Publié par Magali Marc le 8 décembre 2014

En publiant le témoignage de Matti Friedman, ex-reporter pour l’agence Associated Press, Magali Marc nous fourni un pièce essentielle du puzzle que constitue le mode opératoire des médias qui couvrent le conflit entre les Arabes et les Juifs en Israël.

Je suis arrivé à la conclusion, après des années d’observation et de réflexion, que les médias sont en guerre contre Israël, et Matti Friedman, témoin visuel, acteur même, en apporte une preuve.

Je ne sais pas si Internet sera assez puissant pour contrarier la machine médiatique que Friedman appelle l’ « amplificateur de la propagande de l’une des forces les plus intolérantes et agressives de la terre. »

Je pense cependant que tout homme est avide de vérité. Internet va dans le sens de l’homme, les médias vont à contresens. Pour cela, j’ai bon espoir. – Jean Patrick Grumberg

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Durant l’Opération Bordure Protectrice du 7 juillet au 26 août, de nombreux observateurs ont noté, sans surprise, que la couverture médiatique était particulièrement biaisée en faveur des «victimes civiles à 80%» à Gaza alors que les effets des roquettes qui s’abattaient sur Israël étaient minimisés.

Les médias niaient le fait que les Palestiniens étaient utilisés par le Hamas comme des boucliers humains. Les réseaux sociaux et les magazines en ligne se sont révélés comme sources d’informations plus fiables que les médias traditionnels.

Le 26 août, coup de théâtre, un long article de Matti Friedman publié dans le magazine en ligne Tablet, entreprenait d’expliquer «pourquoi les reporters se trompent lourdement concernant Israël et pourquoi c’est important». C’était la première fois qu’on lisait un reportage expliquant les reportages au Moyen Orient et en plus, ça venait d’un ex-correspondant de l’AP qui savait forcément de quoi il retournait.

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Intitulé: An Insider’s Guide to the Most Important Story on Earth (Guide d’un initié concernant la nouvelle la plus importante au monde) l’article se voulait un témoignage d’un ancien correspondant de l’Associated Press (AP) décrivant comment les reporters s’y prennent pour couvrir le conflit entre Israël et Gaza.

Je me suis largement inspiré de ce texte de Matti Friedman pour écrire l’Intifada Médiatique que Dreuz.info a publié le 2 septembre. Je citais également Richard Béhar du magazine Forbes tout en reprenant en français son expression «intifada médiatique».

Le 16 septembre, Matti Friedman revenait sur les milliers de réactions suscitées par son article et répondait aux critiques d’un ex-chef de bureau de l’AP, Steven Gurkin.

Finalement, l’AP ayant décidé de lui clouer le bec en décrétant que son article du 26 août dans Tablet était rempli d’erreurs et de faussetés, Matti Friedman a renchéri avec un texte paru sur le site The Atlantic, le 30 novembre dernier .

Ce dernier texte quoiqu’assez long m’est apparu si important que j’ai décidé de le traduire en le résumant pour les lecteurs de Dreuz, surtout ceux qui ne lisent pas l’anglais.

(Il importe de se souvenir qu’avant l’article paru en ligne de Matti Friedman, certains journalistes des médias traditionnels tels que Judi Rudoren du New York Times et Jeremy Bowen de la BBC, réagissant à des rumeurs sur le Net, avaient nié catégoriquement le fait que certains reporters à Gaza avaient été l’objet d’intimidations de la part du Hamas ou même que ce dernier se servait de civils palestiniens comme boucliers humains. Pourtant le 11 août, l’association des journalistes étrangers en Israël s’était plainte des «… claires, incessantes, offensives et illégitimes méthodes employées par les autorités du Hamas et ses représentants à l’encontre des journalistes internationaux opérant à Gaza ce dernier mois »)

[quote]Un réquisitoire des médias sur leur collaboration avec le Hamas[/quote]

Il y a donc un «avant» et un «après» Matti Friedman et c’est pourquoi ce dernier texte, véritable réquisitoire des médias et de ce qu’il faut bien appeler leur collaboration avec le Hamas, est si important.

Un exemple entre mille

Matti Friedman redit ce qu’il a déjà écrit dans son premier article, à savoir que certaines informations faisant mal paraître le Hamas et les terroristes palestiniens sont supprimées par le bureau-chef de l’AP lorsque des reporters s’avisent de les proposer. Cette fois, il commence par illustrer ce propos par un exemple frappant:

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Un rassemblement de soutien au Djihad Islamique à l’Université Al-Quds de Jérusalem Est en novembre 2013 (gracieuseté de Matti Friedman)

Cette photo, nous dit Friedman, a été prise lors d’un rassemblement étudiant à l’Université Al-Quds, une institution traditionnelle de Jérusalem Est. Ce rassemblement dont le but était de soutenir le groupe armé fondamentaliste, le Djihad Islamique, mettait aussi en vedette des acteurs jouant des soldats israéliens morts et une rangée d’hommes masqués dont le salut, bras-tendus façon nazie, était rendu par certains étudiants présents. De semblables rassemblements ont eu lieu régulièrement à cette université, nous dit Friedman.

