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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 5 mars 2015
Netanyahou ovationné par le Congrès américain - mars 2015
Netanyahou ovationné par le Congrès américain – mars 2015

Aaron David Miller, expert américain pour le Moyen Orient, six fois conseiller de Secrétaires d’Etat américains Démocrates et Républicains, 24 ans au Département d’état américain, ex-conseiller d’Etat pour les négociations arabo-israéliennes et pour les accords entre Israël, la Jordanie, la Syrie et les Palestiniens, répondant à la question de savoir si la décision de Netanyahou de parler devant le Congrès américain malgré l’opposition du président américain aura des conséquences négatives sur la relation entre les deux pays, a déclaré sur Fox News :

« Les rapports entre Israël et les Etats Unis, contrairement à Lehman Brothers, sont trop gros pour faire faillite (too big to fail) »

Il a également noté l’attitude que je qualifie d’infantile du président Obama qui déclare ne pas avoir écouté le discours du président Netanyahou, et donne une conférence de presse quelques minutes plus tard en commentant en détail … le discours qu’il n’a pas écouté. Je n’ai pas non plus manqué d’observer l’hypocrisie du président américain qui disait craindre que Netanyahou ne révèle des aspects confidentiels des négociations en cours avec l’Iran, puis, au lieu de le féliciter de n’avoir rien divulgué, a ironisé qu’il « n’a rien dit de nouveau » : on ne peut pas à la fois craindre que Netanyahou en dise trop, et lui reprocher de n’en avoir pas dit assez.

Un discours historique

Le discours du premier ministre israélien est qualifié d’historique par les commentateurs sérieux des deux bords politiques, mais également par les journalistes israéliens qui pourtant voteront à gauche dans quelques jours. Netanyahou est regardé comme le seul dirigeant majeur du monde libre qui discerne clairement qui est le diable, l’appelle par son nom sans ronds de jambes, et voit l’intensité de la menace de l’islam radical.

Plusieurs journalistes ont comparé la vigueur et la clarté de son discours avec la mollesse et les hésitations, l’indécision, l’imprécision du président Obama, qui n’arrive toujours pas à prononcer les mots « islam radical » pour dénoncer l’Etat islamique et al Qaïda qu’il dit vouloir combattre.

Les médias français se sont étouffés en constatant que le Congrès a honoré Bibi de 29 standing ovations, soit plus que le président Obama n’en a jamais reçues (26). Leur acharnement contre Israël et leur légendaire superficialité ne leur a pas permis de comprendre que si le discours de Netanyahou atteint son objectif, le monde libre qu’il aura sauvé pourra lui dresser une statue et la fleurir chaque jour qu’il lui aura permis de continuer à exister. Au lieu de cela, certains en ont mangé leur chapeau en voyant comment le premier ministre israélien était applaudi, ont parlé d’applaudissements mécaniques comme pour signifier que les membres du Congrès sont des marionnettes qui s’exécutent lorsqu’on leur dit d’applaudir. Le journaliste dérisoire qui écrivait cela et que je n’arrive pas être assez cruel pour nommer, confond sans doute avec la télévision française où le public choisi pour sa docilité doit applaudir lorsque l’harangueur l’ordonne.

Que Netanyahou ait été ovationné par les membres du Congrès comme jamais aucun dirigeant étranger ne l’a été, n’empêche en rien les idéologues de déclarer qu’il a gravement endommagé les liens entre Israël et les Etats Unis. J’ai pour le public qui gobe ce conte de fée la même tendresse que pour l’enfant qui m’explique que le loup a mangé en vrai le chaperon rouge.

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Je ne m’attarde pas non plus sur le fait que le Congrès est composé de 535 membres, et que les 50 qui ont boycotté représentent donc moins de 10%. Ni qu’ils appartiennent à l’aile la plus à gauche, marginale, la moins pro-israélienne du parti démocrate. Je ne m’attarde pas car les Dreuziens ont bien compris que les critiques des grands médias français ont la portée du post d’un excité sur un forum de jeux vidéo : le discours du leader de l’Etat juif vise le peuple américain, le Congrès américain, et le refus obsessionnel d’Obama d’y assister lui a assuré une couverture médiatique mondiale – les médias américains ne parlaient plus que de ça depuis 10 jours – dont les communicants israéliens n’auraient jamais osé rêvé.

