Publié par Michel Garroté le 4 décembre 2014

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Michel Garroté réd chef  —  Je publie ci-dessous quelques extraits de l’entretien exclusif de Paris-Match avec le dictateur syrien Bachar El-Assad. J’en profite pour rappeler – une fois encore – que je ne suis ni « pour », ni « contre », Bachar El-Assad. La raison à cela est toujours la même : le seul courant suffisamment structuré pour prendre la place de Bachar El-Assad est le courant islamique extrémiste. Or, ce courant islamique extrémiste veut instaurer, progressivement, un « Califat universel », en commençant par la Syrie, l’Irak et le Liban.

Il y a une légère différence de degré, mais certainement pas de nature, entre d’une part, l’Etat islamique (EI) ; et d’autre part, les autres islamistes, Al-Qaïda, Al-Nusra, le Hamas, le Hezbollah, etc. Si Bachar El-Assad reste au pouvoir, il y aura encore et toujours des violations des droits de l’homme.

Si les opposants syriens renversent Bachar El-Assad, c’est le courant islamique extrémiste, le seul courant suffisamment structuré, qui prendra le pouvoir en Syrie. Et il y aura également, encore et toujours, des violations des droits de l’homme. Mais en plus de tout cela, il y aura un génocide des chrétiens et une offensive islamique générale pour tenter par tous les moyens d’exterminer le peuple juif israélien.

Paris-Match – Estimez-vous que les frappes de la coalition vous aident ?

Bachar El-Assad – On ne peut pas mettre fin au terrorisme par des frappes aériennes. Des forces terrestres qui connaissent la géographie et agissent en même temps sont indispensables. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas eu de résultats réels après deux mois des campagnes menées par la coalition. Ce n’est donc pas vrai que les frappes de la coalition nous aident. Elles nous auraient certainement aidés si elles étaient sérieuses et efficaces. C’est nous qui menons les combats terrestres contre Daech, et nous n’avons constaté aucun changement, surtout que la Turquie apporte toujours un soutien direct dans ces régions.

Paris-Match – Est-ce que vous avez peur de mourir de la même façon que Saddam Hussein ou que Kadhafi ?

Bachar El-Assad – Le capitaine ne pense pas à la mort, ni à la vie, il pense à sauver son navire. S’il fait naufrage, tout le monde mourra. Il faut donc mieux tout faire pour sauver son pays. Mais je voudrais souligner une chose importante. Mon but n’est pas de rester président, ni avant, ni pendant, ni après la crise. Mais quoiqu’il arrive, nous autres Syriens, n’accepterons jamais que notre pays devienne un jouet entre les mains de l’Occident. C’est un principe fondamental pour nous.

Paris-Match – François Hollande continue de vous considérer comme un adversaire, est-ce que vous pensez qu’à un moment le contact pourra être renoué ?

Bachar El-Assad – Ce n’est pas une question de relations personnelles. D’ailleurs je ne le connais même pas. Il s’agit de relations entre Etats et institutions, et dans l’intérêt des deux peuples. Nous traiterons avec tout responsable ou gouvernement français dans l’intérêt commun. Mais l’administration actuelle oeuvre à l’encontre des intérêts de notre peuple et de ceux du peuple français. Je ne suis ni l’ennemi personnel ni le rival d’Hollande. Je pense que c’est plutôt Daech qui est son rival, puisque leurs cotes de popularité sont très proches.

Reproduction autorisée avec mention M. Garroté réd chef www.dreuz.info

Et mention Paris-Match

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