Publié par Magali Marc le 26 avril 2015

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Accusés entre autres de fabrication d’explosifs pour le compte d’une organisation terroriste, Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali, âgés de 18 ans, voulaient se joindre à l’État Islamique.

Ils projettaient d’aller faire le djihad, de commettre un attentat à Montréal, à l’aide d’une bombe similaire à celle utilisée lors de l’attentat du Marathon de Boston en 2013.

El Mahdi Jamali et Sabrine Djermane ont été formellement accusés par la Couronne de tentative de quitter le Canada en vue de commettre un acte terroriste à l’étranger, de possession de substance explosive, d’avoir «facilité un acte terroriste» (on ignore lequel), ainsi que d’avoir commis un acte au profit ou sous la direction d’un groupe terroriste.

Les deux sont étudiants au Collège de Maisonneuve à Montréal, le même collège qui, après avoir suspendu en février la location de salles par Adil Charkaoui, avait finalement décidé de maintenir l’entente de location, sauf à se réserver un droit de surveillance.

C’est aussi dans ce même collège qu’étudiaient cinq des sept jeunes originaires de Laval et de Montréal qui ont quitté le Canada à la mi-janvier, et pourraient avoir rejoint des djihadistes en Syrie en passant par la Turquie.

Jamali s’était inscrit en décembre 2014 sur Facebook à une activité qui s’intitulait « Soyez fiers d’être musulmans, fuyez vers Allah ». Cette activité était organisée par le Centre communautaire islamique de l’Est de Montréal CCIEM) d’Adil Charkaoui.

Jamali et Djermane ont été arrêtés le 14 avril de manière préventive et détenus par la Gendarmerie royale du Canada, qui craignait qu’ils ne commettent un crime de nature terroriste.

L’enquête policière a suivi son cours, et la Couronne a décidé, la semaine passée, de porter quatre accusations criminelles contre eux.

Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali étaient si déterminés à perpétrer un attentat, qu’ils étaient prêts à le faire à Montréal, s’ils ne parvenaient pas à fuir à l’étranger.

C’est la sœur de l’un d’eux qui a jugé bon de contacter les policiers après les avoir entendu dire: « Si on ne peut pas aller là-bas, on va le faire ici. »

À la résidence des parents du jeune homme, les policiers ont saisi du matériel pouvant servir à fabriquer un engin explosif artisanal : un autocuiseur (cocotte-minute), semblable à celui utilisé lors des attentats de Boston, ainsi que des clous et du sucre. Mais il leur manquait des éléments pour fabriquer la bombe.

Encore Charkaoui

Adil Charkaoui
Adil Charkaoui

Le Collège de Rosemont avait lui aussi suspendu temporairement, en février dernier, les activités du CCIEM de l’imam Charkaoui dans ses locaux, en raison du fait qu’il contrevenait au Règlement sur les conditions de vie et d’études au Collège, puisqu’il avait publié, sur son site Internet, un lien dirigeant les internautes vers un site donnant accès à du matériel radical et violent.

Il y a deux semaines, le Collège de Rosemont avait annoncé sa décision d’annuler définitivement le contrat de location du CCIEM, qui louait le gymnase pour son Club de karaté et de kick-boxing. C’était le lendemain de l’arrestation des deux étudiants du Collège de Maisonneuve.

Charkaoui s’est alors précipité devant les médias pour crier à l’islamophobie et à la chasse aux sorcières !

Nous avons déjà parlé d’Adil Charkaoui. Pour mémoire, il est Canadien d’origine marocaine, émigré au Québec en 1995 pour y rejoindre sa sœur et ses parents.

Voici un résumé de ce que les médias ont publié sur lui :

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  • Selon le gouvernement canadien, les activités de Charkaoui pendant la période de sa vie comprise entre 1992 et la fin de la décennie restent un mystère.
  • En 1998, il va au Pakistan sous le prétexte d’y étudier la religion pour un livre qu’il comptait écrire, mais le Service canadien du renseignement de sécurité (le SCRS) croit plutôt qu’il en a profité pour traverser la frontière afghane afin de faire un séjour dans le camp d’entraînement de Khalden, sous le pseudonyme de Zubeir Al-Maghrebi.
  • Charkaoui, selon le SCRS, aurait donc participé à des camps d’entraînement d’Al-Qaïda en Afghanistan, prôné le djihad armé, discuté de la planification d’attentats, en plus d’avoir le profil d’un agent dormant.
  • Il a aussi des liens avec plusieurs Montréalais condamnés depuis pour terrorisme, dont Ahmed Ressam, Abdellah Ouzghar, et Said Atmani, tous des ex-membres de la cellule de Montréal.
  • Il a été détenu pendant deux ans puis a obtenu une libération conditionnelle.
  • Les restrictions liées à sa libération conditionnelle ont été graduellement levées et finalement annulées en septembre 2009.
  • Il a entamé une poursuite contre le gouvernement canadien et exige une compensation de 26 millions de dollars pour les dommages subis, la violation de ses droits constitutionnels, son arrestation et sa détention «illégale», l’atteinte à sa réputation, etc.
  • Selon Poste de Veille, Charkaoui a fondé en 2010 une mosquée dans l’Est de Montréal, avec Said Qouraimi, qui agit également comme administrateur de la mosquée Assuna, identifiée par le Pentagone comme «l’une des neuf maisons de culte mondiales où des membres connus d’Al-Qaïda ont été recrutés, assistés ou formés.»
  • Said Qouraimi a posté à quelques reprises le drapeau noir de l’Etat islamique, groupe terroriste dirigé par Abou Bakar al-Baghdadi sur son site Internet.
  • Dans sa mosquée, Chakaoui relaie l’éloge du fondateur d’Al-Qaïda (Abdullah Azzam) et un administrateur du groupe Facebook consacré aux enseignements du «Cheikh Abou Abd’Allah Charkaoui» y a diffusé une vidéo d’Azzam dans laquelle ce dernier invite les musulmans à livrer le jihad.
  • Charkaoui a déjà dit et répété à des jeunes convertis que les femmes des non-musulmans peuvent être capturées et traitées comme un butin de guerre.
  • Charkaoui est aussi le porte parole du « Collectif québécois contre l’islamophobie (CQCI)» qui se charge périodiquement de dénoncer «la dégradation du climat social à l’égard des Québécois musulmans».

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Curieusement, depuis que des accusations précises ont été portées contre El Mahdi Jamali et Sabrine Djermane, Charkaoui, d’habitude si prompt à se plaindre de l’islamophobie des Québécois, n’a pas pipé mot.

Denise Bombardier, la journaliste et romancière bien connue, a écrit vendredi le 24 avril dans sa chronique au Journal de Montréal :

«L’imam refuse de s’expliquer désormais et lance, telles des fatwas, des menaces de poursuite aux médias qui tentent de recueillir ses commentaires. Que pense-t-il de ses jeunes ouailles qui fuient justement vers Allah en Syrie ? Comment des enfants de 18 ans vivant au Québec au sein de familles venues chercher ici paix et liberté peuvent-ils en arriver à pareil endoctrinement et en si peu de temps ? Que leur raconte-t-on ? Que leur suggère-t-on entre un cours d’arabe et des sourates du Coran ? Combien de temps va-t-on continuer à allonger la liste de jeunes disciples en fuite de ce prophète de malheur, citoyen canadien qui garde son mystère, se réfugiant derrière sa notoriété médiatique ?»

Compte tenu des graves accusations portées contre deux de ses «disciples», je doute que Charkaoui, en ce moment, soit très heureux de sa « notoriété médiatique ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc pour Dreuz.info.

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