Publié par Magali Marc le 13 octobre 2015

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Le président Obama va signer un ordre exécutif, le 15 octobre prochain, date qu’il a fixée comme la journée de l’adoption de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran.

Selon son agenda, la prochaine étape sera « le jour du début de la mise en œuvre, » fixée pour le 15 décembre prochain.

Mais dans l’état actuel des choses, Obama va peut-être finir par être la seule personne au monde à signer ce traité qu’il a tant voulu et qui deviendra, en fait, un accord qu’il signe avec lui-même.

Les Iraniens n’ont rien signé et n’ont pas l’intention de le faire.

Le soi-disant plan mixte d’action globale (Joint Comprehensive Plan of Action – JCPOA) n’a même pas été discuté au Conseil des ministres de la République islamique.

Le gouvernement de Téhéran n’a pas non plus pris la peine de fournir une traduction officielle en persan du texte de 159 pages.

Le Majlis islamique, l’ersatz de parlement iranien, examine un texte non officiel et devra exprimer son point de vue à une date non précisée dans un document de plus de 1000 pages, selon Mohsen Zakani, qui dirige le «comité d’examen».

«Les changements que nous recherchons exigeraient une réécriture substantielle du texte » a t-il remarqué d’un ton énigmatique.

Ni la Grande-Bretagne, ni la Chine, ni l’Allemagne, ni la France, ni la Russie, aucun des pays impliqués dans le P5 + 1 durant les soi-disants pourparlers qui ont abouti au JCPOA, n’ont jugé nécessaire de fournir une quelconque base juridique au « deal » d’Obama.

Les partenaires d’Obama ont tout simplement décidé que l’accord existe afin de faire la promotion de la levée des sanctions contre l’Iran et rien d’autre.

Alors ils ont commencé à faire précisément cela, sans se soucier des autres dispositions du JCPOA.

La Grande-Bretagne a levé l’interdiction qui pesait sur 22 banques et compagnies figurant sur une liste noire en raison de leur implication présumée dans des affaires liées à la question nucléaire iranienne.

Le commerce allemand avec l’Iran a augmenté de 33 pour cent, ce qui en fait le troisième partenaire de la République islamique, après la Chine.

La Chine a signé des accords préliminaires pour aider l’Iran à construire cinq autres réacteurs nucléaires.

La Russie a commencé à livrer des systèmes de missiles anti-aériens S300 et elle est en pourparlers pour vendre des avions Sukhoi à la République islamique.

La France a envoyé son ministre des Affaires étrangères et une délégation de cent personnes pour négocier d’importantes transactions commerciales, y compris son projet de doubler les exportations de pétrole brut de l’Iran.

D’autres nations ont également interprété le JCPOA comme un feu vert pour laisser tomber les sanctions.

Le commerce indien avec l’Iran a augmenté de 17 pour cent, et New Delhi est en train de négocier un investissement massif pour la construction d’une plaque tournante ferroviaire et maritime dans le port iranien de Chahbahar situé sur le golfe d’Oman.

Grâce à l’aide des banques autrichiennes, turques et des Émirats arabes unis, les nombreuses restrictions bancaires imposées à l’Iran en raison de son programme nucléaire ont été mises de côté.

«Les bases des sanctions montées durant des décennies sont en ruines », se vante le président iranien Hassan Rohani.

Pendant ce temps, le projet nucléaire est et restera « intact », a dit le chef de l’Agence de l’énergie atomique de l’Iran, Ali Akbar Salehi.

« Nous avons commencé à travailler sur un processus de fusion nucléaire qui sera la technologie de pointe des 50 prochaines années », a t-il ajouté.

Même avant que n’arrive « le jour de la mise en œuvre, » d’Obama, les mollahs ont commencé à recevoir en moyenne 400 millions $ par mois. Ce n’est pas une très grosse somme, mais c’est assez pour soulager les problèmes de liquidités du régime et augmenter les salaires des forces répressives d’à peu-près 21 pour cent.

Le mois dernier, l’Iran et le P5 + 1 ont créé une commission mixte pour établir les modalités de mise en œuvre d’un accord, un processus qu’ils souhaitaient compléter en Décembre 2017 lorsque le premier examen de deux années de JCPOA aura lieu, alors qu’Obama ne sera plus à la Maison Blanche. (Si les choses tournent mal Obama pourra toujours blâmer son successeur ou même George W. Bush.)

Obama et son secrétaire d’État John Kerry ont souvent affirmé que, malgré ses lacunes évidentes, leur accord sur le nucléaire avec la « faction modérée » de Téhéran pourrait favoriser des changements positifs dans le comportement de l’Iran.

