Publié par Jean-Patrick Grumberg le 11 mai 2016

Facebook trompe ses utilisateurs copy

Facebook trafique son fil d’actualité pour ne pas publier les médias qui ne défendent pas des idées de gauche, contrairement à ses promesses que le fil actu – qui représente la seule source d’information pour 40% de jeunes jusqu’à 30 ans – est strictement nourri par un algorithme qui tient compte des sujets qui buzzent.

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Nous avons pris connaissance, lundi, des aveux d’un ex employé de Facebook qui a révélé à Gizmodo que l’image de neutralité totale que le premier réseau social au monde veut donner de lui est un mensonge.

Après discussion, nous avons décidé de publier ses révélations, même si Facebook apporte à Dreuz 30% de ses lecteurs.

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L’affaire :

Des employés de Facebook suppriment régulièrement de la Une du fil d’actualité des articles qui intéressent les lecteurs de droite, selon un ancien journaliste qui a travaillé sur le projet « fil actualité », révèle Michael Nunez, éditorialiste de Gizmodo.com spécialisé dans les technologies.

Cette personne m’explique que les employés de Facebook empêchaient des sujets concernant Rand Paul, Mitt Romney, les communiqués et réunions de l’organisation conservatrice CPAC (Conservative Political Action Conference) d’apparaître dans la très influente section, même s’ils étaient très discutés parmi les utilisateurs de Facebook.

Plusieurs anciens « commissaires de l’information » de Facebook – c’est le nom qui leur est donné en interne – ont confirmé à Gizmodo qu’ils recevaient l’ordre d’injecter artificiellement des sujets choisis dans le module de La Une du fil d’actualité, même si ces sujets n’étaient pas assez populaires pour mériter d’y figurer — voire même, dans certains cas, n’étaient pas populaires du tout.

La perversion gauchiste à l’œuvre

Avec sa promesse de totale neutralité, l’utilisateur de Facebook est mis en confiance, il ne se méfie pas, et ne pense pas être manipulé.

Il voit un sujet apparaître dans son fil actualité, il pense que c’est un sujet important, et il va le lire. Facebook fabrique donc à la fois une popularité artificielle à des sujets qui n’intéressent personne, en faisant croire que tout le monde en parle et qu’il faut donc s’y intéresser, et force le lecteur à y être exposé.

Pire encore, les anciens « commissaires » que Gizmodo a interrogé afin de corroborer les accusations de l’ex employé, ont affirmé avoir aussi instruction de ne jamais inclure Facebook lui-même dans le module des sujets qui buzzent.

Ainsi, vous ne verrez pas ce sujet exploser le fil actualité de votre page Facebook, et il sera même peut-être totalement censuré.

Autrement dit, Facebook, contrairement à ses promesses, fonctionne comme une banale salle de rédaction, reflétant le parti pris de gauche et les positions hostiles à la droite des journalistes et du rédacteur en chef.

Facebook est une entreprise privée, et dans l’absolu, on peut lui accorder qu’elle a le droit de faire ce qu’elle veut.

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Mais tromper intentionnellement les utilisateurs pour les influencer sans qu’ils se méfient n’est pas honorable. Et on ne parle pas d’un petit nombre : Facebook a 1.3 milliard d’utilisateurs, 30 millions en France.

Beaucoup ont constaté que certaines pages, certains propos sont censurés et d’autres, bien plus corrosifs mais appartenant aux groupes politiquement protégés, jamais dérangés. De là à penser qu’il s’agit d’une tromperie intellectuelle organisée au plus haut niveau de l’entreprise et non le fait de quelques modérateurs malhonnêtes, il y a un pas. Et l’affaire est sérieuse.

Injecteur une dimension humaine et des valeurs de gauche dans les sujets alors que Facebook affirme que son fil d’actualité se contente de « lister les sujets qui sont récemment devenus populaires sur Facebook » a de quoi choquer.

Ces accusations précises se sont confirmées après que Gizmodo a révélé des détails scabreux au sujet des conditions de travail du petit groupe de jeunes journalistes employés par Facebook.

