Publié par Manuel Gomez le 30 mars 2015

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La majorité des harkis n’a pas quitté l’Algérie après le 19 mars 1962 !

Si c’est pour nous apprendre cela que Pierre Daum a parcouru 20.000 kms et recueilli durant 2 ans et demi d’enquête des centaines de témoignages inédits (forcément) il aurait pu tout aussi bien rester en France. (Source El Watan)

Ceci dit, c’est absolument vrai, mais la majorité des harkis a été torturée, exécutée, massacrée, ébouillantée, et c’est pour ces raisons qu’elle n’a pas pu quitter l’Algérie.

La question peut se poser de savoir qui a défrayé Daum pour passer deux ans et demi et parcourir 20.000 kms en Algérie à la recherche de cette vaste fumisterie. Il est vrai que pour découvrir quelques harkis encore vivants il lui a bien fallut tout ce temps…

A lire et à entendre Pierre Daum tout cela est totalement faux.

Son enquête révèle qu’en réalité la très grande majorité des harkis restés au pays ont retrouvé cette vie de pauvres paysans qu’ils avaient avant la guerre et cela en toute quiétude.

Seuls les coupables (de tortures, viols, exactions en tous genres) ont été éxécutés. Bien-sûr que pendant cette période de chaos (1962) eurent lieu de nombreux crimes aveugles, des vengeances sordides et des exécutions sommaires. Mais elles sont sans aucun rapport toutefois avec la guerre. Il s’agissait de vieilles querelles de terre, d’héritage ou de femmes.

A contrario de la vérité selon Pierre Daum, ce spécialiste de la désinformation, pour qui jamais l’ALN et le FLN n’auraient pû faire ces exactions et qui, au contraire, ont toujours tenus vis-à-vis des harkis un discours paternaliste :« Vous vous êtes trompés, vous avez été manipulés par l’oppresseur colonial, si vous nous rejoignez on pardonnera vos erreurs ».

Dans son prochain livre, à paraitre le 2 avril aux éditions Actes Sud, il veut nous prouver que jamais les harkis n’ont été exécutés en Algérie.

Et qu’il s’agit là d’une fable racontée par certains groupes mémoriaux en France et à l’extrême droite. Que depuis plus de cinquante années, les nostalgiques de l’Algérie Française (toujours eux) instrumentalisent de façon éhontée les souffrances réelles que de nombreux harkis ont vécu au moment de l’indépendance, et cela en éxagérant le nombre de morts (150.000), chiffre qui ne repose sur aucun fondement historique ; en prétendant des massacres, voire même un génocide des harkis et au passage bien évidemment, ces nostalgiques justifient sous couvert d’un pseudo-humanisme le combat des ultras de l’Algérie française et notamment de l’OAS.

Et à cause de cela, la plupart des Français pensent qu’en 1962 les harkis ont soit réussi à s’enfuir en France, soit ont été massacrés.

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En voulant trop prouver, Pierre Daum dit tout et son contraire

Ainsi Daum estime qu’au moins 250.000 algériens se sont retrouvés supplétifs de l’armée française, qu’il faut rajouter 50.000 algériens militaires de carrière et 120.000 algériens appelés du contingent, soit au total 420.000 qui ont porté l’uniforme français.

Sur ce chiffre seuls 30.000 harkis au maximum sont venus en France.

Il en est donc resté 390.000 en Algérie. Bien entendu, ce chiffre a beaucoup diminué à cause des morts de vieillesse, mais Pierre Daum, en cherchant bien, a retrouvé quelques algériens qui connaissaient un harki, qui lui-même en connaissait un autre et ainsi de suite…

Plus sérieusement, il s’est adressé à l’ONAC (Office National des Anciens Combattants) à Alger et il s’avère que depuis 2010 les harkis ont le droit de percevoir la retraite de combattant (668 euros/an). Dès lors, Ils se sont empressés de s’inscrire, et 60.000 en sont aujourd’hui bénéficiaires, et ce n’est pas tout car nombreux n’ont pas déposé de demande auprès de l’ONAC.

On savait que l’on vivait très vieux en Algérie (n’est-ce pas le pays où il y a le plus de centenaire à percevoir une retraite française ?) mais pas à un tel point. (Tous ont au minimum 75 ans et plus)

Il serait intéressant de savoir combien il reste de harkis en vie sur les 30.000 venus en France en 1962. Et surtout, solliciter leur avis sur cette question, car eux ne sont pas des nostalgiques et ils sont très certainement mieux renseignés que Pierre Daum.

Rappelons que ce “spécialiste” avait écrit en 2012 (« Ni la valise, ni le cercueil ») que 200.000 Pieds-Noirs étaient restés en Algérie après l’indépendance, sans subir la moindre violence.

Il s’agit bien entendu d’une pure affabulation, puisque moins de 50.000 étaient répertoriés obligatoirement au consulat de France à Alger, et qu’il s’agissait pour plus de la moitié de personnes âgées qui n’avaient jamais vu la France et qui, n’ayant pas de famille, choisissaient de mourir sur « leur » terre.

Une autre partie était des fonctionnaires « obligés » de rester sur place.

Et enfin, ceux que l’on appelle les « Pieds-Rouges » restés par idéologie et espoir – vite déçu – d’obtenir une reconnaissance pour avoir aidé les ennemis de leur patrie.

Je vous donne absolument raison, Pierre Daum, mais sur un seul point :

Les harkis n’ont eu besoin ni de valises ni de cercueils pour quitter l’Algérie !

Les nouveaux maîtres leurs ont creusé de vastes trous pour jeter dans ces charniers ce qui restait de leurs corps.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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