour les catholiques, devrait – normalement -, se situer, d’une part, dans l’origine, et d’autre part, dans l’eschatologie, dans le sort ultime de la personne humaine et dans le sort ultime de l’Univers. Concernant l’origine, Saint Bernard, parlant des chrétiens par rapport au judaïsme, a écrit que « les branches (les chrétiens) ne doivent pas être ingrates envers la racine (le judaïsme), les branches ne disputeront pas à la racine la sève qu’elles tiennent d’elle ». Concrètement, l’Eglise reconnaît le lien qui relie les catholiques au judaïsme. Avec Saint Bernard, l’Eglise demande même aux catholiques, je cite Saint Bernard, de ne pas être ingrats envers les Juifs et de se souvenir que c’est du judaïsme que les chrétiens tiennent la sève de leur foi.

L’Eglise catholique a reconnu et reconnaît encore, par des textes écrits, que les prémices de la foi catholique se trouvent dans les patriarches, dans Moïse et dans les prophètes. Saint Jean évangéliste a écrit que « le salut vient des Juifs ». C’est, du reste, la raison pour laquelle, je crois fermement, concernant l’eschatologie, concernant le sort ultime de la personne humaine et de l’Univers, que Dieu aura un seul peuple, Israël et les chrétiens issus des Nations. Dieu jugera le monde et l’Eglise de la même manière que le monde et l’Eglise auront jugé Israël. Et il ne nous appartient pas de juger, par nous-mêmes, sous quelle forme anthropologique, Dieu aura un seul peuple, Israël et les chrétiens issus des Nations, dans les temps eschatologiques.

Mais laissons les temps eschatologiques et revenons au temps présent. Actuellement, l’islam n’est pas disposé au dialogue alliant foi et raison. L’islam actuel s’avère même totalement incapable d’allier foi et raison. Cela m’est égal qu’il y ait plus d’un milliard de musulmans et « seulement » quelques millions de Juifs et d’Evangéliques sur terre. Ce n’est pas un motif suffisant pour privilégier le dialogue avec l’islam au détriment du dialogue avec le judaïsme et les communautés évangéliques. Dans le moyen et le long terme, c’est l’amitié judéo-chrétienne qui fera rempart aux islamistes radicaux. Ménager l’islamisme radical, c’est un calcul à court terme. Un calcul qui ne nous créera que des ennuis. Du reste, pour le dialogue avec les musulmans, je note que l’Union Européenne ne dialogue pas avec les intellectuels musulmans réformateurs (ils sont pourtant des centaines et ils attendent toujours notre ouverture au dialogue) ; l’Union Européenne préfère dialoguer avec l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) et avec la Ligue Arabe.

Quant à l’antisionisme (que j’ai abondamment pratiqué dans ma jeunesse…), y compris l’antisionisme catholique français (très conspirationniste), il est une idéologie haineuse qui se drape dans la soi-disant défense des droits de l’homme. Si la France n’est plus antisémite, pourquoi ne le prouve-t-elle pas dans ses actes ? C’est facile de faire mémoire de la Shoah tout en refusant, à demi-mots, aux Juifs leur terre ancestrale.

A cet égard, je rappelle qu’Israël s’est retiré du Sinaï. Qu’Israël s’est retiré du Sud-Liban. Qu’Israël s’est retiré de la Bande de Gaza. Résultat : le Sinaï est un lieu de transit pour les armes qui finissent à Gaza. La Bande de Gaza est une république islamique : le Hamastan. Le Liban, ou plutôt le Hezbollistan, est une enclave iranienne dominée par la légion étrangère et mercenaire du Hezbollah. La Judée et la Samarie sont dominées par des bandes claniques, par des éléments armés du Hamas et par des éléments armés du Fatah. Et « l’Autorité » palestinienne de Mahmoud Abbas en Judée et en Samarie – concrètement sur le terrain – en termes « d’autorité », c’est du pipeau mafieux.

Pour conclure, je note que lorsque nous osons simplement défendre la société libre et laïque de culture judéo-chrétienne, la gauche, l’extrême gauche, l’extrême-droite laïque antisioniste et les islamistes nous accusent de prôner la supériorité de la civilisation chrétienne occidentale, alors que personnellement, j’ai toujours écrit « société libre et laïque de culture judéo-chrétienne » et jamais « civilisation chrétienne occidentale ». Ce mélange d’autisme et de terrorisme intellectuel, à notre encontre, reste pour moi assez hallucinant. Et puis, ce mélange d’autisme et de terrorisme intellectuel, révèle, une disparition lente, mais constante et persistante, de la connaissance.

Reproduction autorisée avec mention :

Michel Garroté réd chef www.dreuz.info

   

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