Publié par Magali Marc le 11 avril 2016

6870582792_8fb3cdabd6_b

Défaite cinglante pour Thomas Mulcair. Réunis en congrès à Edmonton, 52% des 1800 délégués du parti néo-démocrate (NPD) ont entériné une résolution demandant une nouvelle course à la direction.

Les écolos-gauchistes qui proposaient un virage vert immédiat du parti et les délégués albertains qui se sentaient trahis par Mulcair ont convergé pour se débarrasser de lui.

Parmi les délégués qui représentaient l’Alberta, certains étaient affiliés à des syndicats qui représentent les travailleurs du pétrole dans la province.

Alors qu’étaient débattues pendant la convention des résolutions hostiles aux hydrocarbures et aux projets d’oléoduc, ces délégués albertains étaient sous le coup de la déclaration plus tôt cette semaine de Thomas Mulcair selon laquelle il ferait tout en son pouvoir pour encourager le grand virage écologiste proposé par le manifeste du Grand Bond vers l’avant si tel était la volonté des membres du parti.

Sa stratégie d’opter pour les écolos et de laisser tomber les Albertains a fait long feu. Conséquence : 52% des délégués ont décidé qu’ils souhaitent une course au leadership du parti, donc un autre chef que Mulcair.

Encore sous le choc de ce désaveu, Mulcair a a néanmoins assuré qu’il allait continuer à représenter le parti à la Chambre des Communes pendant encore deux ans.

24 mois, c’est la période que se sont donnée les militants du NPD pour se trouver un nouveau chef.

Pour soutenir Dreuz financièrement, cliquez sur : Paypal.Dreuz, et choisissez le montant de votre don.

Mais c’est un NPD divisé qui se trouve maintenant représenté au Parlement canadien par un chef en sursis qui a perdu l’appui de ses militants.

Dans un discours assez terne qu’il a prononcé à la convention, il avait demandé que le parti reste uni.

Peine perdue.

Issu du parti libéral provincial au Québec, Thomas Mulcair a été ministre de l’environnement dans un gouvernement qui avait pour chef un ex-conservateur (Jean Charest). Il n’a jamais réussi à convaincre les militants qu’il était vraiment à gauche.

Le fait qu’un chef issu du Québec se fasse montrer la porte est aussi un dur coup à encaisser pour les militants québécois. Or les appuis obtenus par Mulcair au Québec étaient ce qui faisait sa force.

Ce revers va nuire au parti et à la gauche canadienne qui va devoir se chercher un nouveau champion qui sera au moins aussi charismatique (et bilingue) que Justin Trudeau, tout en étant plus à gauche que lui.

Ainsi, le NPD vient de renoncer au pouvoir, car en se positionnant plus à gauche, le parti va perdre les Canadiens qui aiment bien flirter occasionnellement avec les idées de gauche mais préfèrent être gouvernés au centre.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir chaque jour notre newsletter dans votre boîte de réception

Dreuz ne spam pas ! Votre adresse email n'est ni vendue, louée ou confiée à quiconque. L'inscription est gratuite et ouverte à tous

6
0
Merci de nous apporter votre commentairex