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Publié par Christian Larnet le 28 janvier 2015

Le 14 février 2013, Fabrice Llorente, président de l’université de Perpignan et employeur du professeur Caccomo, demandait son admission en soins psychiatriques – en toute illégalité.

Grâce à des complicités au sein de l’hôpital, ce dernier sera enfermé et drogué pendant près de 14 mois. Il doit sa libération à un miracle : envoyé pour subir un électrochoc à Montpelier, un docteur consciencieux l’examine, le trouve parfaitement normal et le rend à la vie civile.

Acharné, l’université a tenté de le faire de nouveau interner il y a trois semaines. Cette fois, Caccomo ne s’est pas laissé piéger… mais il est sur le qui-vive.

Guy Millière : « je connais Jean Louis Caccomo. C’est effectivement un économiste libéral. Je l’ai rencontré plusieurs fois. Il est compétent et sympathique. Je n’imaginais pas qu’il puisse lui arriver ce qui lui est arrivé. Je n’imaginais pas que cela, en soi, puisse arriver. C’est très inquiétant et absolument scandaleux. »

Jean-Louis Caccomo, économiste
Jean-Louis Caccomo, économiste

Détournement de l’internement psychiatrique pour se débarrasser d’un gêneur

Le 14 février 2013, Fabrice Llorente, président de l’université de Perpignan, signe une demande d’admission en soins psychiatriques de Jean-Louis Caccomo.

Llorente
Fabrice Llorente

Selon la loi (article L3212-1 du code de la santé publique) qui protège les citoyens contre tout internement abusif, pour qu’un directeur d’établissement hospitalier puisse accepter une personne en soins, il doit avoir été saisi d’une demande présentée par :

– un membre de la famille du malade,
– une personne susceptible d’agir dans l’intérêt du malade,

Llorente, n’est ni l’un ni l’autre. Il n’a aucun lien de parenté avec Caccomo, et il ne peut agir « dans l’intérêt du professeur » puisque son mandat de président concerne son université, et qu’à part être un scientifique de talent, de droite et libéral, ce qui est peut-être son crime, Caccomo n’a jamais fait de mal à une mouche, même universitaire, et ne donne pas ses cours armé d’une Kalachnikov.

Cela n’a pas empêché Llorente de signer la lettre de demande d’internement. Ni à l’hôpital complice de l’accepter, et d’interner Caccomo.

Interrogé, Llorente a avancé un « principe de précaution » pour justifier sa demande de soins psychiatriques. Pendant près de 2 ans « par précaution » à partir de … rien !

Entre le président de l’université et Caccomo, un écart frustrant

Jean-Louis Caccomo, brillant professeur d’économie, fait probablement de l’ombre à Llorente.

D’un coté, Fabrice Llorente, jeune diplômé qui se retrouve à la tête d’une université avec pour tout bagage … des diplômes de sport ! (licence Éducation et motricité, DEA de psycho-sociologie du sport), au point que, gêné, il tentera de se justifier en déclarant à la Semaine du Roussillon, en 2012 : « Beaucoup font souvent l’amalgame. Etre en STAPS [Sciences et techniques des activités physiques et sportives], ce n’est pas être tout le temps en salle de sport, ce n’est pas que faire du sport, c’est étudier le sport et les sciences qui s’y rapportent ».

On aura compris…

De l’autre, Jean-Louis Caccomo, à plusieurs coudées au dessus du président de son université, possède un CV à rendre jaloux … un jeune président d’université :

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  • Caccomo est connu internationalement pour ses travaux. 
  • Il est docteur en Sciences économiques, maître de conférences à l’université de Perpignan, responsable des relations internationales du département « Economie & Management », directeur du Master professionnalisé « Economiste Financier »,
  • Il a créé, au sein de son université il y a dix ans, un master finance dont il était le responsable pédagogique,
  • Il est l’auteur de trois ouvrages aux éditions L’Harmattan consacrés à l’innovation,
  • de plusieurs articles scientifiques dans des revues internationales (Journal of Evolutionary Economics, Economics of Innovation and New Technology), et nationales (Revue d’Economie Industrielle, Revue Innovations),
  • chroniqueur dans la presse nationale (Les Echos, Le Monde, Le Figaro, Le Midi-Libre) et internationale (Le Providence à Boston, l’Express de Toronto, L’Echo de Bruxelles).
  • Il a publié des chroniques pour l’AGEFI, le quotidien suisse de l’économie et des finances.
  • Il participe à de nombreux programmes de coopération académique (dans la formation et la recherche) en Suède (Stockholm), en Ukraine (Kiev, Simféropol, Yalta), en Thaïlande (Phuket), aux Comores (Moroni), au Maroc (Marrakech, Casablanca, Safi) en Algérie (Alger, Oran, Annaba) et en Syrie (Damas), ce qui lui a donné une renommé mondiale.

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Cette cruelle différence de niveau semble avoir eu du mal à passer, et des divergences pédagogiques se sont accumulées au fil des ans, le professeur dépassant de très loin les compétences de son président au bras long.

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Pour tout dire, Caccomo était en chemin pour devenir le directeur de l’IAE Perpignan [Institut d’Administration des Entreprises] voir le président, dont il avait d’ailleurs contribué à la nomination du précédent directeur.

Mais Caccomo est un économiste libéral, de droite, au sein du système universitaire … que l’on sait.

Aussi sera-t-il victime d’une cabale lors de son concours d’agrégation (une lettre ouverte de François Legendre et Yannick L’Horty appelait à pétitionner contre « des candidats à l’agrégation des universités », dont Caccomo, dont la pensée, inspirée de Friedrich Hayek et Frédéric Bastiat, était jugée trop libérale par les marxistes), cabale relayée par Le Monde, Libération et Charlie Hebdo sur laquelle Llorente, loin de soutenir son professeur, a judicieusement rebondi pour livrer sa guerre de pouvoir local pour les postes clés et écarter le célèbre universitaire.

