Publié par Magali Marc le 5 avril 2015

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Le maire de Montréal, Denis Coderre est aux prises avec un islamiste radical qui le poursuit pour diffamation, et les parlementaires à Québec et à Ottawa se font dire «diplomatiquement» par les Saoudiens de se mêler de leur oignons et pas de l’affaire Badawi!

L’imam Hamza Chaoui, qui se sert de la démocratie pour la supprimer

Le maire Coderre, pourtant un libéral de longue date, semble le seul politicien au Québec qui ne mâche pas ses mots face aux islamistes. Sans doute inspiré par les deux ans qu’il a passé comme ministre de l’Immigration au gouvernement canadien, Coderre refuse de se laisser intimider par un blanc-bec de 29 ans, d’origine marocaine, Hamza Chaoui, qui s’est auto-déclaré imam et entend enseigner la charia à Montréal.

Hamza Chaoui; imam hostile à la démocratie qui se sert de la démocratie pour la supprimer
Hamza Chaoui, imam hostile à la démocratie qui se sert de la démocratie pour la supprimer

Hamza Chaoui prêche sur sa page Facebook à quelques centaines d’abonnés. Il a récemment exposé son rejet total du système démocratique:

«La législation islamique et la démocratie sont sur deux lignes en parallèle qui ne seront jamais en intersection parce que la démocratie peut déboucher sur des Parlements formés d’un mécréant ou bien d’un homosexuel ou d’un athée qui affirme l’inexistence d’Allah».

En réponse aux commentaires d’autres internautes, il a ajouté que «le vote en islam est haram (un péché) et n’est pas permis» et la démocratie est un système de mécréance qu’il faut boycotter.

Dans un prêche prononcé en 2013, il défendait l’amputation d’une main, en public, pour punir les voleurs ainsi que la lapidation pour les époux adultères.

Toujours dans ses enseignements sur Facebook, l’imam s’insurgeait contre les Coupes du monde de soccer, où on voit des joueurs presque nus à la fin des matchs et les stades pleins à l’heure de la prière.

Il a déploré que certains jeunes utilisent leur mémoire pour apprendre des noms de joueurs plutôt que des passages du Coran.

Pour appuyer ses dires contre la danse, le sifflement, les cris, la musique, la consommation d’alcool, la publicité et l’apparition de filles à la télévision pendant les matchs, Chaoui s’appuyait sur un extrait des Protocoles des sages de Sion selon lequel cela fait partie du complot juif de distraire les non-Juifs en les divertissant avec des jeux pour détourner leur attention des zones de conflit.

Alors qu’en vertu de la liberté d’expression, ces brillantes idées ont fait les manchettes des journaux, ces dernières semaines, Chaoui s’est vu interdire l’ouverture de son «centre communautaire islamique» à Montréal dans lequel il comptait prêcher et enseigner le Coran, ce qu’il n’est pas censé faire dans un lieu qui n’est pas considéré comme religieux. Le maire de Montréal est intervenu énergiquement contre l’octroi d’un permis à cet illuminé.

Chaoui a donc envoyé une mise en demeure à Denis Coderre, exigeant de lui des excuses publiques.

Le maire Coderre se fait reprocher d’avoir porté atteinte à la dignité, à l’honneur et à la réputation de Chaoui car il l’a traité de «fomenteur de tensions sociales» et de danger pour la sécurité et l’ordre public. D’après la mise en demeure, le maire aurait eu le toupet de faire un rapprochement entre M.Chaoui et le groupe armé État islamique!

Pas moins de quatre chroniqueurs du Journal de Montréal, Richard Martineau, Lise Ravary, Mathieu Bock-Côté et Christian Dufour ont dénoncé Chaoui, et la plupart des commentateurs en ligne encouragent le maire Coderre à tenir bon!

Denis Coderre a confirmé lundi 30 mars avoir reçu la mise en demeure, et par voie de communiqué, il a signalé qu’il ne va pas céder à la demande de l’imam Chaoui :

«Je n’ai aucunement l’intention de m’excuser pour les propos que j’ai tenu au sujet de Monsieur Hamza Chaoui, dans la foulée des déclarations qu’il a faites et qui ont été rapportées par les médias. S’il persiste et dépose une poursuite contre moi, je me défendrai devant les tribunaux».

Ainsi soit-il!

