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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 16 novembre 2015
Sissonne dans l’Aisne

Cet article, publié initialement en décembre 2012, prend aujourd’hui que le président français a déclaré que la France est en guerre, toute sa dimension. Pour cette raison, nous avons jugé important de le republier. Si la France est en guerre, les Français doivent savoir comment, où, de quelle façon elle se déroulera. Et s’ils vont la gagner ou la perdre.

Devant 40 journalistes, des généraux, des membres des commissions de défense de l’Assemblée nationale et du Sénat, l’armée a montré que les prochains combats de l’armée auront lieu dans les banlieues, afin de les sensibiliser aux besoins de renouveler son équipement « à bout de souffle ».

L’armée française, qui se prépare à la guerre des cités, a construit spécialement à Sissonne, dans l’Aisne, une cité fantôme grande pour 5000 habitants, pour entraîner ses soldats.

Le budget pour ce programme de guérilla des banlieues, nommé Scorpion, est de 400 millions d’euros par an pendant 10 ans, et il faut convaincre les décideurs politiques de son bien fondé.

« Les combats de demain ne seront pas ceux d’hier, et l’armée se battra en ville » disent-ils, c’est à dire dans les banlieues de non droit, les barres de HLM aux mains des dealers, des bandes rivales et des islamistes.

« En ville, un combat est souvent source de pièges et d’enlisement. Il y est quasiment impossible d’y développer une manœuvre sans risque de perte importante en matériels et en personnels », explique un officier supérieur du camp militaire.

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Pour cela, il faut s’adapter avec du matériel performant et du personnel bien formé. C’est tout le sens des manœuvres organisées voilà quelques jours sur ce camp, en présence du général Bertrand Ract-Madoux, chef d’état-major de l’armée de terre.

« Ce sont des combats de grande intensité qui nécessitent des relèves. On sait qu’un soldat restant plus de 24 heures au combat urbain peut souffrir de dommages psychologiques importants. » explique le chef d’état-major.

Le général de division Bernard Guillet est encore plus direct en évoquant, certes, les contraintes budgétaires pesant sur les choix d’investissement, mais aussi le matériel à bout de souffle.

Il faut renouveler les équipements, utiliser les nouvelles technologies et rendre les forces moins vulnérables, « tout en endiguant les surcoûts dans une période de disette financière », explique-t-il.

En matière de matériel, il faut remplacer du matériel ancien – près de quarante ans !- notamment pour le transport de troupes : les fameux VAB (véhicules de l’avant blindés) dont chacun sait que leur blindage est très insuffisant. Les véhicules blindés ne sont pas performants, et ils n’ont même pas de systèmes électroniques.

L’armée veut installer, sur des blindés modernes, des systèmes de brouilleurs, de détection de départ de tirs ennemis, et un système électronique permettant de contrôler la navigation, les communications, les systèmes d’observation, l’énergie, la motorisation et les systèmes d’armes des véhicules militaires. Le tout en réseau pour limiter les temps de communication et de décision en cours de combat. Du banal pour une armée moderne.

C’est dans les cités que les conflits de demain vont se dérouler, et c’est le terrain de tous les dangers. « L’ennemi peut surgir de partout et de nulle part », souligne un officier. On croirait l’entendre parler de Gaza.

Et c’est en effet Gaza. On ne sait pas exactement combien et quelles armes sont stockées dans ces banlieues régies par d’autres lois que celles de la république.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

http://www.lest-eclair.fr/article/a-la-une/larmee-francaise-se-prepare-a-mener-le-combat-urbain
http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/diapo-larmee-se-prepare-a-la-guerre-a-sissonne

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