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Publié par Eduardo Mackenzie le 3 avril 2016
FLIP: Fondation pour la liberté de la presse
Ignacio Gomez de la FLIP, Fondation pour la liberté de la presse

Eduardo Mackenzie nous livre un nouvel article en français pour Dreuz.info sur la corruption qui existe dans certaines Ongs chargées de la “protection des journalistes” en Colombie.

Que peut-on penser d’un journaliste qui finit par devenir un persécuteur des journalistes ? Et qui utilise son titre de dirigeant d’une fondation dédiée à « la protection des journalistes » pour harceler des journalistes qui ont dû fuir la Colombie à cause de la persécution du gouvernement ?

Tel est le triste cas d’Ignacio Gomez, président ou ancien président de la Fondation pour la liberté de la presse (FLIP). Ces jours-ci, Ignacio Gomez a péroré comme un dingue, depuis son compte Twitter, contre le journaliste Ricardo Puentes Melo, étiqueté par lui comme «de droite».

Il l’insulte et même le menace. On ne sait pas pourquoi.

Ce 26 mars, Ignacio Gomez a lancé, en plus, deux photomontages étonnants montrant Ricardo Puentes comme un djihadiste de l’État islamique. Rien de moins. Est-ce que le responsable de la Flip a perdu la tête ? Cherche-t-il qu’un déséquilibré tue Ricardo Puentes en voyant en lui un terroriste ? Tout est possible. Ignacio Gómez agit, en tout cas, avec une telle haine contre Ricardo Puentes qu’il s’expose à une plainte pour incitation au crime.

la Flip : défendre les journalistes de gauche et tourner le dos aux journalistes considérés comme «de droite»

Ignacio Gomez déteste les journalistes qui ne pensent pas comme lui.

Ignacio Gomez -Flip
Ignacio Gomez -Flip

Il a établi un principe de ségrégation, tacite, qui régit malheureusement la Flip : défendre les journalistes de gauche et tourner le dos à ce qui arrive aux journalistes considérés comme «de droite». Lorsque les FARC ont grièvement blessé dans une terrible explosion à Bogota, le 15 mai 2012, le journaliste Fernando Londoño Hoyos, directeur de l’émission La Hora de la Verdad, la Flip n’a pas bougé le petit doigt pour exiger la capture des terroristes ; ni exigé le respect de la liberté d’expression et de critique des journalistes d’opposition. Cependant, cet attentat était un message envoyé par les FARC à tous les journalistes : vous ne pouvez pas critiquer le «processus de paix», comme l’a fait et le fait Fernando Londoño, c’est-à-dire, les pactes secrets qui sont discutés à La Havane entre le président Santos et les chefs narco-terroristes.

Et maintenant, Ignacio Gomez dit que le journaliste Ricardo Puentes, directeur du portail web Periodismo sin Fronteras -l’un des meilleurs espaces de liberté d’expression qui soit, en Colombie- et un critique sévère du «processus de paix» est un «criminel», un «calomniateur», un «terroriste», un «créateur de guerre juridique». Gomez, finalement, dit qu’il va « lessiver » Ricardo Puentes.

L’étrange langage du patron de la Flip est celui d’un renégat, d’un misérable. Son vocabulaire est digne du Chapo Guzman.

Gómez utilise habilement l’accusation sans preuve et la calomnie. Avec de tels excès, il insulte l’éthique de sa profession et même la Flip. Gomez jette l’opprobre non pas contre un journaliste qui est au-dessus de ces accès de colère, mais sur les associations qui protègent les journalistes. Quelle honte pour la Flip d’avoir en son sein un membre de ce genre. Une personne qui déteste à ce point d’autres journalistes ne peut pas offrir la garantie de mener à bien son travail avec dignité. La Flip devrait se séparer de cet énergumène si elle ne veut pas ternir encore plus son image en Colombie et à l’étranger.