Netanyahou a révélé ce que cache Obama

Obama tente désespérément de séparer terrorisme et islam. Alors Netanyahou a rappelé que l’Iran finance le terrorisme islamique et qu’il incarne la version la plus dangereuse de l’islam. C’est ce qu’Obama craignait. Il a expliqué que l’idéologie islamiste est profondément ancrée dans l’islam radical de l’Iran et de l’Etat islamique, que l’Iran et l’Etat islamique veulent le même islam, et que rien ne différencie l’Iran de l’Etat islamique : tous les deux recourent au terrorisme, tous les deux veulent exterminer les Chrétiens, les Juifs et une partie des Musulmans, tous les deux veulent que la charia domine le monde, et ni l’Amérique, ni Israël, n’ont de place dans leur projet. La seule différence est qu’ils se disputent la place du roi.

Obama veut un accord avec l’Iran à tout prix. Alors Netanyahou a expliqué qu’il existe une alternative entre un mauvais accord et pas d’accord du tout : « un meilleur accord ». Il a rappelé que les Iraniens sont aux abois, et que s’ils quittent la table des négociations, ils reviendront parce qu’ils ont besoin d’un accord plus que les Etats Unis n’en ont besoin. Il n’a pas dit, mais les observateurs avertis l’ont compris, et un démocrate vexé que son président ait été mouché l’a relevé, la remarque s’adressait à un Obama qui veut éperdument marquer son mandat par la signature historique d’un accord de paix, quelles qu’en soient les conséquences, dussent-elles être un Iran nucléaire dont il entend laisser son successeur gérer le chaos comme une patate chaude qu’on se refile entre étudiants attardés. Sauf qu’il s’agit de la sécurité non seulement d’Israël, non seulement du Moyen Orient, mais de l’Europe, des Etats Unis, et du monde.

Obama ne craint pas que l’Iran possède le nucléaire. Le projet l’autorise à l’obtenir au bout de 10 ans. Alors Netanyahou a rappelé que la pire combinaison, le pire cauchemar pour l’humanité, c’est de permettre à des terroristes islamistes d’obtenir l’arme nucléaire, exactement ce que les dirigeants du 5+1 s’apprêtent à laisser faire à l’issue de la période prévue dans l’accord qui se négocie en ce moment.

Obama occulte la géopolitique du Moyen Orient. Alors Netanyahou a rappelé que le très mauvais accord va déclencher une course au nucléaire au Moyen Orient, car les puissances de la région n’auront d’autre choix que de se nucléariser pour se protéger d’un Iran impérialiste et colonisateur qui contrôle déjà quatre capitales. Et Netanyahou n’a pas manqué de rappeler à des dirigeants occidentaux sans doutes obnubilés par les perspectives économiques, combien volatile et dangereux était l’actuel Moyen Orient, et quel danger il fera peser sur le monde, une fois nucléarisé.

Obama ne voulait pas que Netanyahou dise au peuple américain que l’Iran est un pays qui finance le terrorisme mondial. Netanyahou a donc dit que l’Iran finance le terrorisme mondial. Il l’a martelé en trois points dont le dernier lui a valu un déluge d’applaudissements :

Pour qu’un accord soit conclu, a expliqué le premier ministre israélien,

• L’iran doit cesser de financer le terrorisme mondial (applaudissements).

• Il doit cesser d’agresser les pays voisins (applaudissements).

• Et il doit cesser de menacer d’anéantir mon pays, Israël, le seul et unique Etat juif (applaudissements soutenus, salle debout).

« Si l’Iran veut être traité comme un pays normal, il doit se conduire comme un pays normal » a ajouté Bibi, après avoir précisé qu’un accord acceptable pour Israël est un accord avec lequel Israël peut vivre – au sens littéral, ce dont semble se moquer les dirigeants occidentaux qui écoutent d’une oreille distraite les Mollah iraniens promettre un nouveau génocide juif.

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Obama et les commentateurs de mauvaise foi ont indiqué que Netanyahou n’a fait aucune nouvelle proposition. C’est faux. Netanyahou a indiqué que si les dirigeants occidentaux ne sont pas capable de demander à l’Iran de renoncer à être un pays agresseur et impérialiste avant la signature d’un accord, qu’ils lui demandent au moins de modifier son comportement avant que l’accord n’expire. De dire que si l’Iran change de comportement, les sanctions seront levées, et que si l’Iran n’entend pas changer d’attitude, les sanctions seront maintenues. Que l’Iran doit choisir entre une économie florissante et le nucléaire.

Ces recommandations sont pleines de bon sens, c’est ce qui empêche l’idéologue Obama de les entendre. Apple, dont les iPhone et les iPad se vendent très cher au marché noir, Google et d’autres sont très impatients de s’installer en Iran, ils l’ont déclaré, et ils incitent Obama à ne pas écouter.

Qui croire ?

Peut-on croire Obama qui a mis en garde le président syrien Assad de ne pas franchir la ligne rouge, et qui, lorsque Assad a franchi la ligne rouge, n’a pas bougé ? Obama qui a ordonné à Poutine de ne pas annexer la Crimée, et s’est couché lorsque Poutine a annexé la Crimée ? Obama qui a « mis fin » à la guerre en Irak et l’a plongé dans le chaos que nous observons ? Obama qui a « mis fin » à la guerre en Afghanistan mais qui fait marche arrière et vient de décider de maintenir des troupes américaines bien plus nombreuses que prévu ? Obama qui a annoncé, après la mort de Ben Laden, qu’al Qaïda était « en déroute » alors qu’il s’est métastasé en Afrique et dans tout le Moyen Orient au point que – faire rare – Obama a reconnu que la menace al Qaïda était plus présente que jamais ? Obama qui a laissé les Frères musulmans remplacer en Egypte un dirigeant certes totalitaire mais allié de l’Occident et qui stabilisait la région ? Obama qui a laissé l’Etat islamique se renforcer, qui refuse de nommer islamique ce qui est islamique ? Ou Netanyahou dont la menace d’un Iran nucléaire est léthale pour son pays, contrairement aux Etats Unis ?

Qui croire ? Obama qui affirme que l’accord prévoit « la mise en place du système d’inspection et de vérification le plus vigoureux qui ait jamais été mis en place » pour s’assurer que les Iraniens ne poursuivent pas l’armement nucléaire, ou Netanyahou qui rappelle que les inspecteurs de l’AIEA, dans leur dernier rapport, indiquent que l’Iran viole tous ses accords, leur interdit l’accès à de nombreuses usines, et précise qu’inspecter les activités nucléaires n’est pas les stopper ?

Qui croire ? Barack Obama et les quelques hypocrites membres du Congrès qui assurent vouloir la sécurité d’Israël, mais refusent de rencontrer son premier ministre qui vient expliquer la sécurité d’Israël ?

Qui croire ? Obama l’organisateur de communauté (son ancienne activité politique, qui se traduit par agitateur politique), Obama l’idéologue apaiseur dont la politique étrangère est un désastre que son propre camp dénonce avec une lucide honnêteté (sauf Laurence Haïm, la journaliste groupie d’Obama) ? Ou Netanyahou qui gère la sécurité du peuple juif menacé d’extermination par les terroristes du Hamas au sud, du Hezbollah au nord, et de l’Etat islamique à l’est ? (l’ouest n’est pas menacé, mais c’est parce qu’il y a la mer).

Qui croire ? Obama qui a fait preuve de plus d’irritation contre l’allié Benjamin Netanyahou que contre Vladimir Poutine ou les terroristes de l’Etat islamique ?

Obama qui, contraint par le discours de Netanyahou, reconnait enfin que les dirigeants iraniens ne sont pas des gens fiables, qu’ils mentent et trichent, et qu’il n’est pas possible de compter sur eux (mais qu’il va continuer à leur faire confiance), ou Netanyahou qui voit et nomme le diable de notre époque ?

L’objectif

Obama refuse d’admettre que les négociations en cours sont un traité car il devrait passer par le Sénat. Si le Congrès vote de nouvelles sanctions contre l’Iran, le président peut et a dit qu’il les bloquera par véto. Pour passer outre le véto, le Congrès doit réunir les 2/3 de votes. C’est pour ces deux tiers que Netanyahou s’est déplacé. C’est pour stimuler ces deux tiers, leur faire prendre conscience du danger, légitimer leur position et renforcer leur capacité à affronter le président américain que Netanyahou est allé leur parler.

Et sinon…

« Pour la première fois depuis 100 générations, nous, le peuple juif, pouvons nous défendre. C’est pourquoi, en temps que premier ministre d’Israël, je peux vous promettre une chose : même si Israël doit affronter [l’Iran] seul, Israël l’affrontera. Mais je sais qu’Israël n’est pas seul. Je sais que l’Amérique se tient aux coté d’Israël ».