Éric Brunet écrira dans Etre de droite : un tabou français*, que Caccomo a été exclu des promotions en raison de ses prises de position non conformes au politiquement correct de l’université française : « Dans mon livre, je raconte l’histoire de ce professeur d’économie français, Jean-Louis Caccomo, connu dans le monde entier, et que l’université française a muté dans l’université décentralisée de Mende, en Lozère ».

Complicité de l’hôpital de Thuir à Perpignan

Le jour même de la demande d’internement signée du président de l’université, soit le 14 février 2013, Philippe Banyols, le directeur de l’hôpital de Thuir (Perpignan) admet Caccomo en soins psychiatriques selon la procédure d’urgence. Caccomo n’en sortira que le 3 avril 2014…

Pourtant, Banyols ne pouvait prononcer sa décision d’admission que si elle était «accompagnée de deux certificats médicaux circonstanciés datant de moins de quinze jours (…) Le premier ne pouvant être établi que par un médecin n’exerçant pas dans l’établissement accueillant le malade. (…)» (article L 3232-1 alinéa 7)

Ces certificats médicaux n’existent pas, indique son avocat dans l’assignation dont nous avons eu connaissance.

Un seul certificat médical a été établi, par un certain Dr Vichet, qui exerce … dans l’établissement qui devait accueillir Caccomo, en totale infraction avec la loi.

Après la demande illégale d’internement psychiatrique signée par Llorente, l’admission du professeur Caccomo est également entachée d’irrégularités…

Pire, le 4 mars 2013, une expertise est confiée au docteur Marc Bosc qui décrit ainsi l’état de Caccomo :

« lors de l’entretien, en date du 9/03/2013, il apparait que le patient n’est plus en phase aigüe d’un état maniaque.On ne note pas de préoccupation délirante, de fuite des idées, de versatilité de l’humeur, de débordement instinctuel. Son humeur est syntone, son comportement adapté, sans composante ludique ou trouble du sommeil signalé. Son autocritique est de bonne qualité : le trouble à l’origine de l’hospitalisation ne semble plus être présent. La patient est à même de soutenir un échange verbal de bonne qualité »

Et le Docteur Bosc conclut pour … la poursuite de l’internement !

Un détail cependant retient l’attention : le médecin semble avoir un à priori négatif.

Pour démontrer le délire de Caccomo, il note que « il [Caccomo] serait en train d’écrire un livre et il s’était engagé à être présent à trois congrès. Il dit avoir été nommé aux relations internationales et avoir passé des conventions avec des universités au Maroc, Thaïlande et Mexique. »

Si le docteur Bosc avait tapé Caccomo sur Google, il se serait rendu compte que tout était exact ! Mais Google est probablement délirant, pour ce « psychiatre ».

Et cela durera 14 mois… d’enfer.

Interrogé par JPG, Caccomo raconte son internement :

« Je ne pouvais plus parler, je tremblais, je n’arrivais plus à me laver tout seul, j’étais incontinent, j’ai perdu des dents, des ongles. J’avais des hallucinations, je ne pouvais plus fermer les yeux à cause d’elles. J’étais prisonnier de mon propre corps. Et là, pour de bon, on frise la folie. »

« Je ne savais plus quelle année on était, quel mois on était, je n’ai pas vu mes enfants pendant deux ans »

Le miracle : un docteur d’une clinique de Montpelier constate que Caccomo n’est pas « fou »

Caccomo est transféré en avril 2014 dans une clinique spécialisée de Montpelier.

Il y reste deux mois et demi, du 4 avril 2014 au 20 juin.

Très vite, les médecins arrêtent le traitement de cheval qu’il subissait à Perpignan, qui l’avait transformé en légume. Son moral s’améliore, et les médecins considèrent que les soins ne sont plus utiles.

La clinique le reconnait alors totalement apte à reprendre son activité.

L’acharnement de l’université ne s’est pas arrêtée là…

L’Université ne lui a pas rendu l’intégralité de ses fonctions comme la loi l’y oblige, ni les rémunérations qui les accompagnent.

[quote]Le 9 janvier, l’université fait une nouvelle tentative d’internement de Caccomo[/quote]

Mais le plus grave, elle a fait une nouvelle tentative d’internement, cette fois signée par Christine Pagnon, la directrice de l’IAE où travaille Caccomo.

Vendredi 9 janvier, elle demande à l’hôpital de Thuir de venir chercher le professeur Caccomo à son domicile pour le faire de nouveau interner.

Et l’hôpital, une fois de plus, s’est exécuté.

C’est à la présence de ses proches qu’il doit d’avoir échappé, ce jour là, à un nouvel enfermement…

Christine Pagon, la directrice de l’IAE, doit son poste à Llorente.  D’après les témoignages de la DRH de l’université, Pagon a signalé des « comportements bizarres » de Caccomo…

Jean Robin, du site Enquête et Débat, a recueilli le témoignage du professeur :

L’assignation :

Début janvier 2015, Jean Louis Caccomo a assigné le Centre Hospitalier Léon-Jean Grégory, l’agent judiciaire de l’Etat, et réclame 104.000 en réparation de son préjudice.

Entre vol au dessus d’un nid de coucou et enfer du Goulag, cette affaire n’est pas terminée.

Ce matin 28 janvier, le président de l’université a exigé que Caccomo subisse une visite médicale. C’est par ce biais qu’il avait été piégé en 2013.

Selon ses conseils, s’il est encore interné pendant un mois, il perd tout :

il est alors déclaré invalide à vie,
il perd son poste,
on lui retire le droit de vote,
et il perd la garde alternée de ses enfants,

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

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