Cet événement a eu lieu à quelques minutes en voiture des maisons et des bureaux de centaines de journalistes internationaux qui sont basés à Jérusalem, ajoute t-il. Les journalistes étaient parfaitement au courant. L’important bureau de Jérusalem de l’Associated Press qui est capable de produire plusieurs reportages par jour, était en possession de photos de l’événement, y compris celle ci-dessus. Les photographies avaient été prises par quelqu’un que Friedman connaissait et qui était sur le campus ce jour-là. Friedman les avait envoyées lui-même au bureau de l’AP.

Mais voilà, les éditeurs du bureau de Jérusalem ont décidé que les images et le rassemblement n’étaient pas dignes d’intérêt et l’AP s’est contenté de mentionner l’événement quelques semaines plus tard quand son bureau de Boston a indiqué que l’Université Brandeis aux États -Unis avait coupé les liens avec Al-Qods à cause de cet incident.

[quote style= »boxed » float= »left »]La norme pour l’AP, c’est que la construction de 100 appartements dans une colonie juive est toujours considérée comme de la nouvelle tandis que l’arrivée à Gaza de 100 roquettes de contrebande pour le Hamas ne l’est pas[/quote]

Le jour où l’AP a décidé d’ignorer ce rassemblement, le 6 Novembre 2013, ses éditeurs ont publié une nouvelle à l’effet que le Département d’État des États-Unis avait décidé d’augmenter le financement de l’Autorité palestinienne. Voilà ce qui était digne d’intérêt, ajoute Friedman.

La norme habituellement appliquée par l’AP, c’est que la construction de 100 appartements dans une colonie juive est toujours considérée comme de la nouvelle tandis que l’arrivée à Gaza de 100 roquettes de contrebande pour le Hamas ne l’est pas.

«La canalisation des informations en provenance d’Israël n’est pas seulement rouillée et pleine de fuites, elle est intentionnellement bouchée» conclut Friedman.

Mais cette fois, Friedman veut nous parler du contexte dans lequel se font les reportages. Le travail de reportage, nous dit-il n’est pas bâclé parce que les reporters sont pressés, surchargés, distraits ou parce qu’ils sont en zone dangereuse comme on pourrait le croire. Non, selon lui, de telles omissions se produisent encore et encore pour d’autres raisons.

Une de ces raisons réside dans le milieu ambiant où baignent les journalistes internationaux à Jérusalem.

Le rôle caché des ONG «humanitaires»

Les reporters à l’international se connaissent, nous dit Friedman. Ils fréquentent les mêmes milieux, les mêmes groupes sociaux, suivent les mêmes modes vestimentaires, échangent des informations et s’influencent mutuellement.

Mais les ONG humanitaires jouent aussi un rôle de premier plan que les lecteurs des journaux occidentaux ignorent.

Ici Friedman cite Philip Gourevitch.

[quote]Une zone grise éthique constituée par les rapports entre les reporters et les ONG[/quote]

Faisant des reportages en 2010 au Rwanda et ailleurs en Afrique, Gourevitch a été frappé de la zone grise éthique que constituent les rapports entre les reporters et les ONG :

«’Trop souvent les médias voient les travailleurs humanitaires avec une admiration inconditionnelle’ écrivait-il dans le New Yorker. ‘Pourquoi notre couverture à leur égard doit-elle refléter l’image flatteuse qu’ils projettent d’eux-mêmes dans leurs publicités destinées à des collectes de fonds ? … Pourquoi devons-nous (à l’instar de nombreux photojournalistes et reporters de la presse écrite) travailler pour des agences humanitaires entre deux emplois de journalisme, les aider à faire leurs rapports officiels … ce que nous n’aurions jamais envisagé de faire pour des entreprises, des partis politiques ou des agences gouvernementales ?’»

Les militants étrangers font partie intégrante du paysage israélien où les ONG internationales et de nombreuses branches d’organisations des Nations Unies sont des acteurs puissants, brandissant des milliards de dollars et employant plusieurs milliers de travailleurs étrangers et locaux. Leurs SUV dominent certaines sections de Jérusalem-Est et leurs comptes de dépenses contribuent à garder en vie l’économie de Ramallah. Ils fournissent aux journalistes, en plus d’un entourage social, des partenaires romantiques, et des emplois ; ce qui n’est pas négligeable compte tenu de la désintégration de nombreux journaux et du fonctionnement à petit budget de leurs concurrents sur Internet.

