Publié par Magali Marc le 12 avril 2015

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Pour l’Autorité Palestinienne (AP), le désir de punir Israël est plus fort que la volonté de sauver des milliers de vies palestiniennes alors que l’État Islamique et l’armée syrienne massacrent et affament les Palestiniens du camp de Yarmouk assiégé depuis 700 jours.

[quote]Délégitimer et isoler Israël est plus important que s’occuper de leur peuple[/quote]

Pendant que les Palestiniens se faisaient massacrer et décapiter par les terroristes de l’État Islamique du camp de réfugiés de Yarmouk près de Damas, les dirigeants palestiniens ont, une fois de plus, démontré que délégitimer et isoler Israël est plus important que s’occuper de leur peuple.

Après sept jours de combat, l’ÉI contrôle près de 90% du camp qui servait de refuge à plus de 150 000 Palestiniens. L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) estime qu’après quatre ans de guerre civile en Syrie, la population de Yarmouk n’est plus que de 18 000.

L’Autorité Palestinienne et le Hamas ont exprimé leur profonde préoccupation au sujet de la prise de contrôle par l’État Islamique du camp de Yarmouk. La semaine dernière, ces dirigeants ont publié des déclarations quotidiennes condamnant fermement les « massacres » dans Yarmouk et appelant à la fin des combats. Mais ils se sont limités à ces déclarations et n’ont pas jugé bon de convoquer une réunion d’urgence des dirigeants arabes pour faire arrêter l’attaque du camp.

Le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas a décidé, plus tôt cette semaine, d’envoyer le haut représentant de l’OLP, Ahmed Majdalani, en Syrie pour des entretiens visant à mettre fin à la crise et à sauver la vie des résidents du camp.

Dans certaines parties de la Judée Samarie et de la bande de Gaza, des militants palestiniens ont tenu des «sit-in» et de petits rassemblements afin de protester contre les « crimes odieux » perpétrés par l’État islamique contre les Palestiniens de Yarmouk.

Mais l’envoi d’un représentant de l’OLP en Syrie et les manifestations à caractère limité en Judée Samarie et à Gaza ne sont pas de nature à aider les Palestiniens de Yarmouk. Cela ne suffira pas non plus à persuader les terroristes de l’État islamique de cesser les massacres.

[quote]Une attaque israélienne du camp aurait suscité une condamnation et des protestations dans le monde entier[/quote]

Les Palestiniens de Yarmouk n’ont vraiment pas de chance : ils sont attaqués et assassinés par des Musulmans et non par Israël. Une attaque israélienne du camp aurait suscité une condamnation et des protestations dans le monde entier. Les dirigeants palestiniens et arabes se seraient précipités pour demander l’intervention du Conseil de sécurité de l’ONU et pour ameuter la communauté internationale.

Les Palestiniens de Yarmouk sont malchanceux parce que leurs dirigeants à l’AP et au Hamas sont encore trop occupés à se battre pour le monopole du pouvoir et de l’argent. C’est une lutte continuelle qui a commencé quand le Hamas a chassé l’AP de la Bande de Gaza à l’été 2007.

Ils n’ont pas de chance parce que les dirigeants palestiniens pensent qu’ils ont d’autres chats à fouetter, comme la continuation de la campagne pour isoler et délégitimer Israël dans tous les forums internationaux possibles et imaginables.

Pour les dirigeants de l’AP, le désir de punir Israël est plus fort que la volonté de sauver des vies de milliers de Palestiniens.

Plutôt que de consacrer leurs énergies et leurs efforts à arrêter les massacres de Yarmouk, ils se chamaillent sur les points et des virgules dans la résolution qu’ils vont soumettre au Conseil de Sécurité de l’ONU pour y faire adopter un calendrier de cessation de l’«occupation» israélienne.

La résolution en question, bien sûr, ne mentionne d’aucune façon la tragédie de Yarmouk.

Les représentants de l’AP se sont promenés de pays en pays afin de concrétiser leur campagne de punition et d’isolation d’Israël.

Jibril Rajoub, le président de la Fédération Palestinienne de Football, était au Caire pour exiger que la Fédération internationale des association de football (FIFA) suspende l’adhésion d’Israël.

Rajoub n’a pas cru nécessaire de se rendre en Syrie pour essayer d’aider son peuple dans Yarmouk.

