Publié par Michel Garroté le 4 novembre 2014

Sarkozy-8

Michel Garroté réd chef  —  Pendant sa semi-retraite politique, Sarkozy a (évidemment) beaucoup parlé. Les journalistes Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel publient « Ça reste entre nous, hein ? » chez Flammarion. Lexpress.fr publie des extraits du livre en question (voir lien en bas de page). On y retrouve Sarkozy tel qu’il a toujours été et tel qu’il demeure encore aujourd’hui : nul, gamin, autiste, narcissique, incapable de voir en lui-même ce qu’il critique bêtement chez les autres. Les trois quarts des Français ne veulent pas voter pour lui en 2017. Sans doute ont-ils compris qui est en réalité cet individu médiocre et prétentieux qui les a menés en bateau  —  et surtout assommés  —  pendant cinq ans de présidence…

Il fait beau, ce dimanche, à Roland-Garros. Nicolas Sarkozy s’apprête à jouer un match de tennis avec son fils Pierre, bientôt 30 ans, le DJ de la famille, lorsqu’une dame très élégante, la soixantaine, s’approche, le salue poliment et lui propose de disputer un set. Qui la reconnaît dans les allées du stade de la porte d’Auteuil ? Pas grand monde. Mais l’ancien président raconte cette anecdote avec des étoiles dans les yeux. Car lui a parfaitement identifié l’ancienne championne roumaine Virginia Ruzici, qui a remporté le célèbre tournoi en 1978 contre la Yougoslave Mima Jausovec. « Vous vous rendez compte ? Elle est même allée en finale contre Chris Evert en 1980, la classe », s’enthousiasme-t-il en fan absolu. Résultat de leur rencontre improvisée ? « 6-2 pour moi. Ça m’a fait plaisir. Même si je crains qu’elle n’ait pas donné la pleine mesure de son talent », sourit-il, pas dupe.

Un peu maniaque, il traque, l’air écoeuré, les fautes de goût chez ses rivaux, qu’ils soient de droite ou de gauche. Un jour, il peste contre le costume mal coupé de Manuel Valls et ses lentilles de contact, qui lui donnent un air « illuminé ». Un autre, il brocarde Marine Le Pen, sa corpulence, sa gouaille et sa « vulgarité ». Mais celui qu’il a évidemment dans le viseur, c’est François Hollande. En privé, tout y passe : ses kilos en trop, son goût trop prononcé, à ses yeux, pour la bonne chère, sa réticence à faire un minimum d’exercice, ses cravates de travers, ses costumes chiffonnés, ses lunettes pleines de taches. Ouf !

Lorsqu’il l’accompagne en Afrique du Sud, en décembre 2013, pour les obsèques de Nelson Mandela, il est stupéfait de voir son successeur habillé de la même manière pendant une grande partie du voyage. « Il ne pouvait pas avoir un costume de rechange, non? C’est un problème, quand même. » Bref, il ne le trouve pas très net. « Il est mal fagoté. Il mange des frites. Quand on fait un métier public, il faut faire attention. Moi, je suis très gourmand, j’ai tendance à grossir, mais vous m’avez toujours vu faire du sport. Je ne prends pas de dessert. Quand même, le corps du président, ça compte ! Faut être propre, faut être élégant, impeccable ».

Et si Manuel Valls était le candidat de la gauche en 2017 ? Si la faiblesse de François Hollande contraignait ce dernier à ne pas se représenter ? « Mensonge! » Sarkozy n’y croit pas un instant. Dans la dernière ligne droite vers la prochaine présidentielle, juge-t-il, le président actuel ne fera qu’une bouchée de tous les ambitieux. « Ce sera Hollande. Ceux qui pensent qu’un autre a sa chance n’ont rien compris au fonctionnement des institutions », balaie l’ancien chef de l’Etat, qui a lui-même bénéficié avant la campagne de 2012 de l’avantage institutionnel que confère la Constitution au sortant.

Lui qui est si sourcilleux sur son apparence extérieure a du mal, beaucoup de mal, avec la présidente du Front national. Il n’aime pas son look, il n’aime pas sa gouaille, encore moins ses manières. Il lui trouve des airs… de « déménageur ». « C’est une masse. Elle fait hommasse, épaisse », mime-t-il, l’air dégoûté, les épaules au carré. Vous avez dit délit de sale gueule ?