Cela ne s’est pas produit.

Les mollahs voient le «traité» comme un moyen pour Obama de s’opposer à toute velléité d’essayer de freiner l’Iran.

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« Obama ne fera rien qui pourrait compromettre l’accord, » dit Ziba Kalam, un conseiller de Rouhani. « Ceci est son plus grand, sinon le seul, succès de sa politique étrangère. »

S’il y a eu de quelconques changements dans le comportement de Téhéran, ils ont empiré la situation.

L’Iran a fait équipe avec la Russie pour maintenir Bachar al-Assad au pouvoir en Syrie, se moquant de la rhétorique d’Obama qui disait : « Assad doit partir ».

Plus important encore, l’Iran a mis en place une présence militaire directe en Syrie de 7.000 hommes. (Un des plus hauts généraux de l’Iran a été tué à Alep mercredi passé, le 7 octobre dernier.)

Téhéran a également fait pression sur le faible gouvernement du Premier ministre irakien, Haidar Al-Abadi, afin qu’il prenne ses distances avec Washington et qu’il rejoigne une soi-disant coalition avec l’Iran, la Russie et la Syrie.

Certain qu’Obama est paralysé par la peur de saper un traité qui n’existe pas, les mollahs ont intensifié leur soutien aux rebelles houthi au Yémen.

La semaine dernière, une délégation houthie était à Téhéran apportant une longue liste de demandes d’armes.

Au Liban, les mollahs ont durci leur position concernant le choix du prochain président du pays. Et au Bahreïn, Téhéran planche sur un projet visant à « assurer une prompte victoire » de la révolution chiite dans l’archipel.

Confiant que Barack Obama est déterminé à abandonner les alliés traditionnels des États-Unis, Téhéran a également intensifié sa guerre de propagande contre l’Arabie Saoudite, appelant désormais ouvertement au renversement de la monarchie saoudienne.

Les mollahs ont aussi intensifié leurs contacts avec les groupes palestiniens dans l’espoir de déclencher une nouvelle « Intifada ».

« La Palestine a très envie d’une troisième Intifada », a déclaré le porte-parole du guide suprême, Khamenei Kayhan, dans un éditorial jeudi dernier. «Il est du devoir de chaque musulman d’aider à son démarrage dès que possible.»

Les espoirs de dialogue avec l’Iran d’Obama, concernant d’autres questions, ont été déçus la semaine dernière quand Khamenei a déclaré « tout dialogue avec le Grand Satan américain [est] interdit».

«Nous n’avons pas besoin de l’Amérique» a ajouté plus tard son conseiller Ali-akbar Velayati. «L’Iran est la plus grande puissance de la région nous sommes dans notre droit.»

Obama avait espéré amadouer les mollahs, les persuader d’au moins modérer leur campagne de détestation de l’Amérique. Rien de cela n’est arrivé.

Les slogans «Mort à l’Amérique» peints sur les bâtiments officiels de Téhéran ont été repeints avec des drapeaux américains sur le sol devant les entrées de bureaux afin qu’ils soient piétinés.

Parmi les citoyens américains emprisonnés en Iran, aucun n’a été libéré.

Le journaliste du Washington Post, Jason Rezai, est accusé d’être à «la tête d’un réseau d’espionnage» à Téhéran.

Paralysé par la peur de saper l’accord inexistant, Obama n’a même pas demander leur libération.

Des événements nationaux anti-américains, commandités par le gouvernement, ont été annoncés pour le mois de novembre, mois anniversaire de la prise de l’ambassade américaine à Téhéran.

La «fin de l’Amérique», une conférence annuelle d’une semaine, est prévue pour février 2016 et portera sur les «victimes afro-américaines de la police des États-Unis» et sur la possibilité d’autodétermination des Noirs.

Selon des sources officielles «les familles des victimes américaines noires» et un certain nombre de «révolutionnaires noirs américains» ont été invités.

En Iran, les soi-disant «partenaires modérés» d’Obama ont doublé le nombre d’exécutions et de prisonniers politiques.

La semaine dernière, ils ont violemment réprimé des manifestations d’enseignants appelant à la libération de leurs dirigeants. Des centaines de syndicalistes ont été arrêtés et une nouvelle brigade anti-insurrection a défilé à Téhéran pour terroriser les manifestants potentiels.

L’accord d’Obama pourrait finir par être connu comme la plus grande escroquerie de l’histoire diplomatique récente.

Amir Taheri / Traduit par Magali Marc

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

* Cet article a été publié dans le New York Post, le 11 octobre 2015

(l’article d’Amir Taheri a été posté sur le site du Gatestone Institute le 12 octobre 2015)

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