Publié par Hildegard von Hessen am Rhein le 10 juillet 2015

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Agacé par le chaos européen, le ministre des finances US, Jack Lew, exprime sa mauvaise humeur. Il qualifie l’UE de « bande d’amateurs ».

Comment le contredire ?

A partir du Brookings Institution à Washington, Lew, reproche à l’UE son dilettantisme sur la question grecque.

« Personne chez nous, qui eut en charge des négociations budgétaires, ou a participé à des discussions sur la politique fiscale, ne risquerait des milliards de $, seulement parce qu’il y a un trou de quelques milliards quelque part. » Lew souligne, que la crise grecque serait inutile.

Il ne voit pas « de danger imminent », estimant qu’un crash grec, pourrait représenter « un préjudice économique de centaines de milliards de $ ». Il s’irrite qu’il faille arriver à une solution en si peu de temps. « Le danger de l’accident augmente dramatiquement à reculer les limites entre la vie et la mort. » Lew voit la solution dans une remise de la dette et attaque ainsi directement Merkel, laquelle déclarait dans la nuit du sommet, qu’il n’y aurait pas de « haircut ».

Lew estime que les sauveurs de l’€ doivent « restructurer les dettes de l’Europe, afin qu’elles deviennent supportables. » Il incite les européens a restructurer cette dette de 317 milliards €.

Lew pense qu’un crash grec est un risque que ni l’économie grecque, ni l’économie mondiale ne peuvent se permettre. « Je crois que ce serait une faute géopolitique. » Les américains n’ont de cesse de demander à l’UE de ne pas laisser tomber la Grèce. C’est d’une importance géopolitique extrême, puisque la Grèce est aux avant-postes sud de l’OTAN. Les américains ont combattu la crise financière de 2008 plus déterminés que les européens. Les banques furent étatisées, recapitalisées.

Simultanément, le gouvernement américain s’organisait, afin que les grandes banques, suite au crash Lehman, ne tombent dans le piège des liquidités. C’est bien ce qui se passe en Grèce. La BCE fourni les banques avec des crédits d’urgence sans parachute, alors que les montants sont insuffisants pour éviter la panique bancaire. Des faillites sont déjà enregistrées, car les entreprises ne reçoivent plus de crédits. Les conséquences sont fatales. C’est plus difficile de reconstruire une économie après un crash bancaire, qu’éviter à temps son effondrement. Les observateurs s’attendent à la ruine de plusieurs banques, même en cas d’unité politique. Les américains ne sont pas irréprochables, mais en situation de crise, ils agissent rapidement, efficacement, sans idéologie. Ils définissent leurs priorités, sans se disperser en cas de danger. Tout le contraire de l’UE, ou l’on monte sur ses grands chevaux, alors que le danger est imminent. Ce sont les structures de l’UE qui sont en cause. Merkel a joué un rôle contreproductif dans cette crise. Elle a fait une confiance aveugle en ses conseillers sans être consciente, que ses derniers, en particulier la Troïka, se déchiraient entre eux et suivaient des intérêts différents. La crainte de Merkel est, de révéler aux contribuables allemands, que ses déclarations, sur une Grèce qui est sur le bon chemin, soient démenties et que leur argent est perdu. Autre différence entre américains et européens. Ils sont une nation, laquelle en temps de crise agit en quelques heures en faveur de son intérêt national, alors que la zone € est constituée de 19 Etats. Pour compliquer davantage les choses, l’UE appelle les 28 Etats Membres à se réunir en un nouveau sommet. Parions que la situation déjà compliquée deviendra incontrôlable. La faute historique de Merkel et Schäuble, est qu’ils ont sous estimé le danger d’une panique bancaire. Ce qui peut démolir en un temps record toute une économie. En même temps, les sauveurs de l’€, malgré toute leur rhétoriques, sont restés des égoïstes nationaux. Lew, tranchant, estime, que Tsipras ne peut plus vendre à ses électeurs une autre cure d’austérité, si en contrepartie, il n’obtient pas une remise de la dette. Une telle pensée pragmatique, dépasse Merkel et Schäuble.

Est-ce l’instinct de mort ?

Pour en remettre une louche : Schäuble aux USA :« Prenez la Grèce et nous prendrons Puerto Rico dans l ‘€ » ! Connu pour son cynisme, il vient de proposer au ministre des finances US, Jack Lew, d’échanger la Grèce contre Porto Rico. Face au danger humanitaire qui menace la Grèce, les américains ne goutent guère ce genre « d‘humour ».

Bloomberg rapporte les propos de Schäuble : « J’ai proposé à mon ami Jack Lew, de prendre Porto-Rico dans la zone €, si les Etats Unis sont prêts à prendre la Grèce dans la zone $. » Et lourdement, Schäuble déclare, suite à la réaction de Lew : « que celui-ci a crut que je plaisantais. »

On voit bien, à ce « petit jeu », l’absence totale de la France. La France effacée de la carte géopolitique mondiale.

Comme la Grèce, Puerto-Rico est enfoncé dans une crise de dettes de 72 milliards $. Le Gouverneur du pays déclare qu’il ne peut rembourser la dette. La Grèce, elle, est dans la nasse avec l’UE et le FMI de 340 milliards €.

