Publié par Alain Leger le 13 janvier 2016
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Ali Saqr, membre de l’Etat islamique, exécuteur de sa mère Leena al-Qasem

« Nasir » 12 ans, est un rescapé, un mort vivant. Il s’est échappé de l’enfer des camps de l’Etat Islamique, où il a été entraîné pour devenir une bombe humaine, racontent Nima Elbagir in Gweyr et Peter Wilkinson dans un reportage publié par CNN. Il a évité la mission de tuer ses parents. D’autres n’ont pas eu cette chance.

« Nous étions environ 60, » explique Nasir. « Quand les frappes aériennes arrivaient, ils nous disaient que ce sont les Américains et les mécréants, qu’ils voulaient nous tuer tous, mais que eux, les combattants, ils nous aimaient. Ils disaient qu’ils s’occuperaient d’eux mieux que nos parents »… [en leur apprenant à porter une ceinture d’explosifs ?]

« Quand ils nous entraînaient, ils nous disaient que nos parents étaient des mécréants et que notre premier devoir serait de retourner chez eux et de les tuer. »

L’usage d’enfants soldats par l’Etat islamique, le Hezbollah et le Hamas est un sujet largement documenté, même si l’UNICEF fait le black out sur le Hamas pour ne pas montrer l’horreur palestinienne. Ce qui l’est moins, c’est la vie, ou plutôt l’enfer qui leur est réservée, et l’horreur de leurs missions…

Le lavage de cerveau qu’a reçu Nasir est le même que celui que reçoivent les enfants palestiniens du Hamas : on leur apprend que l’Etat islamique est leur seule famille.

Nasir se souvient que le plus jeune parmi eux avait 5 ans — et que personne n’était dispensé de l’entraînement souvent proche de la torture dispensé par ceux qu’on appelait « les oursons du califat ».

« Nous n’avions pas le droit de pleurer, mais je pensais à ma maman, je pensais à elle se faisant du souci pour moi, et je pleurais en silence. Quand je me suis échappé, quand j’ai revu ma mère, c’était comme si j’étais de nouveau vivant. »

Nasir a réussi à s’échapper durant le tournage d’une vidéo de propagande produite par l’institut Al Farouq de Raqqa, en Syrie, qui est le centre d’entraînement principal des enfants soldats.

Aziz Abdullah Hadur, un Kurde Peshmerga, recueille de temps en temps des enfants qui se sont échappés, et qui ont passé la frontière à Gweyr, au nord de l’Irak.

« Quand ils arrivent, ils sont tellement maigres, ils ressemblent à peine à des humains. Ils nous disent qu’ils ont vécu l’enfer. »

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Quelquefois, ils doivent tirer sur des enfants envoyés à l’assaut par l’Etat islamique

« Souvent, lorsque nous affrontons l’Etat Islamique, nous voyons des enfants sur la première ligne de front, et ils portent des vestes d’explosifs. Ils ont subi un lavage de cerveau, » explique Hadur à CNN. « Et donc nous ne savons pas, quand ils s’approchent, si ce sont des vrais échappés ou des combattants envoyés pour nous tuer ».

Un autre enfant échappé, Nouri, 11 ans, a été enlevé avec ses parents et emmené au camp de l’Etat islamique de Tel Aafar, au nord de l’Irak. Quand il a refusé d’aller s’entrainer avec les autres garçons, les militants lui ont cassé les jambes à trois endroits différents.

Et pourtant, il fait lui aussi partie des rescapés « chanceux » : quand ses jambes ont gueri, il boitait, et l’Etat islamique a conclu qu’il ne « servait à rien. » Etrangement, au lieu de le tuer, ils ont dit à sa grand mère de venir le chercher. Son frère de 5 ans, Saman a été relâché avec lui. Battu par les combattants d’ISIS, il est profondément traumatisé. Il se réveille au milieu de la nuit en hurlant « vous allez me frapper ? »

Selon sa grand mère, Gowra Khalaf, Nouri reste chez eux, figé. « Il ne va nulle part. Il reste juste assis dans la tente près de moi. »

Khalid Nermo Zedo, un activiste Yazidi qui recueille ces enfants dans un camp de fortune, explique qu’ils sont psychologiquement en grande détresse.

« Ils ont tellement souffert. Pouvez-vous imaginer un enfant de 10 ou 12 ans arraché de force à sa mère, emmené dans un camp militaire, obligé à porter des armes, obligé de se convertir à l’islam, et s’entendre dire que tout ce qu’il a vécu depuis sa naissance, c’est de l’apostasie, que ses parents ne sont pas propres, que ce sont des mécréants, et qu’il faut aller les tuer ?

« Ces enfants ont été contraints de porter des armes, contraints de tuer des gens. Quel effet ça peut avoir sur un enfant, sur sa famille, sur sa communauté ?

Il a exécuté sa mère quand elle lui a demandé de quitter l’organisation terroriste

Un djihadiste syrien de 20 ans qui n’a pas été envoyé en Europe parmi les migrants a tué sa propre mère, Leena al-Qasem, en public, parce qu’elle le suppliait de quitter l’Etat islamique, rapporte une organisation de défense des Droits de l’homme.

D’après le témoignage, cette mère âgée de 35 ans envisageait de quitter sa ville, Raqqa, parmi les flots de migrants, et elle a demandé à son fils Ali Saqr al-Qasem de la suivre. Mais au lieu de partir avec elle, son terroriste de fils a dénoncé sa mère aux djihadistes de l’Etat islamique, qui l’ont accusé d’apostasie, et ont ordonné qu’elle soit exécutée, rapporte l’observatoire syrien des Droits de l’homme.

Ali Saqr al-Qasem a alors été chargé de mettre sa mère à mort.

Devant le bureau de poste où elle travaillait, des centaines de personnes se sont réunies pour assister à la sentence. Elle a été exécutée avec un fusil d’assaut. Par son fils (en photo ci-dessus)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Alain Leger pour Dreuz.info.

Source : nydailynews.com et CNN

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