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Ces « commissaires éditoriaux » ont accès aux sujets les plus en vogue et les plus discutés présentés par l’algorithme de Facebook. Ils sont ensuite chargés d’écrire un titre, une intro et un résumé sur chaque sujet, ainsi que le lien vers l’article original. Cette partie éditoriale, lancée en 2014, est une des plus populaires de Facebook.

“Selon qui est de service, certains sujets sont mis sur une liste noire ou poussés en avant,” explique l’ex-commissaire, qui a demandé à garder son anonymat par peur que le réseau social se venge.

“J’arrivais au travail, et je me rendais compte que des sujets sur CPAC ou Mitt Romney ou Glenn Beck, ou des sujets populaire parmi la droite conservatrice ne faisaient aucun buzz parce que le commissaire éditorial avant moi ne l’a pas choisi, ou parce qu’il n’aimait pas – disons Ted Cruz.”

Le donneur d’alerte a été si troublé par la liste des sujets censurés qu’à un moment, il a commencé à en faire la liste, qu’il a remise à Gizmodo.

Parmi les sujets les plus sauvagement censurés de la liste que Gizmodo a consulté :

  • l’affaire de trafic d’influence de l’ex directrice de l’IRS qui supervise les associations sans but lucratif, Lois Lerner, qui a été accusée de déclencher des contrôles fiscaux contre les associations pro-israéliennes, Républicaines, conservatrices, et celles favorables au port d’arme, etc. ;
  • les sujets qui parlent du gouverneur du Wisconsin Scott Walker ;
  • les articles les plus lus de Drudge Report, un agrégateur conservateur ;
  • Chris Kyle, l’ex Marine qui a été assassiné en 2013 ;
  • L’ex journaliste de Fox News Steven Crowder.

“Je pense que cela a eu un effet sévère sur les informations conservatrices” explique le donneur d’alerte.

Une des personnes interrogées par Gizmodo pour solidifier son enquête a avoué que les gens en charge du fil d’actualité ont un dégoût profond pour les sources d’information de droite.

“On avait un parti pris total. Nous faisions tout de façon subjective. Tout dépendait de quel commissaire était sur place à une certaine heure de la journée,” témoigne l’ex employé. “De temps en temps, un média conservateur ou Républicain avait le droit ce que son sujet soit vu par les utilisateurs. Mais nous devions aller chercher la même histoire vu sous l’angle d’un média plus neutre” – ce qui n’était jamais le cas pour les sujets des médias de gauche.

Les sujets couverts par des sites de droite (comme Breitbart, Washington Examiner et Newsmax) qui faisaient la une et étaient détectés par l’algorithme étaient exclus à la main, à moins qu’un journal de gauche comme le New York Times, la BBC, et CNN en parlaient aussi.

Selon les témoignages recueillis, Gizmodo affirme que les directeurs de l’équipe en charge de la Une du fil information ordonnaient explicitement aux commissaires éditoriaux de manipuler artificiellement le module des sujets chauds de plusieurs façons :

  • Quand des utilisateurs ne lisaient pas les sujets que la direction considérait comme importants, ont témoigné plusieurs ex-employés, les commissaires devaient tout de même les inclure dans les news qui buzzent.
  • Plusieurs anciens employés ont évoqué l’existence d’un « outil pour injecter » des sujets dans le module de La Une alors qu’ils ne faisaient pas partie des sujets discutés ou partagés pour mériter cette place de choix.
  • En mettant les gros titre en face de milliers de personnes, Facebook faisait en sorte de faire exister des histoires à partir de rien.
  • Dans certains cas, après qu’un sujet soit injecté dans le fil d’actualité, il devint réellement le sujet le plus discuté et partagé de Facebook.

“On nous disait que si on voyait quelque chose, une info qui était à la une d’une dizaine de sites de gauche comme CNN, le New York Times ou la BBC, alors on pouvait les injecter dans le module”.

“Si par exemple plusieurs site en parlaient, alors on pouvait forcer l’algorithme s’il n’en parlait pas, et l’injecter à la main.”

Certaines fois, des alertes info étaient injectées de force parce qu’elles n’étaient pas assez importantes pour être comptées assez vite par l’algorithme de Facebook et devenir des sujets chauds.

D’ex commissaires ont indiqué à Gizmodo que par exemple la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines et l’attentat contre Charlie Hebdo ont été injectés à la main parce qu’ils n’intéressaient pas assez les utilisateurs de Facebook.