Notons que le président de la FIFA, Sepp Blatter, a déclaré qu’il était opposé à la demande palestinienne. La «suspension d’une fédération pour une raison quelconque est toujours quelque chose qui nuit à l’ensemble de l’organisation» t-il dit.

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Il est difficile de voir comment le fait que la FIFA accepte de suspendre Israël serait d’une quelconque utilité pour les Palestiniens, en particulier pour ceux qui sont morts de faim et ont été abattus par l’armée syrienne et par l’État islamique.

Alors que les combats dans Yarmouk ont continué, le Président de l’AP, Mahmoud Abbas, s’est envolé vers Doha pour des entretiens avec l’émir du Qatar.

L’Agence des nouvelles officielles de l’OLP a rapporté qu’Abbas et l’émir ont discuté de «… relations bilatérales et des derniers développements concernant la cause palestinienne».

Encore une fois, aucune référence à la situation des résidents de Yarmouk n’a été faite. Plus tard, il est apparu qu’Abbas est allé au Qatar pour demander un prêt de 100 millions de dollars.

[quote style= »boxed » float= »left »]Pour le Fatah, les Palestiniens massacrés, morts de faim et forcés de quitter leurs maisons ne constituent pas la priorité, et il est plus important de mener une campagne de punition et d’isolation d’Israël[/quote]

Quoique la faction du Fatah dirigée par Abbas ait exprimé des inquiétudes concernant la tragédie de Yarmouk, lors d’une série de déclarations laconiques publiées ces derniers jours à Ramallah, le Fatah a prouvé une fois de plus que les Palestiniens massacrés, morts de faim et forcés de quitter leurs maisons ne constituent pas la priorité et qu’il est plus important de mener une campagne de punition et d’isolation d’Israël.

Au lieu de parler de ce que fait l’État islamique et des crimes de guerre de la Syrie contre les Palestiniens, le Fatah continue de se vanter d’être le fer de lance de la campagne contre Israël à la Cour pénale internationale.

Voici ce que le porte-parole du Fatah, Oussama Qawassmeh, avait à dire alors que les combats dans Yarmouk était en cours:

«La direction palestinienne est déterminée à continuer ses efforts pour poursuivre Israël pour crimes de guerre. Nous présenterons à la Cour pénale internationale tous les documents nécessaires qui impliquent les criminels de guerre israéliens. »

Le Ministère de l’Information de l’Autorité palestinienne a également semblé être plus préoccupé par un «marathon de colons» que par la vie des Palestiniens dans Yarmouk.

Dans un communiqué publié à Ramallah, le ministère a condamné la tenue d’un marathon prévu par les colons et l’a qualifiée d’ «agression contre les territoires» et de «continuelle arrogance israélienne envers les Palestiniens».

Le ministère a demandé à toutes les institutions internationales et aux groupes des droits de l’homme de «se concentrer sur le terrorisme des colons, qui cette fois se déguise en vêtements de sport».

Pour l’Autorité palestinienne, le fait que des Juifs participent à un marathon est plus grave et potentiellement plus mortel que les décapitations de Palestiniens par les terroristes de l’État islamique et la destruction de maisons palestiniennes à Yarmouk.

Si les dirigeants palestiniens avaient investi 10% de leurs efforts anti-Israël pour aider leur peuple à Yarmouk et dans la Bande de Gaza, les Palestiniens seraient dans une bien meilleure situation aujourd’hui.

Ces dirigeants sont évidemment déterminés à demeurer obsédés par Israël pendant qu’ils continuent de faire les autruches devant la boucherie de leur peuple par l’ÉI.

Résumant cet état d’apathie envers la souffrance des Palestiniens en Syrie, Ashraf al-Ajrami, un ancien ministre PA, a remarqué:

«La situation palestinienne est dans sa pire phase. L’OLP a perdu la capacité de se déplacer et de défendre les Palestiniens en tout lieu. Les différentes factions palestiniennes sont incapables de former une force afin de protéger les réfugiés. La direction est également incapable de mettre fin à la division entre le Fatah et le Hamas. Tout ce qu’il nous reste à faire c’est de hurler, frapper et pleurer».

(Khalez Abu Toameh est un journaliste arabe israélien, collaborateur régulier au Gatestone Institute et au Jerusalem Post. Il vit à Jérusalem. Ce texte est traduit de l’anglais par Magali Marc, il a été publié sur le site du Gatestone Institute, le 10 avril 2015).

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc pour Dreuz.info.

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