Publié par Michel Garroté le 2 décembre 2014

France-1

Michel Garroté réd chef  —  Une fois de plus, je tombe sur une réflexion catholique française qui dit tout et son contraire. Et qui, là c’est le sommet, mentionne la France, « phare du monde ». Une réflexion catholique française qui, après de longs détours, nous livre une vision anachronique et socialiste de l’économie, n’en déplaise à l’auteur, qui cite Libertas praestantissimum, qui date de 1888, et, Immortale Dei, qui date 1885, alors que nous sommes en 2014, au 21e siècle, au troisième millénaire.

Il y a un milliard de chrétiens sur terre et les catholiques français en 2014 ne sont donc qu’une toute petite minorité. Néanmoins, ils mentionnent la France, « phare du monde », et, parfois même, « la France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples ». Les catholiques français ne se sont pas mobilisés contre l’avortement dans les années 1970 alors qu’il s’agit depuis toujours pour eux d’un point non négociable.

En revanche, ils se sont mobilisés, dans un style très bourgeois, pour l’école libre dans les années 1980 ; et contre le mariage homosexuel, au troisième millénaire, dans le style barjot que l’on sait. Force est de constater que le catholicisme français est dépourvu de colonne vertébrale, au même titre que la France. Et force est de constater que depuis 1789 (et je ne suis pas royaliste), le catholicisme français n’a cessé de décliner : elle est belle, la France, « phare du monde », «  fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples »…

Pourquoi autant de catholiques sont-ils des anti-libéraux économiques primaires ? Franck Abed répond à Enquête et Débat sur le libéralisme. Certaines réponses de Franck Abed sont éclairantes. D’autres réponses de Franck Abed, en revanche, sont totalement anachroniques et complètement surréalistes. On se pose donc – une fois encore – la même question : mais dans quel monde les catholiques français vivent-ils ?

Ci-dessous, quelques extraits de la réflexion catholique française susmentionnée :

L’Eglise condamne le libéralisme, pourquoi le fait-elle, de quand cette condamnation date-t-elle, et s’agit-il du libéralisme économique cher à Tocqueville ou encore Chateaubriand, qui étaient catholiques ?

Le libéralisme est un terme aujourd’hui un peu fourre tout, à l’instar du mot de droite. Beaucoup utilisent ces deux notions sans être des libéraux ou de droite, d’où les énormes confusions qui en ressortent. Dans les discussions que je peux avoir avec des amis, des collègues, des gens qui me croisent dans la rue, il apparaît que Sarkozy, un exemple parmi d’autres, passe pour être un ultralibéral, lui qui n’a cessé d’intervenir dans l’économie souvent de manière catastrophique et de nationaliser… Autant dire que le travail de formation intellectuelle qui nous attend est énorme.

Dans notre époque moderne, le terme liberté signifie souvent licence et permissivité. Ce n’est pas du tout cela dont il s’agit quand j’évoque le terme liberté. Je renvoie à l’encyclique Libertas praestantissimum écrite par Léon XIII le 20 juin 1888. Celui-ci nous explique plusieurs idées essentielles que je résume bien sommairement. Tout d’abord la liberté, bien comprise, repose sur des valeurs morales, le bien et la vérité. Les modernes et les gens de gauche pensent que la liberté repose sur la volonté propre des individus, indépendamment de toutes contraintes. Ensuite, la liberté d’une action, d’une idée doit impérativement tendre vers le bien, mais non pas vers le bien d’un homme, cela signifierait qu’il y aurait autant de bien que d’hommes (et là nous tombons dans le relativisme), mais vers le bien subordonné au droit naturel. Pour cette notion de droit naturel, je renvoie aux travaux de Saint-Thomas d’Aquin. Enfin, la liberté ne se veut pas le corollaire de l’action humaine consistant à faire ce que l’individu veut, quand il veut. Au contraire, la liberté ne doit jamais être déconnectée, si je puis dire, de la raison et de la recherche du bien entre les gens de bonnes volontés. La liberté est nécessaire à l’épanouissement de l’homme ici-bas et toute volonté arbitraire de retirer cette liberté ne peut se faire sans dégâts. Pour être clair, l’Eglise a condamné et condamne, le relativisme philosophique, moral et intellectuel, ainsi que toutes initiatives humaines détachées de la raison, niant ou combattant l’ordre naturel.

L’Eglise n’a jamais condamné la libre entreprise ou la liberté scolaire. Elle n’encourage pas non plus les systèmes économiques prétendument « libéraux », car ceux-ci cachent en réalité des doctrines prêchant l’exploitation délibérée de l’homme par l’homme. J’encourage également les lecteurs de votre site, en plus de lire l’encyclique susnommée, d’étudier sérieusement Immortale Dei, du 12 mai 1885.

Pourquoi autant de catholiques français sont-ils aujourd’hui des anti-libéraux économiques primaires, alors que la puissance d’une nation vient notamment de son dynamisme entrepreneurial et donc libéral ?

La réponse est très simple. Beaucoup de catholiques le sont plus par habitude que par démarche intellectuelle, réfléchie et raisonnée. Ils le sont par atavisme familial ou par confort… De même, nombre de catholiques ignorent les fondements de leur religion et sont amenés à tenir des propos, qui, sans qu’ils le sachent, sont condamnées par Notre Sainte Mère l’Eglise. Disons les choses clairement, toute notre société penche à gauche voire à l’ultra gauche. Regardez le jeu politique, combien y a-t-il de partis de droite au niveau national en France ? Zéro. Les catholiques dans une large mesure, ne vivent pas en autarcie, et ne sont donc pas épargnés par la pente gauchiste que prend notre pays depuis des années. En France les grands médias, les partis politiques et les syndicats dominants sont tous exclusivement de gauche voire d’extrême gauche. Etant donné leurs influences néfastes dans notre société, dues à des moyens financiers et humains conséquents, il est évident que les Français peuvent difficilement résister à cette propagande gauchiste sans volonté, et surtout sans formation intellectuelle digne de ce nom. Pour s’en sortir, il est important de militer à temps et à contre temps pour défendre à la fois les libertés qui aujourd’hui sont réduites comme peau de chagrin et les principes qui permirent à la France d’être le phare du monde.

   

6
0
Merci de nous apporter votre commentairex
()
x
Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz