Publié par Dreuz Info le 31 mars 2015
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Photo Ludwik Lewin

 

Le jeudi 22 janvier 2015, près de 300 personnes étaient rassemblées au CCJC pour écouter la conférence conjointe de Daniel Pipes et Philippe Karsenty dont le thème était : « Réflexions croisées au sujet des défis que doivent affronter l’Europe, Israël, les Etats-Unis et les communautés juives. »

Les attaques djihadistes des 7, 8 et 9 janvier étaient dans tous les esprits et elles ont modifié l’ordre du jour et les thèmes abordés lors de cette conférence.

Les deux conférenciers ont commencé la soirée en rappelant et en commentant quelques faits marquants liés aux attaques terroristes de Paris :

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  • Sept millions de Charlie Hebdo ont été achetés mais personne ne le lisait dans les lieux publics. Par crainte peut-être…
  • Alors que les assassins étaient tous musulmans, les médias se sont précipités pour exonérer l’islam de ses responsabilités.
  • La plupart des dignitaires musulmans français que l’on a vu dans les médias sont les mêmes que ceux qui ont chauffé les esprits depuis plusieurs années en condamnant la publication des caricatures de Mahomet.
  • En France, et dans le monde médiatique, le pire des blasphèmes est de s’attaquer à la crédibilité perdue d’un journaliste ; Philippe Karsenty en sait quelque chose.
  • Les médias ont fabriqué le monstre qui les a attaqués en donnant la parole et en promouvant les travaux de gens comme Tariq Ramadan, Stéphane Hessel, Charles Enderlin ou Edgar Morin. La responsabilité des médias publics est engagée dans cette diffusion de propagande pro-islamiste.

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Daniel Pipes, président et fondateur du Middle East Forum, un groupe de réflexion basé à Philadelphie, n’a pas caché son pessimisme sur l’avenir des Juifs français et a même pronostiqué, à plus ou moins brève échéance, un départ massif des Juifs de France. Selon lui, l’Europe perdra ses Juifs mais l’Europe restera debout, c’est-à-dire, consciente et résistante face à la menace islamiste. Ainsi, même si Daniel Pipes n’encourage pas à voter pour les partis populistes européens, il se réjouit de leur progression qui, selon lui, révèle que les Européens ne se laisseront plus intimider face aux dangers qui les guettent. Il envisage même, in fine, une acclimatation de l’islam au monde occidental au travers de sa formule choc : « l’islam radical est le problème, l’islam modéré est la solution ».

Pour sa part, Philippe Karsenty, responsable politique mais qui s’exprimait ce soir-là à titre personnel et en tant qu’intellectuel, a effectué un diagnostic semblable : l’avenir des Français juifs est pour le moins incertain.

Tout au long de la soirée, Daniel Pipes et Philippe Karsenty ont échangé leurs points de vue sur la situation avant de répondre aux questions du public.

S’il est apparu qu’ils avaient de nombreux points de convergences, leurs perceptions ne sont pas toujours les mêmes.

Ainsi, alors que Philippe Karsenty paraissait plutôt satisfait des prises de position du nouveau président égyptien Al Sissi, Daniel Pipes exprimait une certaine méfiance à son égard et préférait attendre qu’il donne des gages plus concrets.

Daniel Pipes a aussi rappelé que, selon lui, le terrorisme n’est pas l’outil de prédilection des Frères Musulmans mais que leur stratégie repose bien davantage sur une infiltration en douceur dans les sociétés occidentales afin d’en prendre progressivement le contrôle.

S’il est un point sur lesquels Daniel Pipes et Philippe Karsenty sont tombés d’accord, c’est l’analyse de la politique étrangère d’Obama qu’ils ont jugée désastreuse, tant pour ce qui concerne la défense des intérêts américains que pour le reste du monde occidental.

En conclusion, Philippe Karsenty a insisté sur le fait qu’«on ne nait pas antisémite, on le devient », soulignant le rôle essentiel du conditionnement médiatique dans la montée de l’antisémitisme en France et en Europe.

A rebours de la doxa actuelle qui voudrait que ce soit en limitant l’expression de l’antisémitisme sur les réseaux sociaux et les sites djihadistes, Daniel Pipes et Philippe Karsenty ont évoqué le rôle prépondérant qu’ont les médias dominants dans l’amorçage et l’entretien de l’antisémitisme dans les sociétés européennes.

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