La Flip a « des accords de coopération et d’alliances» avec des Ong similaires dans d’autres pays et elle se targue d’être « membre consultatif » auprès de l’OEA. Qu’est-ce qui va arriver à ces accords lorsque ces Ong qui protègent les journalistes sauront que le dirigeant de la Flip mène des campagnes de haine contre des journalistes ?

On ne sait pas quelle mouche a piqué Ignacio Gomez.

Le seul indice que nous avons est que Ricardo Puentes, un journaliste d’investigation, qui paie avec son exil ses révélations et ses écrits, avait dénoncé, avec des preuves irréfutables, les fraudes commises par l’ancien procureur Angela Maria Buitrago pendant l’instruction du procès du colonel (r.) Alfonso Plazas Vega.

Elle a admis et même a fabriqué de fausses preuves contre ce militaire pour le faire condamner. Elle a réussi. Il a été condamné à 30 de prison en première instance mais ce faisant, elle a sali ses pairs car ce procès est devenu le plus grand scandale judiciaire en Colombie. La Cour suprême a absous, certes, le colonel Plazas et a ordonné sa mise en liberté le 16 décembre 2015, mais le mal était déjà fait. Le colonel Plazas a été arrêté, outragé et maltraité et a passé huit ans et demi en prison injustement à cause des illégalités commises par Angela Buitrago.

Avant la décision de la Cour Suprême qui a démoli l’action menée par Buitrago, d’autres magistrats ont constaté qu’elle avait monté un dossier avec des preuves trafiquées.

Le juge Hermens Dario Lara a demandé d’ouvrir une enquête. Face aux horreurs trouvées dans ce dossier et d’autres procès qu’elle menait, le directeur des poursuites pénales a exigé qu’elle parte. A présent, elle a en Colombie deux procès pour faux et usage de faux et pour prévarication. Mieux, la presse étrangère rapporte qu’Angela Maria Buitrago a aussi des problèmes au Mexique. Elle fait partie, en effet, du «Groupe interdisciplinaire d’experts indépendants» qui enquêtait sur l’affaire trouble de la disparition de 43 jeunes à Iguala (dans le département du Guerrero, au Mexique). Or ce groupe est aujourd’hui l’objet d’une enquête par le procureur mexicain Jose Antonio Ortega Sanchez, pour fraude présumée de deux millions de dollars, et pour avoir menti et présenté des photos satellites prétendument fausses sur le cas d’Iguala. La carrière d’Angela Buitrago et des autres membres du groupe sont dans le viseur de la presse mexicaine.

La décision du procureur Ortega Sanchez a été révélée par les média le 24 mars dernier et coïncide avec les gesticulations hystériques d’Ignacio Gomez.

La nouvelle attaque d’Ignacio Gomez contre le journaliste Ricardo Puentes peut répondre aux ordres de l’ancien procureur Angela Buitrago. Ceci serait très grave car cela met en danger non seulement la vie de Puentes, mais réduit à néant les garanties que les journalistes en général doivent avoir en Colombie pour exercer leur métier.

Les FARC ne veulent pas que l’opinion publique sache ce qui se passe dans les négociations et les journalistes subissent des pressions

La Colombie connaît en effet une période de forte crispation politique. Avec la crise du processus de paix et la découverte que les Farc cherchent à imposer des conditions inacceptables pour le pays –ce qui a empêché la signature de l’«accord final de paix» le 23 mars dernier, celui-là même qui avait été annoncé par le président Santos-, les journalistes et la presse en général subissent de nouvelles pressions. Les FARC ne veulent pas que l’opinion publique sache ce qui se passe dans les négociations à La Havane. Aujourd’hui, les journalistes ont besoin plus que jamais des organisations qui luttent contre la censure, pour la défense de la liberté d’expression, de la presse, de critique, et les droits des journalistes. Ce qui est fait par le chef de la Flip trahit ces objectifs, affaiblit les journalistes et renforce le camp des totalitaires.

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La Flip devrait expliquer pourquoi elle a des liens étroits avec le gouvernement.