Charles Krauthammer, prix Pulitzer, physicien et commentateur politique repris par plus de 400 médias dans le monde (mais aucun en France évidemment), a fait cette conclusion que je fais mienne :

« Netanyahou a montré aux Israéliens, aux Iraniens et au monde entier, qu’Israël a le soutien massif du Congrès américain et du peuple américain. Il a forcé Obama a expliquer aux Américains -ce qu’il s’est jusqu’à présent bien gardé de faire – pourquoi il veut cet accord avec l’Iran. »

Nous saurons dans les semaines qui viennent si Netanyahou a atteint son objectif. Le monde n’a jamais eu autant besoin de Netanyahou que maintenant. S’il réussit, le monde ne pardonnera pas aux juifs d’avoir sauvé l’humanité.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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Traduction française d’une partie du discours de Benjamin Netanyahou (merci Annika). Note: nous n’avons pas vérifié son exactitude.

« Parce que l’Amérique et Israël partagent un destin commun, le destin de terres promises qui chérissent la liberté et offrent de l’espoir. Israël est reconnaissant du soutien de l’Amérique – de la population de l’Amérique et des présidents de l’Amérique, de Harry Truman à Barack Obama.(…) Mes amis, je suis venu ici aujourd’hui parce que, en tant que Premier ministre d’Israël, je me sens une obligation profonde de vous parler d’une question qui pourrait bien menacer la survie de mon pays et l’avenir de mon peuple: la quête iranienne pour obtenir des armes nucléaires. Nous sommes un peuple ancien. Dans nos près de 4000 ans d’histoire, beaucoup ont essayé à plusieurs reprises de détruire le peuple juif. Demain soir, lors de la fête juive de Pourim, nous allons lire le Livre d’Esther. Nous lisons le récit d’un vice-roi de Perse puissant nommé Haman, qui complotait pour détruire le peuple juif il y a quelque 2500 ans. Mais une femme juive courageuse, reine Esther, a démontré ce complot et a donné au peuple juif le droit de se défendre contre ses ennemis. Le complot a été déjoué. Notre peuple a été sauvé. Aujourd’hui le peuple juif fait face à une autre tentative, d’un autre potentat perse, de nous détruire. Le Guide suprême l’ayatollah Khamenei crache sa haine la plus ancienne, la haine de l’antisémitisme, avec les nouvelles technologies. Il tweete qu’Israël doit être anéanti – il tweete ! Vous savez, en Iran, Internet n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler livre. Mais il tweet en anglais qu’Israël doit être détruit. Pour ceux qui croient que l’Iran menace l’Etat juif, mais pas le peuple juif, écoutez Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, chef mandataire terroriste de l’Iran. Il a dit: Si tous les Juifs se rassemblent en Israël, cela va nous épargner la fatigue de les pourchasser dans le monde entier. Mais le régime iranien n’est pas seulement un problème juif, pas plus que le régime nazi n’était qu’un problème juif. Les 6 millions de juifs assassinés par les nazis n’étaient qu’une fraction des 60 millions de personnes tuées dans la Seconde Guerre mondiale. Donc, si le régime de l’Iran constitue une grave menace non seulement pour Israël, c’est aussi le cas pour la paix du monde entier. Pour comprendre à quel point l’Iran serait dangereux avec des armes nucléaires, nous devons comprendre pleinement la nature du régime. Le peuple d’Iran est composé de gens très talentueux. Ils sont les héritiers d’une des plus grandes civilisations du monde. Mais en 1979, ils ont été détournés de leur histoire par des fanatiques religieux, des fanatiques religieux – qui ont imposé une dictature sombre et brutale. Cette année là, les fanatiques ont rédigé une constitution nouvelle pour l’Iran. Elle ordonne aux gardiens de la révolution de ne pas seulement protéger les frontières de l’Iran, mais aussi de remplir la mission idéologique du jihad. Le fondateur du régime, l’ayatollah Khomeini, a exhorté ses partisans à « exporter la révolution dans le monde entier. » Je suis ici à Washington, et la différence est tellement frappante. Le document fondateur de l’Amérique promet la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Le document fondateur de l’Iran s’engage dans la mort, la tyrannie, et la poursuite du djihad. Et alors que les États s’effondrent à travers le Moyen-Orient, l’Iran se charge d’occuper le vide pour faire exactement cela. Les hommes de main de l’Iran à Gaza, ses laquais au Liban, ses gardiens de la révolution sur le plateau du Golan entourent Israël avec trois tentacules de terreur. Soutenu par l’Iran, Assad massacre Syriens. Soutenu par l’Iran, les milices chiites sont lâchées en