Publié par Magali Marc le 11 octobre 2015

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En septembre dernier, Ahmed Mohamed, 14 ans, est devenu le héros des médias du monde entier pour avoir été arrêté alors qu’il avait apporté à son école un réveil matin numérique décarcassé et placé dans une boîte à crayons qui ressemblait à une bombe.

Fils d’un immigrant soudanais, Ahmed Mohamed, (appelons-le Momo) a dit vouloir impressionner ses profs avec cet assemblage incongru qu’il avait mis au point en 20 minutes. Il ne s’agissait pas d’un devoir, ni d’un quelconque projet scolaire. Le gamin agissait de sa propre initiative.

La direction de la MacArthur High School située à Irving, Texas, ne l’a pas trouvé drôle.

Momo a prétendu que c’était une invention de son crû et qu’il avait fermé la boîte avec un morceau de cordon pour éviter que l’ensemble ait l’air suspect. Comment cette idée a t-elle pu lui traverser l’esprit !?

Des techniciens chevronnés ont examiné la photo de « l’invention », et ont découvert qu’il s’agissait d’un réveil matin du catalogue de Radio Shack [la plus importante chaîne de magasins d’électronique des Etats Unis] datant de 1986 !

Ce jour là, Momo montre l’horloge, d’abord à son professeur de technologie qui constate que certains pourraient y voir la minuterie d’une bombe à retardement et enjoint le gamin de ne la montrer à personne et de la rapporter à la maison.

En dépit de cet avertissement, Momo transporte son horloge toute la journée dans son sac et la montre à d’autres professeurs.

N’obtenant aucune réaction, il finit par la brancher dans une prise lors de son cours d’anglais l’après-midi (au lieu d’écouter ce que dit la prof) sous prétexte de la montrer à son voisin de classe.

Après quelques minutes, l’alarme du réveil-matin se déclenche, dérangeant évidemment la prof d’anglais.

La prof, nullement paniquée, demande ce qui cause ce bruit, constate la présence du « truc », décide de garder Momo en retenue et va montrer au directeur l’«invention» du gamin.

La direction de l’école, agissant comme c’est son devoir quand un élève apporte à l’école un objet suspect – même sans danger – interroge Momo qui se contente de répéter qu’il s’agit d’un réveil («It’s a clock»).

La police est appelée, comme pour n’importe quel élève qui se livre à un canular de ce genre. Lors de l’interrogatoire, la police obtient la même réponse laconique de Momo.

Apporter un objet qui ressemble à la minuterie d’une bombe et n’avoir pas de réponse intelligente à donner aux questions posées est un comportement qui éveille la suspicion. Pourquoi le gamin a t-il apporté cet objet ? Voulait-il causer une panique ?

Momo est amené au poste de police où son père vient le chercher comme c’est la règle pour les mineurs.

Le père dira plus tard aux médias nationaux que sont fils a été humilié devant ses camarades de classe, interrogé et torturé par la police et qu’il en est resté traumatisé.

Relâché et devenu soudainement très loquace, Momo, pas du tout traumatisé et souriant de toutes ses dents, raconte aux médias qu’il a montré son «invention» à son professeur de technologie, lequel n’y a vu aucun danger. Seules sa prof d’anglais, la direction de l’école et la police ont fait tout un fromage de cet objet innocent.

Certains se demandent pourquoi il n’a pas pipé mot de tout cela à la police ?

Le père, apparemment bien préparé, crie à l’islamophobie des responsables de l’école, menace de poursuivre et appelle l’organisme CAIR qui renchérit et accuse la police de profilage racial et religieux.

Les médias avalent l’histoire de CAIR comme du jus d’orange, et le lendemain, les «journalistes» du monde entier se gaussent de ces Texans imbéciles et islamophobes qui croient voir partout des djihadistes et des bombes, alors qu’ils ont devant eux un gamin inoffensif dont le seul tort d’après son père, est d’être musulman.

Le dénouement : découverte du pot-aux-roses

Il est devenu clair pour Jihad Watch (et bien d’autres blogues et revues en ligne) que toute cette histoire a été orchestrée par la famille de Momo.

