Publié par Nancy Verdier le 11 mars 2016

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Les élections présidentielles aux Etats-Unis représentent un enjeu aussi important pour Israël que pour l’électeur américain moyen.

Selon Hana Levi Julian dans The Jewish Press, Donald Trump, le favori chez les Républicains, est l’un des rares candidats en lice à insister sur la neutralité qu’il souhaiterait maintenir entre Israël et l’Autorité palestinienne, si la Maison Blanche devait traiter cette question.

Les juifs israéliens interrogés ont néanmoins jusqu’à présent exprimé plus de foi dans la capacité de Trump à traiter équitablement avec Israël que tous les autres candidats. Cela peut être dû à son style « direct » – cette caractéristique qui justement éloigne de lui une certaine audience américaine – mais qui rassemble en sa faveur un grand pourcentage d’Israéliens dans l’État juif.

Il est beaucoup plus facile de traiter avec un interlocuteur « franc du collier » et qui montre ses intentions, peut-on lire, qu’avec un politicien souriant qui cache son jeu. De plus, Trump est partisan de la manière forte pour traiter de situations difficiles – une attitude nécessaire au Moyen-Orient. Mais sans doute le plus grand facteur de sa popularité est sa volonté de dire simplement qu’il sera neutre en traitant d’un côté comme de l’autre.

Lors d’une réunion à la mairie organisée par la chaîne d’information MSNBC en Caroline du Sud le 17 février, Trump a décrit l’accord de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne comme « probablement la question la plus difficile à traiter au monde à l’heure actuelle. » C’est une affaire que l’on « voudrait régler d’un coup », mais il a promis d’agir comme « une sorte de type neutre ». Sagement, lorsqu’on lui a demandé à qui la faute, si aucun accord n’a été atteint jusqu’à présent, il a dévié la question – et n’a blâmé aucun côté.

Telle est la marque du vrai négociateur qui a les compétences chevronnées de celui qui est dans le circuit depuis longtemps. C’est un démenti à ceux qui prétendent que Trump manque d’expérience de la politique étrangère ; ils oublient que Trump traite avec les dirigeants politiques du monde entier depuis des années, et qu’il a conclu des accords commerciaux pour ses propres affaires dans divers continents.

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Les Israéliens ont trop souvent entendu les politiciens américains affirmer leur soutien indéfectible à Israël pour ensuite passer l’Etat juif par-dessus bord, en essayant de « ramener la paix » au Moyen-Orient.

Lors d’un débat républicain sous l’égide de CNN, à un moment donné, Trump n’a pas voulu commenter :

« Cela ne sert à rien si je me mets à dire : ’Je suis très pro-Israël, très pro, plus que quiconque sur cette estrade’… Cela étant dit, je suis totalement pro-Israël. »

Mais il ne voulait pas aller plus loin, et faire une quelconque promesse. En tous cas, aucune promesse de « ramener la paix au Moyen-Orient. »

Pratiquement tous les candidats à la présidentielle des Etats-Unis ont promis de déplacer l’ambassade américaine dans la capitale israélienne de Jérusalem – et pas un seul ne l’a fait, une fois arrivé en fonction.

Chaque président américain jure haut et fort du « lien indissoluble » entre les deux pays – mais cela n’a pas empêché le président Barack Obama de geler la fourniture de matériel militaire de base et de munitions en plein milieu de la guerre défensive d’Israël pour contrer les attaques terroristes du Hamas durant l’été 2014.

Les promesses sont une chose, les actions sont autre chose.

Ce que les Israéliens ont appris, c’est de ne plus être dépendants de promesses fantaisistes. Alors, quand un gars comme Donald Trump dit qu’il sera neutre, – après des sempiternelles promesses torrides de soutien éternel – cela retient l’attention des Israéliens qui en ont vraiment marre de courir aux abris pour se protéger des bombes.

