Publié par Guy Millière le 24 mai 2015

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Guy Millière – De tous côtés, j’ai entendu, ces derniers jours, des propos disant que l’absence des dirigeants du monde occidental à Moscou le 9 mai dernier, pour célébrer la fin de la Deuxième Guerre mondiale était une immense faute morale.

Ceux qui ont tenu ces propos ajoutaient, en général, que la victoire sur le nazisme devait tout ou presque à l’Union soviétique, que vingt-six millions de soldats soviétiques étaient morts pour cette victoire et pour notre liberté, et que cela devrait impliquer un minimum de gratitude.

[quote]Chez les communistes, la falsification de l’histoire est une seconde nature[/quote]

Que ces propos aient pu émaner de communistes et de compagnons d’impasse du communisme ne m’a pas surpris. Chez ces gens, la falsification de l’histoire est une seconde nature.

Que ces propos aient pu émaner aussi de gens de droite aurait pu me surprendre, si je ne savais le faible attachement de nombre de gens de droite aux valeurs de la « société ouverte », au sens de Karl Popper.

Il n’en reste pas moins nécessaire de rappeler les faits.

Hitler et Staline étaient liés par le pacte Ribbentrop-Molotov, signé le 23 août 1939, destiné à permettre à deux totalitarismes sanglants de se partager cyniquement l’Europe.

À ce moment, Staline n’avait strictement rien contre le nazisme, qui, pourtant, avait déjà commencé à montrer son abjection.

Il en était, au contraire, le complice.

Il a facilité la tâche d’Hitler en lui assurant la quiétude sur l’Est, et il l’a aidé, matériellement, à lancer son offensive vers l’Ouest.

Il s’est livré, avec Hitler, au dépeçage de la Pologne et a ordonné le massacre des élites polonaises à Katyn, au printemps 1940.

C’est parce qu’Adolf Hitler a lancé l’opération Barbarossa, le 22 juin 1941, que le pacte a été rompu, et que l’Union soviétique est passée du camp des agresseurs à celui des « agressés ».

Lors de la guerre menée ensuite, Staline a envoyé des centaines de milliers de soldats vers une mort certaine, pour contrer l’offensive nazie, et le nombre élevé de victimes s’explique surtout par l’absence totale de respect de Staline pour la vie humaine.

Des soldats soviétiques avaient ordre de partir au-devant des troupes nazies sans autre espoir que celui d’être des animaux sacrificiels, et d’autres soldats soviétiques étaient chargés de tirer sur ceux faisant marche arrière. Bon nombre des morts soviétiques sont tombés sous des balles soviétiques.

La décision prise ensuite par l’administration Roosevelt de soutenir l’effort de guerre soviétique en faisant livrer massivement du matériel militaire américain à Staline a été considérée d’emblée avec une extrême circonspection par Winston Churchill qui pensait, à juste titre, qu’entre un monstre et un monstre, il n’y avait pas à choisir.

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Sans matériel militaire américain, Staline n’aurait pu contrer les armées nazies, moins encore les faire reculer.

Lors de la conférence de Téhéran fin 1943, la décision prise par Roosevelt (encore lui) de débarquer en Normandie a été perçue, par Churchill toujours, comme délétère. Churchill préférait une avancée par les Balkans.

Sans la décision de Roosevelt, les troupes anglo-américaines auraient pu avancer plus vite vers Berlin et, sans doute, prendre la ville, ce qui aurait évité l’apparence d’une victoire soviétique, et évité aussi une occupation soviétique de l’Europe centrale et une quarantaine d’années d’asservissement des pays liés par le « pacte de Varsovie ».

À Yalta, Roosevelt (toujours) a accepté le dessin des zones d’occupation provisoire des pays « libérés » tel que proposé par Staline, avec les conséquences qu’on sait.

Staline a, de facto, pu, grâce à la navrante naïveté de Roosevelt, utiliser du matériel américain pour éviter de sombrer, puis, grâce à la même navrante naïveté, conquérir son propre empire totalitaire, qui ne tombera qu’avec la chute de l’Union soviétique.

L’Union soviétique, sous Staline, n’a pas été du côté de la liberté. Elle ne l’a pas été après Staline. La liberté a avancé en Europe occidentale en 1945, grâce aux États-Unis. Elle n’a avancé en Europe centrale qu’en 1991.

La Russie peut rendre hommage aux morts de l’ère Staline. Les Occidentaux peuvent rendre hommage aux morts, eux aussi, par stricte compassion humaine.

Mais dire que ces morts sont tombés pour la liberté, et que nous devons quoi que ce soit à l’Union soviétique, est une imposture qui n’a que trop duré.

Participer à des cérémonies corroborant l’imposture n’était vraiment pas nécessaire.

Les motifs invoqués pour justifier la non participation ne sont pas ceux que j’évoque ici, mais peu importe.

© Guy Millière

Adapté d’un article publié dans les4vérités.com

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