Publié par Michael Katz le 10 juillet 2015

« Nicolas Sarkozy a-t-il signé trop vite la pétition lancée par « Valeurs actuelles » pour défendre les églises de France (ci-contre) ? » C’est la question que ce pose le Parisien ce matin, en page 7. Selon Olivier Beaumont et Nathalie Schluk, Nicolas Sarkozy entend gagner l’électorat chrétien, aussi convoité par Marine Le Pen, qui défend «la France des clochers».

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Certains de ses proches ne sont pas loin de penser que l’ancien président s’est fait un peu manipuler par l’hebdomadaire droitier. D’autres s’avouent peu emballés, à l’instar d’Henri Guaino. « Je suis d’accord avec le texte ; en revanche, je suis un peu moins convaincu par la tentation pétitionnaire chez les hommes politiques », regrette l’ex-plume de l’Elysée.

Tout est parti d’une sortie de Dalil Boubakeur, mi-juin. Alors qu’on lui demandait s’il fallait utiliser les églises vides ou abandonnées pour pallier la pénurie de lieux de culte musulmans, le recteur de la Grande Mosquée de Paris avait répondu : « C’est un problème délicat, mais pourquoi pas. » Avant de rétropédaler le jour même !

Rebondissant sur ses propos, « Valeurs actuelles » publiait hier une pétition rédigée par l’écrivain Denis Tillinac, proche de Jacques Chirac, et paraphée par Sarkozy, Eric Zemmour, Philippe de Villiers, le philosophe Alain Finkielkraut, ou l’ancienne ministre Jeannette Bougrab. De quoi irriter Guaino.

L’idée de signer a été soumise à Sarkozy il y a quinze jours par le patron de « Valeurs actuelles », Yves de Kerdrel. Lequel lui a garanti, notamment, qu’aucun membre du FN ne serait sollicité. Proche de Tillinac, qu’il voit régulièrement, l’ancien président s’est laissé convaincre. Au risque d’être accusé de stigmatiser les musulmans de France, comme lorsqu’il avait proposé d’interdire le voile à l’université ou de supprimer les repas de substitution dans les cantines.

Son entourage, irrité, souligne que Valéry Giscard d’Estaing et Edouard Balladur soutiennent aussi la pétition. « Deux anciens présidents et un ancien Premier ministre, tout de même ! », glisse l’un, qui confie : « Alain Juppé avait dit oui aussi, mais il s’est défilé. » Ce n’est pas la première fois que Sarkozy, lui-même croyant (il a été aperçu plusieurs fois durant son mandat en train de se signer en public), défend les « racines chrétiennes » de la France. Il l’avait fait dès 2007 dans son discours du Latran, ou en 2011 au Puy-en-Velay. En 2012, il vantait encore « le long manteau d’églises et de cathédrales qui recouvre notre pays ».

L’ex-président est, du reste, très attentif à l’électorat catholique, convoité par Marine Le Pen, qui multiplie les clins d’oeil à ce qu’elle appelle « la France des clochers ». « Affirmer que la France a des racines chrétiennes, ce n’est pas s’en prendre aux musulmans ! », peste un proche, qui souligne dans le même temps que le chef du parti les Républicains était mardi soir à la Grande Mosquée de Paris, pour un dîner de rupture du jeûne du ramadan.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Michael Katz pour Dreuz.info.

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