Une des raisons est que Facebook est à la traîne de Twitter quand il s’agit de couvrir en temps réel les dernières nouvelles. L’outil d’injection manuel a peut-être été initialement créé pour corriger artificiellement cette lacune du réseau social.

“On se faisait vraiment hurler dessus si un sujet était partout sur Twitter et pas sur Facebook,” a avoué un ex-commissaire à Gizmodo.

Mais à d’autre occasion, on nous faisait injecter des histoires, même si elles étaient mineures, parce qu’on voulait que Facebook ait l’air d’un endroit où les gens discutent des sujets chauds.

“Les gens ont commencé à ne plus s’intéresser à la Syrie,” explique un ancien journaliste employé par Facebook, “et donc ça n’était plus repéré par l’algorithme de Facebook, et ça aurait donné à Facebook une image négative.”

Le même commissaire a révélé que le mouvement radical et raciste anti-blanc Black Lives Matter a été injecté de force dans le module des sujets chauds de Facebook.

“Facebook a reçu d’énormes pressions du fait que Black Lives Matter n’était pas un sujet qui buzzait. Ils ont compris que ça représentait un danger, et ils l’ont poussé en avant à la main. Ils lui ont donné la préférence sur d’autres sujets. Quand nous l’avons injecté, tout le monde s’est mis à dire ‘Yeah, maintenant je le vois devenir numéro 1’. L’injection de ce sujet est particulièrement intéressant parce que mouvement #BlackLivesMatter est partie de Facebook, et les médias qui ont couvert leurs manifestations ont souvent mentionné leur forte présence sur Facebook »– ce qui n’était pas vrai, alors Facebook l’a fabriquée.

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(De plus, en février, dans un mémo interne, Mark Zuckerberg a exprimé qu’il soutenait le mouvement raciste anti-blanc – ce qui s’explique naturellement du fait que Zuckerberg est un progressiste)

“Nous faisions toujours très attention avant de laisser passer des sujets qui parlaient de Facebook,” explique un autre ex employé. “Nous devions toujours attendre l’accord d’un supérieur hiérarchique avant de laisser circuler un sujet sur Facebook. Normalement, nous avions l’autorité de faire buzzer n’importe quoi, mais si ça concernait Facebook, le journaliste devait appeler son manageur, et le manageur souvent appelait son directeur avant de laisser le sujet apparaître.”

Les commissaires qui ont témoigné pour cet article ont travaillé chez Facebook de mi 2014 à décembre 2015.

Leurs révélations portent un terrible coup à la réputation de Facebook comme vecteur neutre d’informations, ou à la légende que le module qui met les articles à la Une obéit à un algorithme des articles qui détecte ce dont les gens parlent le plus.

Au contraire, les efforts de Facebook pour s’afficher en leader de l’information sont ruinés par la révélation qu’il n’est rien d’autre qu’un manipulateur d’info comme la quasi totalité des médias en qui les gens n’ont d’ailleurs plus aucune confiance, et qu’il est dirigé par des journalistes aux penchants de gauche – comme les autres.

La question centrale est de savoir s’il est moralement acceptable qu’un média qui touche plus d’un milliard d’individu manipule ce qu’ils voient.

Les gauchistes vous diront que oui, que cette histoire est une conspiration de la droite.

Sauf que Gizmodo appartient au groupe Gawker Media, un média de gauche, qui s’honore de cette honnêteté.

Mise à jour : quelques heures après la publication de leur article, le sujet a commencé à apparaitre dans le fil actualité de Facebook – une première.

Un porte parole de Facebook a publié ce communiqué, bourré d’hypocrisie car ils font comme s’ils ne savaient pas, mais que nous mentionnons :

“Nous prenons ces accusations de partialité très au sérieux. Facebook est une plate forme pour les utilisateurs de toutes tendances politique.

Nous avons des règles très strictes pour vérifier que nos équipes restent neutres. Elles ne permettent pas que des sujets soient supprimés pour des motifs politiques…” bla bla bla langue de bois.

Mise à jour à 15:33 : cet article a disparu de mon fil d’actualité au bout de 1 minute.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Source : Gizmodo

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