Irak. Soutenu par l’Iran, les Houthis prennent le contrôle du Yémen, menaçant les détroits stratégiques à l’embouchure de la mer Rouge. Avec le détroit d’Ormuz, ce serait donner à l’Iran une seconde point d’approvisionnement en pétrole du monde. (…) L’Iran a pris des dizaines d’Américains en otage à Téhéran, a assassiné des centaines de soldats américains, des Marines à Beyrouth, et est responsable de la mort et de mutilations des milliers d’hommes et de femmes, de militaires américains en Irak et en Afghanistan. Au-delà du Moyen-Orient, l’Iran attaque l’Amérique et ses alliés à travers son réseau mondial de terrorisme. Il a fait sauter le centre de la communauté juive et l’ambassade israélienne à Buenos Aires. Il a aidé Al Qaida à attaquer les ambassades américaines en Afrique. Il a même tenté d’assassiner l’ambassadeur saoudien, ici à Washington DC. Au Moyen-Orient, l’Iran domine désormais quatre capitales arabes, Bagdad, Damas, Beyrouth et Sanaa. Et si l’agression de l’Iran n’est pas défaite, d’autres suivront sûrement. Donc, à un moment où beaucoup espèrent que l’Iran se joindra à la communauté des nations, l’Iran est occupé engloutir les nations.(…) Ne soyez pas dupe. La bataille entre l’Iran et l’ISIS ne fait pas l’Iran dans un ami de l’Amérique. L’Iran et l’ISIS sont en compétition pour le trône de l’Islam militant. Le premier se nomme République Islamique, le second Etat Islamique. les deux veulent imposer un empire islamique militant, d’abord sur la région, puis sur le reste du monde. Ils sont simplement en désaccord sur celui qui sera le chef de cet empire. Dans cette lutte mortelle pour un trône, il n’y a pas de place pour l’Amérique ou pour Israël, pas de paix pour les chrétiens, les juifs ou les musulmans qui ne partagent pas la croyance médiévale islamiste, pas de droits pour les femmes, pas de libertés pour les peuples.(…) La différence est que l’ISIS est armé avec des couteaux de boucher, des armes saisies et YouTube, alors que l’Iran pourrait bientôt être armé avec des missiles balistiques intercontinentaux et des bombes nucléaires. Nous devons toujours nous rappeler – je vais le dire une fois de plus – que le plus grand danger auquel notre monde doit faire face, est le mariage de l’Islam militant avec des armes nucléaires. Vaincre l’Etat Islamique et laisser l’Iran obtenir des armes nucléaires serait comme gagner la bataille, mais perdre la guerre. (…) Vous n’avez pas à lire Robert Frost pour le savoir. Vous devez vivre votre vie afin de savoir que le chemin difficile est habituellement le moins fréquenté, mais il faudra savoir faire toute la différence pour l’avenir de mon pays, la sécurité du Moyen-Orient et la paix du monde, paix que nous avons tous pour désir.(…) Mes amis, se tenir debout face à l’Iran n’est pas simple. Etre debout face à des régimes sombres et meurtriers n’est jamais simple. Il y a parmi nous aujourd’hui un survivant de la Shoah et lauréat du prix Nobel, Elie Wiesel. Elie, votre vie et votre travail nous inspirent pour donner un sens aux mots, « plus jamais ça. » Et je souhaite pouvoir vous promettre, Elie, que les leçons de l’histoire ont été tirées. Je ne peux qu’encourager les dirigeants du monde à ne pas répéter les erreurs du passé. (…) Mais je ne peux vous garantir cela. Les jours où le peuple juif sont restés passifs face à des ennemis génocidaires, ces jours sont révolus. Nous ne sommes plus dispersé parmi les nations, impuissants pour nous défendre. Nous avons restauré notre souveraineté dans notre ancienne maison. Et les soldats qui défendent notre maison ont un courage sans bornes. Pour la première fois en 100 générations, nous, le peuple juif, pouvons nous défendre. Mais je sais qu’Israël n’est pas seul. Je sais que l’Amérique se tient avec Israël (…) parce que vous savez que l’histoire d’Israël n’est pas seulement l’histoire du peuple juif, mais de l’esprit humain qui refuse encore et encore de succomber à des horreurs de l’histoire. Face à moi, juste là dans cette galerie, on voit l’image de Moïse. Moïse a conduit notre peuple de l’esclavage aux portes de la terre promise. Et avant que le peuple d’Israël n’entre sur la terre d’Israël, Moïse nous a donné un message qui a endurci notre détermination depuis des milliers d’années. Je vous laisse avec son message aujourd’hui, « Soyez forts et déterminés, sans peurs ni craintes à leurs égards. » (…) Que Dieu bénisse l’Etat d’Israël et que Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique.

Benjamin Netanyahou. Au congres americain. 3/3/2015

Source :  extremecentre.org/discours-de-netanyahou

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