Le communiqué lapidaire de Hollande tombe sur le fil AFP. Dix-huit mots pour congédier celle qui a passé vingt mois à ses côtés à l’Elysée. « Je fais savoir que j’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler. » « Quelle goujaterie, ça en dit long sur le personnage! » souffle Sarkozy, intimement persuadé que cette scabreuse affaire causera le plus grand tort à son rival, surtout dans l’électorat féminin. « Les femmes, je sais ce qu’elles en pensent… ».

Pour lui, le seul responsable de ce fiasco, c’est son successeur et personne d’autre. « Il la fait venir à l’Elysée, il ne l’épouse pas, il lui envoie dix-neuf textos par jour pour lui dire qu’il l’aime et, pendant ce temps-là, elle s’aperçoit que c’est bidon et qu’il est avec Julie Gayet. Je ne dis pas que c’est bien ni que c’est mal… ».

En fin politique, Nicolas Sarkozy se doute que cette histoire n’est pas terminée. Que les confidences vipérines sur son rival distillées par son « ex » indélicate peuvent rythmer la fin du quinquennat. Que le supplice chinois ne fait que débuter pour Hollande. Comme des gouttes d’eau qui rendent fou. « Je pense qu’on n’en a pas fini avec Valérie Trierweiler. Elle attend de savoir si on la traite de menteuse. Je crains que cela ne soit pas pour répondre, mais pour donner des preuves », parie-t-il.

Sarkozy n’a jamais eu d’atomes crochus avec cette bête à concours, qu’il surnomme « Bac+18 », avec le léger complexe de ceux qui ne peuvent brandir un tel cursus. Le Maire est normalien, énarque, germanophone, diplomate formé au Quai d’Orsay, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon. L’ex-président en avait pourtant fait son ministre de l’Agriculture et appréciait son professionnalisme. Voilà pour le passé.

Car Sarkozy ne manque plus une occasion de le railler. Ses interventions télévisées ? « Quand les gens le voient, ils zappent! » s’amuse-t-il. Il peut aussi se montrer franchement graveleux. « Le Maire, il est utile. On a toujours besoin d’un énarque qui parle allemand dans les sommets internationaux. Le pauvre, il écrit des livres que personne ne lit. Ah si, il y en a un que j’ai lu, c’est celui où il se masturbe ! » Allusion à une scène lascive du livre Le Ministre, dans lequel Le Maire, dans les vapeurs d’un bain, raconte que son épouse, Pauline, lui « caresse doucement le sexe ».

Laurent Wauquiez, qui fut chargé de l’Emploi et de l’Enseignement supérieur dans le gouvernement Fillon, a droit aux mêmes genres de moqueries après sa mémorable boulette dans l’émission Salut les Terriens sur Canal+. « Vous êtes porno, sérieux? » s’enquiert Thierry Ardisson, qui le reçoit en plateau. « Non, mais voilà, j’aime bien le sexe », avoue Wauquiez en riant. « Vous regardez bien YouPorn quand même, non? » insiste l’animateur en référence au site de vidéos pour adultes. Réponse mi-gênée, mi-amusée du jeune maire du Puy- en-Velay : « Comme tout le monde! » Comment briser son image de gendre idéal… C’était « de l’humour », se défend-il en vain sur Twitter. Sarkozy se gondole.  

« Un garçon si intelligent… La télé les rend fous. » A tous ses visiteurs, l’ancien président fait la même blague impayable dans les jours qui suivent. Dès que son invité entre dans son bureau, il s’avance vers lui, la main tendue pour le saluer. Et marque soudain un temps d’arrêt. « T’as vu Laurent ces derniers jours? » lance-t-il, inquisiteur. Avant de reprendre, écroulé de rire : « Non, parce que si tu l’as vu, j’espère que tu t’es lavé les mains, hein ! » Du grand Sarkozy…

Nicolas Sarkozy ne connaît pas l’endroit. Le paysage lui plaît, sans plus. Il est frappé par les touristes qu’il croise à l’hôtel, leur insouciance, leur dynamisme. Les jeunes couples venus de Chine, surtout, le captivent. « On imagine souvent les Chinois petits, trapus. Ils faisaient tous 1,80 mètre! Des filles sublimes, avec des tatouages à la mode. Ils parlaient tous anglais, c’était vraiment très intéressant d’échanger avec eux. C’est l’Asie. Je disais à Carla : Regarde, c’est le monde d’aujourd’hui, c’est fantastique ».

Reproduction autorisée avec mention M. Garroté réd chef www.dreuz.info

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ump/sarkozy-a-mots-ouverts_1618361.html

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