[quote]Le dégoût d’Israël, condition préalable pour faire partie du milieu[/quote]

Dans cet environnement social, d’après son expérience, le dégoût d’Israël en est venu à se situer entre un préjugé acceptable et une condition préalable pour faire partie du milieu.

Il ne s’agit pas d’une approche critique de la politique israélienne ou envers le gouvernement actuellement au pouvoir, mais la conviction que dans une certaine mesure les Juifs d’Israël symbolisent les maux de l’humanité, en particulier ceux liés au nationalisme, au militarisme, au colonialisme et au racisme.

Cette idée qui est devenue rapidement l’un des éléments centraux de l’air du temps « progressiste » de l’Occident, s’est étendue de la gauche européenne jusqu’aux campus et aux intellectuels universitaires américains, y compris les journalistes.

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Dans ce groupe social, c’est un sentiment qui se traduit par des décisions éditoriales individuelles venant des journalistes et des éditeurs couvrant Israël, ce qui donne à cette façon de penser les moyens d’auto-reproduction de masse.

Friedman continue :

[quote style= »boxed » float= »left »]Gauchir des événements complexes en histoires simplettes de méchants qui ne veulent pas faire la paix et de gentils qui ne demandent que ça[/quote]

Beaucoup de journalistes fraîchement arrivés en Israël sont souvent un peu perdus dans cet environnement. Ils subissent une socialisation rapide dans les cercles formés par les reporters internationaux et les ONG qui leur offrent non seulement un appui amical mais en plus un cadre d’analyse tout fait pour leurs reportages. Les outils sont là qui leur permettent de distiller et de gauchir des événements complexes en histoires simplettes de méchants qui ne veulent pas faire la paix et de gentils qui ne demandent que ça. C’est ça la nouvelle en Israël et elle a l’avantage d’être facile à raconter.

Ici, tout le monde répond à son téléphone cellulaire et tout le monde sait quoi dire. Il est possible d’envoyer ses enfants dans de bonnes écoles et de déjeuner dans les meilleurs restaurants. Toute l’information dont on a besoin – c’est-à-dire l’information qui fait mal paraître Israël – est facilement accessible et a déjà été publiée par les journalistes israéliens ou compilée par les ONG. On peut se raconter qu’on n’hésite pas à «parler vrai» à ceux qui sont au pouvoir, étant entendu qu’on critique le seul pouvoir qui ne peut pas nous nuire.

[quote]Le site NGO Monitor qui remet en question le rôle des ONG en Israël et qui décrit leur financement, n’est jamais cité par l’AP et son directeur, Gérald Steinberg, est interdit d’interview[/quote]

Les ONG humanitaires, les acteurs les plus puissants sur le terrain, sont citées dans les médias, mais ils ne font jamais partie de la nouvelle. Le site NGO Monitor qui remet en question le rôle des ONG en Israël et qui décrit leur financement, n’est jamais cité par l’AP et son directeur, Gérald Steinberg, est interdit d’interview.

Friedman prouve donc qu’il n’y a aucune contrepartie offerte dans les médias au point de vue des ONG qui prétendent «aider» les Palestiniens.

Conclusion

Friedman nous dit que si la plupart des consommateurs de nouvelles en provenance d’Israël ne comprennent pas comment les nouvelles sont fabriquées (je dirais trafiquées), le Hamas, lui, le sait.

Depuis sa prise de pouvoir en 2007, le Mouvement de Résistance islamique en est venu à comprendre que de nombreux journalistes se sont engagés à propager un récit selon lequel les Israéliens sont les oppresseurs et les Palestiniens sont des victimes passives qui ont des objectifs raisonnables.

Ces journalistes ne sont pas intéressés par des informations contradictoires.

[quote]Les journalistes ont pris pour un scoop ce qui était de la propagande du Hamas[/quote]

Reconnaissant ce fait, des porte-paroles du Hamas se sont mis à confier à des journalistes occidentaux (certains connus personnellement par Friedman) qu’en fait le Hamas est pragmatique et raisonnable mais tenu de conserver une rhétorique belliqueuse. Les journalistes avides de croire cette «confession», et parfois réticents à croire que les locaux ont l’intelligence nécessaires pour les tromper – ont pris pour un scoop ce qui était de la propagande.

Pendant qu’il travaillait à l’AP, Friedman a contribué avec d’autres à aider le Hamas à faire valoir cette rhétorique trompeuse grâce à une série de reportages qu’il classe sous l’appellation : «Des signes surprenants de modération» (un précurseur direct de l’idée que «Les Frères Musulmans sont en fait des libéraux», une appellation qui a eu un bref succès en Égypte).

Il est vrai que le vieux réflexe selon lequel un journaliste ne mentionne jamais l’existence des autres journalistes a puissamment aidé le Hamas dans sa manipulation des médias.