Les américains sont certainement hermétique à ce genre « d’humour ». Ils voient arriver la catastrophe avec Athènes et pressent l’UE de s’unir. Mercredi dernier, Lew déclarait que le crash avec la Grèce est inutile et que l’effondrement pourrait se monter à des centaines de milliards d’€. Selon Washington, ce n’est pas le moment de faire des citations cyniques. Les américains ont l’habitude, en situation de crise, d’écarter avec sérieux les dommages. Ils soutiennent la position du FMI et exigent une réduction de la dette. Sur cette question, Schäuble est en contradiction avec les américains et refuse catégoriquement la réduction. Durant une conférence à la Bundesbank de Francfort, Schäuble déclarait : « Même si FMI estime que sans remise, les dettes de l’Etat grec ne sont pas supportables. Cela n’est pas possible ! Les accords européens excluent toute remise de dettes. Le but principal est que l’économie grecque redevienne compétitive. Sinon, le pays se retrouvera dans quelques années devant les mêmes problèmes. » Hollande ? Aux abonnés absents !

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Il incite les Européens à restructurer cette montagne de dettes de 317 milliards d’euros.

En outre, Lew estime qu’un crack grec serait un risque que ni l’économie grecque, ni l’économie mondiale peuvent se permettre.

« Je crois que ce serait une faute géopolitique » a-t-il martelé.

Depuis des mois, les américains demandent à l’UE de ne pas laisser tomber la Grèce. Et, nous-y voilà ! Cette attitude est d’une importance géopolitique extrême, puisque la Grèce est aux avant-postes sud de l’OTAN.

En vérité, les Américains ont combattu la crise financière de 2008 de manière plus déterminée que les européens.

Les banques furent étatisées et recapitalisées.

En même temps, le gouvernement américain a fait en sorte que les grandes banques, suite au crack de Lehman, ne tombent pas dans un piège de liquidités. C’est exactement ce qui se passe actuellement en Grèce.

La BCE fourni les banques avec des crédits d’urgence sans parachute, alors que les montants ne suffisent pas pour éviter une panique des banques. Un grand nombre de faillites sont enregistrées, parce que les entreprises ne reçoivent plus les crédits nécessaires. Les conséquences sont fatales.

Et il est plus difficile de reconstruire une économie après un crash bancaire, que d’éviter à temps son effondrement.

Les observateurs s’attendent à ce que le drame ne puisse plus être évité. Ils s’attendent à l’effondrement de plusieurs banques, même s’il y a unité politique.

L’on peut reprocher tout ce que l’on veut aux Américains, mais en situation de crise, ils adoptent des comportements rapides et efficaces, dénués de toute idéologie. Ils définissent des priorités claires et ne se dispersent pas, lorsqu’il y a danger, dans des arguties partisanes ou autres ressentiments. Ce qui est exactement en train de se passer dans l’UE : on monte sur ses grands chevaux, sur des principes, alors que le danger est imminent.

Et les structures de l’UE mènent à ce que chacun se refile la patate chaude. En particulier Angela Merkel, qui a joué un rôle contreproductif dans cette crise. Elle a fait confiance aveuglément à ses conseillers pour éviter de prendre une mauvaise décision. Cependant, elle n’était pas consciente que ses conseillers, en particulier, la Troïka, se déchiraient entre eux et suivaient des intérêts différents.

La crainte d’Angela Merkel est de devoir se présenter devant les contribuables allemands pour leur expliquer que toutes ses déclarations sur une Grèce qui est sur le bon chemin soient démenties, et que leur argent n’est plus en sécurité.

Autre chose qui différentie les américains de l’UE : ils sont une nation, laquelle en temps de crise sait définir en quelques heures son intérêt national. Alors que la zone € est constituée de 19 Etats. Et comme les choses ne sont pas déjà assez compliquées, l’UE appelle maintenant les 28 Etats membres à se réunir lors d’un nouveau sommet pour se mettre d’accord.

Parions que la situation déjà compliquée deviendra hors contrôle.

La faute historique de Merkel et Schäuble est qu’ils ont sous estimé le danger d’une panique bancaire. Ce qui peut démolir en un temps record toute une économie.

En même temps, les sauveurs de l’euro, malgré toute leur rhétoriques, sont restés des égoistes nationaux. Lew a reconnu de manière tranchante que Tsipras ne pourrait plus vendre à ses électeurs une autre cure d’austérité, si en contrepartie il n’obtient pas une remise de la dette du pays. Une telle pensée pragmatique dépasse Merkel et Schäuble. Ils veulent avoir raison. Cela pour pouvoir dire à la fin : « On vous l’avait bien dit, parce que vous n’avez pas fait ce que nous demandions, ensemble, nous sommes tombés dans le précipice ».

On pourrait aussi appeler ça « instinct de mort », qui n’est pas loin du destin que l’Europe qui s’islamise et détruit les identités nationales se trace.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hildegard von Hessen am Rhein pour Dreuz.info.

Source Deutsche Wirtschafts Nachrichten

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