Publié par Hildegard von Hessen am Rhein le 7 juillet 2015

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La ligne conflictuelle tracée à travers l’UE est devenue claire. D’un côté, le ministre fédéral des Finances, Wolfgang Schäuble, qui reste sur ses positions, et considère que la Grèce ne doit en aucun cas bénéficier d’une remise de la dette. De l’autre, le sud fait pression en s’appuyant sur le référendum.

Tsipras a gagné ce combat électoral. L’entêtement de Schäuble n’aide pas le contribuable allemand, lorsqu’il leur dit que l’argent a disparu et que c’est la faute des Grecs.

Que le FMI déclare qu’une remise de la dette est impossible n’aidera pas non plus Schäuble.

Les déclarations de Valdis Dombrovski, qui éludait les questions critiques des journalistes par une langue de bois aiguisée, ne peuvent masquer que les contribuables européens peuvent voter pour une sortie désordonnée (tout est foutu) et une remise de la dette (on sauve une petite partie, ou tout au moins l’apparence).

Les sauveurs de l’euro naviguent à vue

Leur seule ambition est de se refiler la patate chaude, afin de créer une lecture pour la postérité, dans laquelle ils refusent d’être associés avec cette mise à sac chiffrée en milliards.

La Chancelière prépare le énième sommet de l’euro, tout en se mettant à l’abri, car le vote grec était si clair qu’il devient incontestable. Merkel fait dire par son service de presse qu’ « il faut respecter le vote des grecs», tout en ajoutant qu’elle ne perçoit aucune base pour des négociations de sauvetage des finances grecques. Le futur proche « dépend des propositions du gouvernement grec » a déclaré le porte parole de Merkel, Steffen Seibert.

Pour les sociaux démocrates, le pire est arrivé : un parti de gauche qui agit contre le « capitalisme » à l’Européenne.

Pierre Moscovici, qui aurait dû se présenter en tant que Commissaire aux Finances à Bruxelles, s’est fait représenter par le lituanien Drombrovski. Ce dernier s’est exprimé pendant que Junker était aux abonnés absents. Moscovici ne peut plus parler au nom des Allemands, puisque les Français suivent une autre ligne.

Michel Sapin, depuis Paris, déclare que la Grèce doit rester dans l’euro. Son collègue de parti, Sigmar Gabriel, en dilettante, déclare que les Grecs ont détruit tous les ponts et que le défaut de la Grèce est imminent. Un peu plus tard – après un appel de Paris ? – il déclare que la « rigueur budgétaire » est un échec et que la Grèce a besoin de nouveaux crédits. Lesquels devraient être désormais désignés comme « investissements ».

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Le chaos règne

Aucun ministre des finances ne maîtrise la situation. Le moindre bon sens vient de s’évanouir avec la démission de Varoufakis.

Les Européens de l’est refusent tout avantage à la Grèce tandis que les Européens du sud utilisent le désastre grec pour négocier des remises de dettes.

En France, Marine le Pen accueille le succès de Syriza comme une victoire sur la kleptocratie de l’UE : n’est ce pas beau de voir l’extrême droite saluer l’extrême gauche et les idées de Mélenchon ?

En Espagne, Iglesias, le chef de Podemos, déclare que la démocratie est revenue en Europe.

En Italie, Beppe Grillo estime que tous les européens doivent se libérer du joug de l’euro.

Au milieu du cercle, Wolfgang Schäuble persiste : « Il n’y a aucun projet sur la table, les grecs doivent assumer les conséquences, il n’y aura aucune remise de la dette».

Parole, parole…

Jamais l’Europe n’a connu autant d’irréalisme. Les sauveurs de l’euro essayent de faire l’autruche fasse au réactions des marchés. Dombrovski eu ces propos éloquents, lançant que « l’UE a tous les moyens et les utilisera pour, si nécessaire, sauver l’euro. Il n’y a pas danger mortel, comme l’on confirmé les marchés. »

Les politiciens qui s’adaptent « aux marchés », n’ont cure du bien-être de leurs peuples. Ils ont déjà perdu leur légitimité.

Dans cette situation de mise à sac sans précédent, le Haut Commissaire à l’ONU pour les droits de l’homme, Juan Pablo Bohoslavsky, lance à partir de Pékin :

« J’ai l’impression que l’UE a oublié que les droits de l’homme doivent jouer internationalement un rôle dans les questions de finances. La communauté internationale a failli dans cette tâche. Le message est qu’il aurait été plus facile pour la population grecque si, dans cette tragédie grecque, les partis impliqués avaient prêté plus d’attention aux droits de l’homme. Le message des Grecs est clair : plus de mesures d’austérité. Et si l’on regarde les chiffres, l’on constatera que ces mesures d’austérité n’ont aucunement aidé le pays à se remettre. »

Et c’est bien dans ce miroir là, tendu par l’ONU, que doit se regarder l’Union Européenne, Prix Nobel de la Paix 2012. L’échec ne saurait être plus criant !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hildegard von Hessen am Rhein pour Dreuz.info.

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