Chaque fois qu’un journaliste reçoit des menaces de mort, l’organisme d’État chargé de protéger ces personnes, l’Unité nationale de protection (UNP), plutôt que d’enquêter, demande l’avis de la Flip. Celle-ci indique si oui ou non le journaliste doit être protégé. Parfois, la Flip fait retirer la protection. C’est ce qui est arrivé à Ricardo Puentes en 2013. Puentes recevait cette protection officielle, car lui et sa famille avaient été menacés. Même l’un de ses enfants a été victime d’une tentative d’enlèvement.

Je suis allé au siège parisien de Reporters sans Frontières, la Flip a dit que Ricardo Puentes « est un journaliste de droite ». RSF-Paris a refusé de lancer une note d’alerte

Ce qu’a souffert Ricardo Puentes pour exercer le  journalisme en Colombie est bien documenté. Le 4 octobre 2013, cependant, l’UNP a retiré sans préavis cette protection à Ricardo. Son escorte l’a abandonné en plein rue, à un moment où il recevait des menaces à cause des révélations qu’il venait de faire. Qu’a fait la Flip ? A-t-elle protesté ? Non, bien au contraire. Quand je suis allé dénoncer ceci au siège parisien de Reporters sans Frontières, un responsable de RSF a répondu qu’il demanderait la vérification de tout cela à la Flip. La réponse de la Flip a été que Ricardo Puentes « est un journaliste de droite ». Résultat: RSF-Paris a refusé de lancer une note d’alerte pour protéger Ricardo Puentes.

Un mois plus tard, à Bogota, un commando qui disait agir au nom de l’Institut colombien de protection de la famille, mais qui n’a pas voulu s’identifier, a tenté de kidnapper les trois enfants de Ricardo Puentes. Ils ont échoué. En Allemagne, une militante des droits de l’homme, Annette Tessmann, a déclaré que de telles méthodes étaient «comparables à celles utilisées par la Stasi en Allemagne de l’Est», où la dictature communiste «utilisait l’enlèvement d’enfants des présumés ‘ennemis de l’État’ ». Puentes et sa famille ont dû quitter la Colombie en 2015.

La Flip est tombé très bas. Elle a vendu son âme au diable, on ne sait pas en échange de quoi. Son lien avec l’UNP lui donne quelque chose de comparable à un pouvoir de vie et de mort sur les journalistes.

Cette relation Flip-UNP commence à être enquêtée par des journalistes à Bogota car elle est tout à fait anormale. La Flip doit être indépendante de l’Etat et de toute puissance parapublique. Dirigée par Ignacio Gomez, la Flip est tombée dans la fange.

Pour s’en sortir, la Flip devrait rejeter clairement la campagne ignoble de son dirigeant à l’encontre de Ricardo Puentes et faire toute la lumière sur ses relations avec les organismes d’État. Les associations de journalistes des Etats-Unis et de l’Europe s’interdisent de toute collusion avec les pouvoirs établis.

La Déclaration de Munich du 24 novembre 1971, adoptée par la plupart des syndicats de journalistes en Europe, dit :

« Tout journaliste digne de ce nom se fait un devoir d’observer strictement les principes énoncés ci-dessus. Reconnaissant le droit en vigueur dans chaque pays, le journaliste n’accepte en matière d’honneur professionnel que la juridiction de ses pairs, à l’exclusion de toute ingérence gouvernementale ou autre ».

La Charte des devoirs professionnels des journalistes français, en vigueur depuis 1918, dit :

«La calomnie, les accusations sans preuves, l’altération des documents, la déformation des faits, le mensonge, sont les plus graves fautes professionnelles ».

Les statuts de la Flip disent-ils quelque chose de semblable ? Nous ne le savons pas. Le site web de la Flip est un modèle d’opacité, sur lequel le nom de leurs dirigeants n’apparaît pas. Encore moins ses statuts.

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La défense du journaliste Ricardo Puentes, la répudiation des égarements d’Ignacio Gomez et la subordination de la Flip aux desiderata du gouvernement Santos sont à l’ordre du jour. L’enjeu est important, il y va de la santé de la démocratie colombienne.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Eduardo Mackenzie pour Dreuz.info.

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