Publié par Magali Marc le 24 mars 2015

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Chiheb Esseghaier et Raed Jaser étaient accusés de complot au profit d’un groupe terroriste, «afin de commettre le meurtre de personnes inconnues» et «afin de nuire aux moyens de transport dans le but de compromettre la sécurité».

Vendredi 20 mars, les jurés, après dix jours de délibérations, ont livré des verdicts de culpabilité pour toutes ces accusations sauf une. Les deux hommes connaîtront leur peine le 10 avril. La peine maximale pour ces crimes est la prison à vie.

Chiheb Esseghaier et Raed Jaser avaient prévu de faire dérailler le train de Toronto vers New York afin de tuer un maximum de passagers. Les deux ont été déclarés coupables d’avoir conspiré pour commettre un meurtre en association avec un groupe terroriste.

D’origine tunisienne, Esseghaier était étudiant en doctorat à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il travaillait et étudiait à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), à Varennes, en Montérégie (en banlieue de Montréal).

Raed Jaser, un immigrant d’origine palestinienne ayant le statut de résident permanent au Canada, vivait en banlieue de Toronto.

Le procureur de la Couronne Croft Michaelson les a décrits comme des dangers publics, et a remercié les autorités américaines pour leur contribution importante dans l’enquête, qui a duré des mois avant leur arrestation.

Le témoin-vedette de la Couronne était un agent d’infiltration de la police fédérale américaine (FBI) qui était parvenu à gagner la confiance des deux hommes, récoltant plusieurs aveux de leur part et les a soigneusement enregistrés. Le jury aura entendu 25 heures de ces conversations que l’agent a eues avec les suspects à l’époque.

Esseghaier et Jaser disaient clairement dans les enregistrements qu’ils planifiaient l’attaque contre Via Rail pour se venger de l’intervention militaire du Canada au Moyen-Orient.

[quote]L’assassinat de femmes et d’enfants justifié pour «préserver la religion»[/quote]

Esseghaier expliquait à l’américain que l’assassinat de femmes et d’enfants était justifié pour «préserver la religion».

En fait, Esseghaier et Jaser ne s’entendaient pas sur les moyens à utiliser. Les jurés ont pu entendre Jaser défendre l’idée que ce serait plus efficace d’avoir un tireur d’élite qui assassinerait de manière sélective des notables canadiens et des «Juifs riches».

Jaser :

«Tu crois que les gens attachent de l’importance à 50 personnes dans un train? … Ils s’en fichent…Mais des Juifs riches quand tu en élimines 50 qu’est- ce qui se passe? Tu les rends fous!» (TDA)

Il estimait que ce n’était pas réaliste de faire sauter des rails et qu’Esseghaier devait cesser de se conformer à ce que lui dictaient ses contacts djihadistes.

Le parcours d’un «exclu»

Ceux qui ressassent le prêchi-prêcha selon lequel la radicalisation des jeunes Maghrébins en Occident concerne des «loups solitaires» et vient de ce qu’ils se sentent exclus et en butte au racisme envers les Arabes ou à l’islamophobie feraient bien de méditer le parcours de Chiheb Esseghaier.

C’est en Estrie, où ses parents restés en Tunisie le perdent de vue, que se fait sa radicalisation.

À l’Université de Sherbrooke, il fréquente l’Association des étudiants musulmans, ainsi que la mosquée Errahman. Lui-même a admis à un journaliste que n’étant plus surveillé par ses parents, ils se sentait libre de s’associer à qui il voulait.

Puis, lors d’un séjour à Montréal pendant lequel il étudie à l’INRS, alors qu’il habite sur le boulevard Rosemont, il fréquente la mosquée al-Qods, rue Bélanger.

Déjà en 2008, Chiheb Esseghaier, qui commence ses études doctorales à l’Université de Sherbrooke, arbore sur sa photo de profil LinkedIn le drapeau de l’État islamique d’Irak.

Personne ne peut dire que ses idées et ses fréquentations lui sont tombées dessus à «l’insu de son plein gré».

Elle semble lointaine, l’époque où les journalistes de Radio Canada cherchaient – et trouvaient – des mosquées à Montréal où les imams tenaient des propos radicaux.

Des reportages sur Chiheb Esseghaier ont montré que sa radicalisation s’est faite au Canada.

