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Publié par Guy Millière le 29 janvier 2015

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Guy Millière – La décision de Binyamin Netanyahou de répondre positivement à l’invitation lancée par John Boehner et, dès lors, de parler devant le Congrès au mois de mars a suscité une large polémique.

La gauche et les grands médias israéliens n’ont voulu voir là qu’une manœuvre électorale, ou un impair diplomatique à même de détériorer gravement les relations entre Israël et les Etats Unis. L’administration Obama a elle-même réagi vivement et le porte parole de la Maison Blanche est allé jusqu’à parler de crachat lancé au visage du Président des Etats Unis. Les journaux européens se sont, pour la plupart, fait un plaisir de répercuter les propos de la gauche et des grands médias israéliens, ainsi que les réactions de l’administration Obama.

[quote]La gauche israélienne est à sa place dans l’opposition, et il est très souhaitable qu’elle y reste[/quote]

Ce doit être dit : la gauche israélienne a montré ainsi, une fois de plus, qu’elle est enlisée dans la politique politicienne de bas étage et incapable de se situer au niveau des enjeux impliqués par les dangers régionaux au Proche Orient et par leurs répercussions planétaires. Elle montre aussi sa cécité sur l’attitude de Barack Obama vis-à-vis d’Israël : elle semble n’avoir pas encore compris que Barack Obama est un ennemi, et que rien ne pourrait dégrader les relations entre les Etats Unis et Israël davantage qu’elles ne sont déjà détériorées. Elle est à sa place dans l’opposition, et il est très souhaitable qu’elle y reste. Les grands médias israéliens ont, eux, montrés qu’ils ne faisaient pas un travail d’information et d’analyse digne de ce nom, et étaient au service de la gauche israélienne, ce qui, vu ce qu’est celle-ci aujourd’hui, ne les honore pas.

Ce doit être dit aussi : l’administration Obama, en cette affaire, est dans son rôle, et dans une lamentable continuité. Il n’y a pas si longtemps, elle traitait Binyamin Netanyahou de « fiente de poulet », et à l’époque, ce dernier n’envisageait pas de se rendre au Congrès à Washington, car il n’y était pas invité. Depuis six ans, Obama et son administration ont maltraité, diffamé et insulté Binyamin Netanyahou de toutes les façons imaginables : tout simplement parce que Netanyahou a fait ce qu’il était de son devoir de faire, défendre la sécurité d’Israël, et parce qu’Obama et son administration avaient, eux, des objectifs très différents, nuire, voire détruire, la sécurité d’Israël.

Ce doit être ajouté : les journaux européens sont eux aussi, en cette affaire, dans leur rôle. Ils ne trouvent des gens présentables dans la politique israélienne que si ceux-ci sont de gauche. Ils ne montrent un intérêt pour les médias israéliens que dans la mesure où ceux-ci eux-mêmes sont de gauche, et ne citent en général que le plus à gauche des quotidiens israéliens, Haaretz. Ils ne sont pas sortis de l’obamalatrie, et ils détestent Netanyahou, quoi que dise et que fasse ce dernier.

Ce doit être précisé : John Boehner n’outrepasse aucunement ces fonctions en invitant Binyamin Netanyahou. Il se conduit en chef de la majorité républicaine au Congrès. Il voit qu’Obama ne cesse de violer la Constitution et de contourner le pouvoir législatif. Il voit aussi que Barack Obama pratique vis-à-vis de l’Iran une politique d’apaisement destinée à permettre au régime des mollahs de réintégrer les débats internationaux en position de force, de devenir puissance hégémonique au Proche Orient, voire se doter de l’arme atomique. Il veut que la majorité républicaine au Congrès fasse entendre sa voix, se donne les moyens que ses positions soient très audibles, et puisse réinstaurer des sanctions économiques et financières. Il sait que les Républicains vont sans doute se trouver face à un veto d’Obama. Il entend que le peuple américain soit pris à témoin. Il discerne que la parole de Binyamin Netanyahou aura un impact supérieur à celle de tous les Républicains du Congrès. Il veut cet impact. Il sait que Barack Obama a choisi une position de confrontation avec le Congrès : il assume la confrontation choisie par Obama, sans se soumettre.

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Ce doit être souligné enfin : Binyamin Netanyahou ne viole aucune règle. Il répond à une invitation qui lui a été lancée. Il ne fait pas de politique politicienne : il sait que sa décision est, au contraire, à haut risque. Il sait qu’Obama lui est hostile, comme il est hostile à Israël. Il sait que l’hostilité d’Obama à son égard et à l’égard d’Israël va être exacerbée.

Il pense que l’Iran est plus que jamais un danger mortel pour Israël et pour la paix du monde, et il entend le dire et le répéter.

Il sait que John Boehner et les Républicains sont sur la même ligne que lui concernant l’Iran.

Il sait que seul le Congrès américain peut encore freiner ou arrêter la politique d’apaisement pratiquée par Barack Obama vis-à-vis de l’Iran. Il sait que John Boehner et les Républicains comptent sur lui. Il sait que l’heure est grave. Il agit en conséquence.

Il fait son devoir, sans se dérober, sans faillir.

Ce qui préoccupe et fâche Obama et son administration en ce contexte n’est pas un manquement aux règles diplomatiques, qui ne sont aucunement violées (John Boehner a le droit d’inviter Binyamin Netanyahou, et celui-ci a le droit d’accepter l’invitation), non, c’est le fait que Barack Obama et son administration savent que la parole de Binyamin Netanyahou peut avoir un impact.

Ce qui les préoccupe et les fâche est qu’en venant au Congrès, Binyamin Netanyahou est à même de faire apparaître la réalité : ce ne sont pas seulement les Républicains qui partagent les positions de Binyamin Netanyahou, sur l’Iran. C’est aussi toute une frange de Démocrates.

Ce qui les préoccupe et les fâche est qu’en venant au Congrès, Binyamin Netanyahou est à même de faire qu’en ces conditions, le Congrès soit susceptible de surmonter un éventuel véto d’Obama et de faire apparaître que, dans un dossier crucial, Obama et son administration sont plus minoritaires encore qu’il ne semble.

Ce qui les préoccupe et les fâche est qu’en venant au Congrès, Binyamin Netanyahou prend date. Dans moins de deux ans, l’administration Obama et Obama lui-même appartiendront au passé. Un autre Président entrera à la Maison Blanche. Cet autre Président sera quelqu’un qui aura dû se positionner sur le dossier iranien après le discours de Binyamin Netanyahou.

Les probabilités que ce Président appartienne au camp de ceux qui sont fâchés et qui ont aujourd’hui les mêmes positions qu’Obama et son administration vont sans doute se trouver amoindries. Elisabeth Warren, candidate potentielle la plus proche d’Obama au sein du Parti démocrate se trouvera vraisemblablement éliminée.

Binyamin Netanyahou, je l’ai déjà dit, et je le redis, est un homme d’Etat à la hauteur de ses fonctions. C’est un homme qui a le sens du devoir, pleinement. C’est aussi un stratège qui sait voir au delà de l’instant présent.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour Dreuz.info.

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