Publié par Frank Khalifa le 14 avril 2015

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Les massacres perpétrés au siège de Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le 9 janvier 2015, prennent une résonance toute particulière en cette période d’apparente sérénité postpascale.

On essaie de nous faire croire que la paix constitue l’évènement continu et la guerre, l’évènement exceptionnel. Ne nous leurrons pas. Qu’est ce qui est le plus insoutenable : la malhonnête cécité occidentale ou la terreur nazislamiste ? Le 2 avril 2015, 148 personnes, des chrétiens, étudiants pour la plupart de l’université de Garissa au Kenya, sont assassinées par les terroristes de Chabab. Malgré les nombreux rassemblements de recueillement ici et là au sein de la bien-pensance universitaire occidentale, le « Je suis Kenyan » s’est fait un tantinet et regrettablement discret.

Il faut dire que, le 18 mars 2015, le massacre de 24 personnes, des chrétiens et des « mécréants », dont 21 touristes, perpétré au musée du Bardo de Tunis, n’a pas non plus vraiment dessillé la cécité du citoyen occidental lambda.

Maudit fatum et honni soit qui mal y pense !

Par contre, les réseaux sociaux continuent obsessionnellement à déverser leur flot de haine antisioniste et « Adam recherche Eve » a renvoyé au vestiaire l’amour en costard du « Bachelor, gentleman célibataire ». Ajoutez à cette artificielle ambiance au parfum des années folles l’accord daladien de Lausanne sur le nucléaire iranien, sous la houlette décomplexée du non-patriote et encore moins philosémite « Obama, Yes we can destroy the world », vous pourriez choisir, à D. ne plaise, de partager le destin de Walter Benjamin au pied des Pyrénées.

N’en faîtes rien.

L’homo deux fois sapiens n’est pas l’homo erectus. Il n’est même pas à genoux. Il est à plat-ventre, plaçant du coup son cerveau, son cœur et son sexe sur un même mode de résolution cognitive horizontal…

Qu’a appris l’humanité de l’échec bimillénaire du summum du crime contre l’humanité perpétré à Auschwitz ?

Rien.

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Le jeudi 6 avril 1944 était ce premier jour des vacances de Pâques pour ces 45 enfants juifs de la Maison d’Izieu, déjà le pro-creuset inconscient de la future et malmenée mémoire européenne. Ils étaient d’origine allemande, polonaise, autrichienne, belge ou encore française, de métropole ou d’Algérie. Ah ! Pour sûr qu’ils n’étaient pas de la « graine » du collégien de Vauquelin à Toulouse qui a abattu, à bout-portant, un otage arabe israélien, dans l’une de ces vidéos macabrement mises en ligne par Daesch.

Comment peut-on oser faire le parallèle ?

On va nous traiter de frontistes, de propagandistes, de fascistes, etc. mais jour après jour, minute après minute, l’histoire nous donne raison.

Le miroir, ensanglanté du sang des martyrs chrétiens d’Orient, ne renverra pas à tout le monde cette image d’hommes qui n’auront pas été les complices de crimes contre l’humanité. Aidés de capitaux financiers noircis par des princes au double langage et aux finalités sociétales reptiliennes, des monstres s’infiltrent ça et là dans les rouages des appareils d’État et dans les pores de notre pusillanime couardise (pléonasme voulu) pour, à l’instar des complices de Coulibaly, fomenter et perpétrer les crimes contre l’humanité.

Le jeudi 6 avril 1944, à l’heure du petit-déjeuner, un détachement de la Wehrmacht et la Gestapo de Lyon, certainement après une dénonciation et sur ordre de Klaus Barbie, jetaient quarante-cinq enfants de la Maison d’Izieu et sept adultes, tels des sacs à patates, frappés à coups de pieds et de mitraillette dans le ventre, dans des camions ad hoc.

Les habitants du village entendront, au loin et pour la dernière fois, le chant de ces enfants : « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine ! ».

Le voyage vers Drancy se terminera à Auschwitz-Birkenau par le convoi n° 71. (1)

Malgré cette foutue mode révisionniste de juger les grands héros de l’Histoire après coup, j’ai envie de faire renaître Churchill, juste le temps d’une phrase : « Vous vous demandez : quel est notre but ? Je réponds par un seul mot : la victoire, la victoire à n’importe quel prix, la victoire en dépit de toutes les terreurs, la victoire, quelque que soit la route longue et difficile pour y parvenir, car sans victoire, il n’y a pas de survie ». (2)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Frank Khalifa pour Dreuz.info.

(1) Seul Léon Reifman parviendra miraculeusement à s’enfuir par une des fenêtres de la Mison d’Izieu. Le petit René-Michel Wucher, âgé de 8 ans, reconnu par une parente, sera relâche, Il est le seul enfant qui n’était pas juif.

(2) “You ask, what is our aim? I can answer in one word: It is victory, victory at all costs, victory in spite of all terror, victory, however long and hard the road may be; for without victory, there is no survival”. Winston Churchill, The Official Report, House of Commons, (5th Series), Hansard, London, May 1940 13th.

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