Affaire Badawi

Québec et Ottawa tiennent bon

Nous avons déjà parlé, sur Dreuz, de Raïf Badawi, le blogueur saoudien arrêté en 2012 pour diverses infractions et notamment pour insulte à l’islam, cybercriminalité et désobéissance à son père.

Pour rappel: il a été condamné l’an dernier à dix ans de prison, une amende de 300 000 $ (234 000 Euros) et 1000 coups de fouet pour blasphème. Il a reçu les premiers 50 coups de fouet le 9 janvier dernier mais depuis la peine a été remise chaque vendredi.

Entre temps, les parlementaires québécois ont reçu Ensaf Haider, l’épouse de Badawi, et ont adopté une motion unanime demandant à l’Arabie saoudite de le libérer.

Pourquoi les Québécois sont-ils mêlés à cette histoire? Parce que l’épouse et les deux enfants de Badawi sont réfugiés à Sherbrooke.

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Ensaf Haider milite pour la libération de son mari avec le soutien des citoyens de Sherbrooke et l’aide d’Amnesty International.

Les protestations internationales se sont fait entendre et même le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est intervenu pour plaider la cause du blogueur saoudien.

Dans une lettre qu’il a envoyée de sa prison à la fin du mois de mars, Badawi, dont la santé est fragile, a dit avoir survécu par miracle aux 50 coups de fouet qu’il a reçus.

Mais voilà que loin de renoncer à cette peine cruelle qui entache sa réputation, l’Arabie saoudite a jugé plus à propos d’envoyer une lettre aux parlementaires québécois et canadiens pour exprimer son irritation devant ce que le régime estime être une forme d’ingérence dans ses affaires internes:

«Le Royaume n’accepte aucune attaque au nom des droits de la personne, particulièrement quand sa constitution s’appuie sur la loi islamique, qui garantit les droits de la personne et préserve son sang, sa richesse, son honneur et sa dignité».

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Loin de reculer, les parlementaires canadiens ont exprimé leur soutien à Raïf Badawi. Les députés de la Chambre des communes (à Ottawa) ont rétorqué aux Saoudiens qu’ils estiment de leur devoir de défendre les droits de la personne.

À l’initiative du député libéral Marc Garneau, la Chambre des communes a adopté à l’unanimité, mercredi le 1er avril, une motion qui dénonce le «traitement répréhensible» de Raif Badawi, et demande au gouvernement de l’Arabie saoudite de le libérer immédiatement.

À l’Assemblée Nationale à Québec, Kathleen Weil, la ministre de l’Immigration, refusant de se laisser intimider par l’indignation saoudienne, s’est dite déterminée à poursuivre la défense de M. Badawi et la défense des droits de la personne, partout dans le monde.

Conclusion

Voilà comment, la semaine dernière, un barbu et un royaume, tout ce qu’il y a de musulmans, ont présenté leur religion et leur loi coranique en toute candeur.

J’attends que les effarouchés partisans du pasdamalgame et de l’islamcépasça viennent nous chanter sur tous les tons que notre perception négative de la religion musulmane est infondée et que les Québécois sont islamophobes, racistes et intolérants.

Grâce à notre belle liberté d’expression, le barbu attardé peut dire que sa religion est incompatible avec la démocratie et la jolie dame (qui ne porte pas de foulard) peut mobiliser notre Assemblée nationale et demander la libération de son mari emprisonné en Arabie saoudite.

Le barbu peut en toute liberté se servir de nos tribunaux indépendants pour poursuivre le maire de Montréal pour diffamation alors qu’il s’est lui-même tiré dans le pied en déclarant que même s’il ne croit pas à la démocratie, il a le droit de s’en servir.

Mais même s’il gagne son procès en diffamation, quelle crédibilité aura t-il?

Et puis, il y a Thomas Mulcair et Justin Trudeau, nos politiciens islamophiles, qui ne doivent pas être enchantés de voir un imam prétendre que voter est péché pour un pieux musulman. Ils ne peuvent pas raisonnablement demander à leurs commettants dont ils respectent tant la religion de risquer l’enfer pour les aider à se faire élire. Une aussi grave infraction déplairait trop à Allah!

Fini, envolé, le vote musulman qu’ils espéraient engranger en octobre. Les seuls musulmans qui iront voter sont ceux qui se fichent de l’imam Chaoui et du Coran comme de leur premier tapis.

Les courbettes de Mulcair et Trudeau dans les mosquées n’auront servi à rien.

La liberté d’expression, quand elle est réelle, est une bénédiction.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc pour Dreuz.info.

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