Lors d’un reportage diffusé le 23 avril 2013 et consacré à la mosquée Taïba dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal, le reporter de Radio Canada, Benoît Giasson, a présenté ces indices de la radicalisation de Chiheb Esseghaier :

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  1. Chiheb Esseghaier fréquentait des mosquées où les imams tiennent des propos radicaux,
  2. Le père d’Esseghaier s’inquiétait également que son fils ait commencé à porter la barbe au Canada,
  3. Chiheb Esseghaier a critiqué un musulman parce qu’il travaillait au Canada et payait des taxes. Plusieurs islamistes interprètent les textes islamiques autorisant le pillage des territoires conquis par les musulmans comme une justification pour dilapider les ressources des pays non-musulmans où ils vivent en fraudant l’aide sociale ou autrement.

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[quote]Déposséder les non-musulmans de leurs richesses[/quote]

À propos de la critique d’Esseghaier à l’égard de son collègue contribuant à l’impôt, le journaliste note que durant l’hiver 2010-2011, le magazine Inspire d’Al-Qaïda a consacré un long article qui justifie le fait de déposséder les non-musulmans de leurs richesses en Occident.

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Anwar al-Awlaki, un leader des Frères Musulmans né aux États-Unis et devenu plus tard leader d’Al-Qaïda au Yémen, déclare que les musulmans vivant en Occident doivent voler et détourner des fonds publics tout comme s’ils vivaient de la terre en chassant et en amassant du bois. Ces activités sont encore plus louables si elles servent à financer le jihad, a ajouté al-Awlaki.

La majorité des organisations islamiques au Québec sont sous l’influence des Frères Musulmans et les mosquées fréquentées par Chiheb Esseghaier à Sherbrooke et Montréal sont du nombre.

Lors d’une comparution devant un tribunal de Toronto le 24 avril 2013, Chiheb Esseghaier a refusé d’être jugé en vertu d’un livre autre que le Coran. Il a déclaré que: «(le) Code criminel n’est pas un livre saint. Il a été écrit par des êtres qui ne sont pas parfaits, seul le Créateur est parfait. Donc nous ne pouvons pas fonder nos jugements sur ces écrits».

Chiheb Esseghaier avait été recruté par un professeur réputé pour devenir chercheur à l’INRS. Il a publié des articles dans des revues scientifiques. Il avait devant lui un bel avenir.

En quoi pouvait-il donc être considéré comme un exclu?

Les Mosquées de Montréal

Jacques Brassard, un ancien ministre québécois devenu chroniqueur pour le Journal de Montréal (5 mars 2015) donne de nombreux exemples de lieux de radicalisation existant à Montréal en se basant sur les sites Poste de Veille et Point de Bascule qu’il ne craint pas de citer :

«… le Conseil Musulman de Montréal, qui déclare représenter 70 institutions de la région métropolitaine, est une organisation proche des Frères Musulmans qui prêche le djihad dans les mosquées d’Égypte et de Gaza (le Hamas étant une filiale des Frères). Le Conseil est dirigé par Salam Elmenyawi, un disciple du guide spirituel des Frères Musulmans, Youssef Qaradawi. Pour Qaradawi, la mosquée est ‘le centre de la révolution islamique’ et il ajoute qu’elle ‘doit jouer un rôle important pour encourager le djihad dans le sentier d’Allah’».

N’est-ce pas assez clair ?

Un autre exemple: l’Islamic Society of North America et la Muslim Association of Canada sont les principaux propriétaires d’édifices où se retrouvent des mosquées et des centres islamiques au Québec et au Canada.

ISNA vient de perdre son statut d’organisme de bienfaisance. Motif: elle finançait le terrorisme. Quant à l’autre, elle aussi, par le biais d’un organisme collecteur de fonds, IRFAN, soutenait financièrement le Hamas, entité terroriste qui gère «l’admirable-démocratie-de-la-bande-de-Gaza».

Et pour ce qui est des Imams prêcheurs dans les mosquées, l’ex-députée libérale, Fatima Houda-Pépin nous révèle qu’il y en a «des dizaines et des dizaines», tous fervents adeptes de l’application intégrale de la Charia pure et dure.

Leur obscurantisme délirant, leur furieuse misogynie, leur haine de la démocratie et leur mépris des droits de la personne imprègnent leur prédication.

Qu’attend l’Etat pour à la fois scruter les sources de financement des mosquées et l’allégeance des Imams envers des brigades djihadistes et des pays qui, tels le Qatar, l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Turquie, cautionnent et propagent la barbarie islamiste?

Un État démocratique responsable ne peut pas laisser une telle infection se développer.

Ça pourrait commencer par le renvoi dans son pays d’origine de la musulmane qui veut prêter serment «masquée».

Je ne saurais mieux dire…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc pour Dreuz.info.

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