Le style et la substance de Trump sont directs, simples et différents. Il ne fait aucune promesse et n’a aucune prétention d’expertise. C’est un dirigeant qui dit vouloir diriger le pays à peu près de la même manière – par l’embauche d’experts de haut niveau pour faire ce qu’ils font le mieux, dans leurs domaines.

La question, bien sûr, est de savoir si Trump écoutera effectivement les conseils circonstanciés des experts engagés, sans accepter tout ce qu’ils lui disent. Jusqu’à présent, au fil de la campagne, cette compétence – une nécessité à la Maison Blanche – n’a pas été l’un de ses points forts. Il ne semble pas être à l’aise sous la pression et le stress – et la présidence est une question de pression et de stress.

Néanmoins, la majorité des juifs israéliens ont toujours le sentiment qu’un candidat républicain – Donald Trump, en l’occurrence – sera mieux pour Israël à la clôture du scrutin des élections présidentielles américaines en novembre.

Un récent sondage mené par l’Institut de la démocratie en Israël (IDI) a constaté que 34 pour cent des juifs israéliens pensent qu’un candidat républicain serait mieux pour Israël. Seuls 28 pour cent penchent pour un démocrate ; 13 pour cent pensent que cela ne fait aucune différence. Parmi ceux qui ont choisi les Républicains, 61 pour cent pensent que le candidat (GOP) Donald Trump serait «un ami très pro» ou «modérément pro» Israël – seuls 14 pour cent ne sont pas d’accord.

Sur les deux candidats démocrates, 40,5 pour cent des personnes interrogées ont déclaré qu’Hillary Clinton serait « meilleure pour Israël. » Bernie Sanders vient loin derrière avec seulement 16,5 pour cent de personnes sondées à penser qu’il serait la meilleure option – et rappelons que Sanders est juif.

Selon Jean-Patrick Grumberg, dans une campagne électorale comme celle-ci où existent tant d’enjeux, rien n’est figé, et ce qui est vrai à un instant T, peut être revu l’instant suivant.
Ce qui est frappant est que la presse s’est focalisée sur Trump et a passé sous silence ou oublié pour la circonstance les fautes d’Hilary Clinton, en Libye par exemple.
Trump, au fil de la campagne, a affiné son jugement. Il s’est fait encore plus convaincant pour les Israéliens aux prises avec la violence quotidienne arabe et les menaces de l’Iran. L’électorat républicain, juif américain, pro-Israël et tous les gens soucieux de l’avenir du Proche-Orient et de la paix dans le monde, devraient en tenir compte.
Ce qu’il dit démontre une démarche sincère, intelligente et courageuse, une volonté de s’informer et d’aboutir à une réflexion personnelle pondérée.
Voici ce qu’il a dit, lors d’une interview pour Hannity :

« L’accord ultime, ce serait de signer un accord entre les Israéliens et les Palestiniens. Si nous pouvons, si nous pouvons y arriver, si c’est possible. Mais des gens de très haut niveau, très informés, m’ont dit que c’est impossible. Il y a trop de haine, surtout d’un coté – je ne vous dirais pas de quel coté [sourire ironique]. »

Du coté palestinien ?

« Oui [avec la tête et le sourire] Leur haine est si intense, si incroyable. Depuis l’âge de 2 ans, on leur dit d’avoir la haine, d’avoir la haine, d’avoir la haine [des juifs] ! On doit y mettre fin. »

 

Si Israël est attaqué et que vous êtes président des Etats Unis, vous viendrez à leur défense [ou vous resterez neutre] ?
« A 100% je viendrais défendre Israël ! [hurlements de joie, long applaudissements dans la salle]. Au fait, vous savez que selon l’accord avec l’Iran, si Israël attaque l’Iran, nous devons attaquer Israël – mais ne vous inquiétez pas, ça n’arrivera pas. »

« Ne vous inquiétez pas Israël, nous serons là pour vous. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : traduction, adaptation © Nancy Verdier pour Dreuz.info.

Image à la Une : GOP candidat à la présidentielle Donald Trump Photo Credit: Donald Trump for President’ Facebook page

 

 

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