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Nombreux sont les photographes qui couvrant les manifestations en Israël ou dans les territoires, font des efforts constants pour que leurs collègues restent en dehors du cadre. Personne ne semble prendre en considération l’idée que la présence d’autres photographes fait autant partie de la nouvelle que la présence des protestataires palestiniens ou des soldats israéliens. À Gaza, cette omission est à la fois un élément curieux de la psychologie des médias et un manquement majeur à l’éthique journalistique.

La stratégie du Hamas qui consiste à provoquer les tirs de l’armée israélienne pour avoir des morts à montrer aux médias internationaux est aussi brutale qu’elle est efficace. Cette stratégie repose sur la coopération des journalistes.

[quote]Quelles sont exactement les relations entre les médias et le Hamas ? Ces relations ont- elles corrompu les médias ?[/quote]

Si un journaliste rapportait que la stratégie du Hamas est basée sur la cooptation des médias, argumente Friedman, cela soulèverait des questions difficiles telles que : Quelles sont exactement les relations entre les médias et le Hamas ? Ces relations ont- elles corrompu les médias ?

C’est plus facile de garder les autres photographes hors du champ et de raconter : voici des morts, Israël les a tués.

Le Hamas savait que les journalistes, non seulement accepteraient leur décompte des pertes civiles – relayés par l’ONU ou par un machin nommé pour la circonstance «Ministère de la Santé de Gaza» – en fait un bureau contrôlé par le Hamas – mais qu’en plus, ils feraient de ces chiffres le centre de leurs reportages.

Le Hamas a compris qu’il pouvait intimider les journalistes à l’occasion et que ceux-ci ne mentionneraient à personne cette intimidation. Les agences de presse occidentales ont tendance à ne pas voir qu’il y a un impératif éthique à renseigner leurs lecteurs sur les restrictions qui façonnent leur couverture quand ils sont dans des États autoritaires ou dans des zones dangereuses.

Dans la foulée de la guerre, le Hamas pouvait compter sur l’alliance ONG-ONU-médias qui lâcherait sur Israël les organisations humanitaires internationales et garderait le silence à l’égard du groupe djihadiste.

Lorsque les dirigeants du Hamas ont passé en revue leurs atouts avant la série de combats de cet été, nous dit Friedman, ils savaient que, parmi leurs actifs ils pouvaient ajouter la presse internationale.

[unordered_list style= »bullet »]

  • Le personnel de l’AP à Gaza serait témoin d’un lancement de roquette juste à côté de leur bureau, mettant en danger les journalistes et d’autres civils à proximité et l’AP ne le signalerait pas. Pas même dans ses articles portant sur les affirmations israéliennes selon lesquelles le Hamas lançait des roquettes à partir de zones résidentielles. (Ça s’est produit)
  • Les combattants du Hamas pourraient faire irruption dans le bureau de Gaza de l’AP et menacer le personnel et l’AP ne le signalerait pas. (Cela aussi est arrivé).
  • Les cameramen attendant à l’extérieur de l’hôpital Shifa dans la ville de Gaza, filmeraient l’arrivée de victimes civiles, puis, au signal d’un fonctionnaire, éteindraient leurs caméras lorsque des combattants blessés ou morts arriveraient, de façon à aider le Hamas à maintenir l’illusion que seuls les civils mourraient. (Ceci aussi est arrivé ; cette information provient de plusieurs sources ayant une connaissance de première main de ces incidents, précise Friedman.)

[/unordered_list]

[quote style= »boxed » float= »right »]Ce groupe de professionnels intelligents et généralement bien intentionnés a cessé d’être un observateur fiable, il est devenu un amplificateur de la propagande de l’une des forces les plus intolérantes.[/quote]

L’ex-journaliste de l’AP conclut :

«Cet été, alors que des Yézidis, des Chrétiens et des Kurdes se repliaient devant les forces de l’Islam radical non loin d’ici, des franchisés locaux de cette idéologie intégriste ont lancé leur dernière guerre contre la dernière minorité prospère au Moyen-Orient. La presse occidentale, s’est présentée en masse pour la couvrir. Ce conflit incluait des barrages de roquettes lancés sur tout Israël et a été délibérément organisé au milieu de civils palestiniens, nombre d’entre eux y ont perdu la vie. Émoussés par des années d’ «histoire d’Israël», habitués à des omissions de routine, confus sur le rôle qu’ils sont censés jouer, et cooptés par le Hamas, les journalistes ont décrit cette guerre comme une attaque israélienne contre des civils innocents. Ce faisant, ce groupe de professionnels intelligents et généralement bien intentionnés a cessé d’être un observateur fiable. Au lieu de cela, il est devenu un amplificateur de la propagande de l’une des forces les plus intolérantes et agressives de la terre.

Et, comme on dit (dans le métier), c’est ça l’histoire!»

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc pour Dreuz.info.

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