Un journaliste du Daily Beast, Mark Cuban, a raconté que lors d’une interview avec Momo au téléphone, il entendait sa soeur, Eyman, à côté de lui, qui lui soufflait les réponses. Le futur Édison n’était pas fichu de redire lui-même correctement son histoire ?

Dans le blog The Federalist, le journaliste Daniel Payne a relevé des incohérences :

«1) un premier reportage dans le Dallas News prétend que le garçon a monté l’horloge en 20 minutes avant de se coucher, le dimanche. Il l’a ensuite apportée à l’école le lundi matin suivant, puis elle a été confisquée. Il l’aurait ainsi eu en sa possession pendant plus ou moins 12 heures.

2) Ailleurs, cependant, son père a affirmé qu’Ahmed se réveille avec ce réveil tous les matins. Il l’aurait donc utilisé pour se réveiller puis l’aurait démonté et mis dans la boîte à crayons ?

3) Sur MSNBC avec Chris Hayes, Ahmed a affirmé avoir acheté les pièces de l’horloge et les avoir assemblées dans sa chambre….»

Ces histoires ne collent pas, remarque Payne. A quel moment Momo a t-il assemblé l’horloge ?

Le père, Mohamed Elhassan Mohamed, militant islamiste contre l’islamophobie

Et puis… il y a le père, Mohamed Elhassan Mohamed, un immigrant d’origine soudanaise qui est aussi militant islamiste, président d’une association (le Al-Sufi Center) luttant contre l’islamophobie, qui fait penser à une affaire montée de toutes pièces.

Ayant des ambitions politiques, il s’est présenté deux fois comme candidat à la présidence du Soudan (un pays charmant où la loi islamique en vigueur interdit les conversions sous peine de mort).

Elhassan Mohamed est même l’hôte d’une page en arabe sur Facebook où figure un clip de 14 minutes démontrant que l’attentat terroriste du 11 septembre 2001 n’était qu’un canular parrainé par les USA pour servir de prétexte à lancer une guerre mondiale contre l’Islam et les musulmans.

Mais ces découvertes à posteriori n’intéressent pas les agences de presse et les grands médias internationaux.

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Obama a tweeté un message invitant Momo à venir montrer son «cool clock» à la Maison Blanche ; Zuckerberg a demandé à le rencontrer ; Hilary Clinton l’a félicité, les dirigeants de Google lui ont réservé une place dans une foire scientifique ; le MIT l’a invité à visiter leur campus, et les dirigeants de Reddit et Twitter lui ont offert un stage.

Momo a même été reçu par des dignitaires de l’ONU. Ils ont tous été roulés par le petit Momo et son père, qui en rient encore.

Comme dirait Obama « It’s what makes America great»

Épilogue

Personne ne semble s’être demandé en quoi il est utile pour le progrès scientifique (et la grandeur de l’Amérique) qu’un gamin démonte, sans rien y changer, un objet électronique banal, existant déjà depuis plusieurs décennies.

Même les élèves auxquels mon père enseignait l’électronique (filière professionnelle et technique dans une école secondaire de Montréal) n’auraient jamais tenté un coup fumant de ce genre.

Momo est-il vraiment un petit génie inventeur digne d’étudier au prestigieux MIT pour avoir décarcassé une horloge numérique du même genre que celle que je peux acheter pour moins de $10.00 chez Walmart [Walmart est une grande surface] ?

Pendant que les avocats de la famille se lèchent les babines en pensant à la sérieuse compensation qu’ils vont soutirer à l’école MacArthur qui a suspendu le gamin, et aux autorités policières qui l’ont interrogé, la mairesse d’Irving, Beth Van Duyne, et les professeurs de l’école, reçoivent des menaces de mort de la part d’internautes qui ont une araignée au plafond.

C’est confirmé, Momo a accepté l’invitation de la Maison Blanche pour une Soirée d’Astronomie qui aura lieu le 19 octobre.

En attendant, lui et sa famille se baladent au Moyen Orient et vont faire leur pèlerinage à La Mecque.

Allah est grand ! (et Momo est son prophète)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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